Relations politiques et économiques

map 
cliquez pour agrandir pdf - 106 KB [106 KB]

Introduction et démographie
La République du Burundi est un pays d'Afrique centrale/orientale. Ses voisins sont la République démocratique du Congo à l’ouest, le Rwanda au nord et la Tanzanie à l’est et au sud. La population du Burundi compte d'environ 9 millions d'habitants.
Avec la superficie de 27 834 km2, le Burundi est le 2ème pays d'Afrique (après le Rwanda) par la densité de population et avec un très haut taux de croissance démographique (environ 3,5%). C'est un pays essentiellement rural (90 pour cent de la population résident en milieu rural). Plus de 80 pour cent des terres montagneuses, déjà fragiles, sont aujourd'hui dégradées et la superficie des terres cultivables continue à diminuer. La population du pays, dont la grande majorité dépend de l'agriculture, se développe plus rapidement que son économie. Si cette tendance n'est pas vite inversée, le pays risque un nouveau conflit à caractère foncier.

Système politique
La constitution du Burundi, basée sur l'Accord d'Arusha et adoptée par référendum en 2005, établit un régime démocratique présidentiel. L'actuel Président Pierre Nkurunziza est arrivé au pouvoir lors des premières élections démocratiques après une longue guerre civile (1993-2005) et il a obtenu son 2ème mandat lors des élections de 2010.  Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement (Sénat et Assemblée nationale) partagent le pouvoir législatif avec le gouvernement.

Situation politique
Après plus de 12 ans des conflits violents, le Burundi est aujourd'hui un pays ou la paix se consolide. Sa situation politique actuelle est néanmoins caractérisée par une fragilité politique et sécuritaire. Le Burundi a tenu les élections démocratiques entre mai et septembre 2010, nonobstant la plupart des partis politiques d'opposition se sont retirés du processus et plusieurs leaders d'opposition ont quitté le pays. Le pouvoir actuel est donc très majoritairement assumé par le parti présidentiel – CNDD-FDD.

Douze partis d'opposition ont crée une coalition ADC-Ikibiri (non reconnue par le gouvernement) qui exige des négociations politiques (avec une connotation de limiter le pouvoir actuel) avec le Président. Le gouvernement, de son côté, offre un cadre de dialogue national pour tous les partis politique agrées (alors pas seulement avec l'opposition) sur les thèmes d'actualité – une option rejetée par l'ADC-Ikibiri. L'opposition poursuit ainsi sa "politique de la chaise vide" pour manifester son désaccord avec le pouvoir actuel (pratiquement) à parti unique.

Sécurité
La situation sécuritaire est relativement stable mais avec des incidents violents dans plusieurs provinces du pays. Deux rebellions se sont déclarées depuis la mi-2011, mais le gouvernement estime qu'il ne s'agit que de bandits armés ou de terroristes. Aux attaques contre des stations de police, contre des membres du parti au pouvoir ou contre des civils, il faut aussi ajouter de nombreux cas d'exécutions extrajudiciaires (notamment des membres des partis d'opposition) commises par des agents des services de sécurité et de l'armée ainsi que des cas de torture ou de mauvais traitement des détenus et des prisonniers.

Justice
La situation de droits de l'homme s'est clairement dégradée depuis le début du processus électoral en 2010. Le harcèlement de la société civile et des médias ainsi que l'arrestation de plusieurs avocats démontrent l'actuelle tension politique.

La justice, le garant de la démocratie, est très faible et est loin d'être indépendante, professionnelle et efficiente - l'impunité est donc malheureusement un phénomène généralisé. 

Le processus de la justice transitionnelle, tel qu'établi par l'Accord d'Arusha de 2000, devrait démarrer en 2012 avec la création de la Commission vérité et réconciliation (et près la fin de son mandat avec un Tribunal spécial). Ces institutions se pencheront sur les crimes des violations graves et continues des droits de l’homme depuis l'indépendance du Burundi en 1962.

Climat des affaires
Le gouvernement de Pierre Nkurunziza a démontré des améliorations importantes concernant la récolte des taxe en particulier et le climat des affaires en général et il a déclaré la "tolérance zéro" à la corruption – une maladie qui ronge le pays considéré parmi les plus corrompus du monde.

Le pays a connu une amélioration significative en 2012 (montée de 8 positions par rapport à l'année précédente) concernant son classement dans le "Doing business" – une initiative du groupe de la Banque mondiale. Néanmoins le Burundi reste parmi les pays les plus corrompu du monde – l'Index de perception de la corruption, développé par Transparency International, place ce pays à la 172ème position parmi les 182 pays évalués en 2011.


Partenariat Burundi - UE

En tant que pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), les relations entre l'Union européenne et le Burundi sont actuellement régies par l'accord de Cotonou, signé le 23 juin 2000, qui vise à bâtir un partenariat global reposant sur  trois piliers complémentaires : la coopération au développement, la coopération économique et commerciale et la dimension politique.

L'UE a par ailleurs inscrit ses efforts en matière d'aide au développement dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). C'est suite à cet engagement qu'elle a signé en 2005, avec quelques 90 pays, la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide. La même année, elle a adopté le Consensus européen, lequel reflète la volonté de ses membres d'unir et de redoubler leurs efforts pour atteindre les OMD, et préconise de mettre l'accent sur l'harmonisation et l'alignement de l'aide, ainsi que sur les cohérences des politiques de développement.

En janvier 2012, le Burundi a adopté son 2ème Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté (CSLP2) 2011-2015 – le document base pour son développement économique.