Discours de l'Ambassadeur S.E. Marcel van Opstal, Chef de la Délégation de l'Union européenne en République du Congo à l'occasion de la Journée de l'Europe (9 mai) (15/05/2012)

Au nom de la Délégation de l'Union européenne en République du Congo, et de son personnel, au nom de ma famille, et de moi-même, bienvenue à toutes et tous à notre résidence.

Il me revient de vous lire la Déclaration qui a été faite aujourd'hui, à l'occasion du 9 mai, par Mme Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission:

Je cite:

«Nous fêtons aujourd’hui le 62e anniversaire de la déclaration Schuman.

Chaque année, nous célébrons la Journée de l’Europe en retraçant l’histoire de l’intégration européenne et en évoquant nos réalisations communes.

Mais cette Journée devrait également être l’occasion de se projeter vers l’avenir.

La presse parle beaucoup de la crise financière et des problèmes économiques auxquels nous sommes confrontés, mais les bases de l’économie européenne restent solides et les valeurs qui nous unissent sont plus importantes que jamais.

L’année qui vient sera capitale pour le redressement – et l’avenir – de l’Europe. L'important ne sera pas seulement les initiatives en faveur de l'économie qui seront prises au sein de l'Union européenne ou l'adhésion de la Croatie en juillet, mais aussi la façon dont nous nous engageons à l'échelle mondiale.

L’Europe s’est toujours montrée ouverte et tournée vers l’extérieur. Nous avons constamment influencé les courants de la pensée mondiale – concernant le commerce, l’environnement, le changement climatique, la peine capitale, la cour pénale internationale et bien d’autres questions importantes.

Je suis convaincue que l'Europe doit continuer à s’engager activement dans le monde et que notre action internationale peut contribuer à la reprise de notre économie.

De nombreux progrès ont été accomplis depuis le dernier anniversaire de la déclaration Schuman.

Nous sommes en train d'édifier le service européen pour l’action extérieure, dont le système commun de gestion des crises nous permet d’apporter des solutions globales sur le terrain, que ce soit en Libye, en Somalie ou en Afghanistan.


J’ai voyagé dans de nombreux pays et régions – j’ai visité tous les continents, y compris l’Arctique à l’occasion d’un voyage inoubliable.

Où que j’aille, mon message est le même: les 27 pays de l’UE œuvrent de concert pour contribuer à résoudre les problèmes.

Où que j’aille, j’entends que le reste du monde souhaite une Europe active et déterminée.

C’est dans ce sens que je compte travailler à l’avenir et orienter les actions de relations extérieures et de politique de sécurité de l'Union Européenne.

En bref, nous continuerons à répondre aux attentes des auteurs du traité de Lisbonne – et, bien avant eux, de Robert Schuman – qui souhaitaient voir l’Europe contribuer activement au règlement des problèmes mondiaux.

Nous avons accompli beaucoup de choses sur l'année écoulée, mais les tâches qui nous attendent sont plus nombreuses encore.»

Fin de citation.

Mesdames et Messieurs, chers Invités c'est donc dans cet esprit d'engagement, et de contribution à la résolutions des problèmes mondiaux, que l'Union européenne souhaite poursuivre son action, en développant avec ses partenaires, dont l'Afrique, des politiques, des stratégies, des instruments et des modes de coopération qui visent à contribuer à la stabilité et à la sécurité, à promouvoir les droits de l'homme et la démocratie, à étendre la prospérité, et à appuyer l'application de la règle de l'Etat de droit et la bonne gouvernance.

L'Union Européenne suit ainsi de manière très attentive l'évolution politique, économique, sociale et sécuritaire du continent africain, portant un regard concerné sur les défis à la stabilité régionale et sous régionale, qu'il s'agisse du Soudan, du Sud Soudan, de la Somalie, de la Lybie, de la Guinée Bissau, du Mali, du Sahel, de la RDC, de la République Centre Africaine et de la sécurité dans l'Océan Indien et plus près de nous dans le Golfe de Guinée.

L'Union Européenne s'investit dès lors dans davantage de dialogue sur ces sujet ave l'Union Africaine, tout comme sur des thèmes globaux, comme le changement climatique et la préparation de la Conférene de Rio + 20. Dans ce cadre un rapprochement s'est établi entre les positions européennes et africaines grâce au dialogue souhaité par SE Monsieur Sassou Nguesso, Président de la République, qui sera le porte parole de l'Union Africaine à Rio, et qui à encouragé son Ministre de l'Environnement à engager la partie européenne sur ce sujet important. Les dernières consultations entre le Ministre Djombo et le Commissaire à l'environnement ayant eu lieu en début de cette semaine, ce lundi 7 mai 2012.

Ceci traduit aussi l'excellente qualité qui caractérise les relations bilatérales entre la République du Congo et l'Union européenne, qui fidèle à sa tradition de solidarité a répondu présente, immédiatement, dès le lendemain de la tragédie de Mpila, par une visite de Mme Géorgieva, Commissaire à l'Aide Humanitaire, suivie par une série d'actions humanitaires visant à répondre à l'urgence et aux besoins d'aide des populations.

Je tiens à saluer ici également, l'ONG Mining Advisory Group, qui s'est immédiatement mobilisée sur financement de l'UE, pour contribuer à l'exercice de nettoyage du site des explosions.

Je ne peux m'empêcher par ailleurs d'avoir une pensée de sympathie et de solidarité vis-à-vis de la nation congolaise et des victimes de ce drame, dont certaines d'entre elles sont abritées à quelques pas d'ici, dans des conditions qui sont heureusement appelées à s'améliorer dès le transfert de sinistrés vers les nouveaux sites d'accueil et d'hébergement actuellement sur le point d'être rendus disponibles et opérationnels.

Je vous invite, Mesdames et Messieurs, près de soixante dix jours après ce drame, à respecter une minute de recueillement à la mémoire des victimes de cette catastrophe.

Je vous remercie.

Malgré les destructions subies et les griefs qui ne manqueront pas d'apparaître, je garde confiance en la capacité du Gouvernement et à la société congolaise de conserver son unité et toute la lucidité nécessaire pour répondre aux besoins d'aide des victimes, en s'engageant ensembles, dans un programme de réhabilitation, de reconstruction, et de réinsertion.

Le défi consistera à maintenir le cap vers l'établissement d'une stabilité politique accrue, à se tourner vers des actions recherchant un développement inclusif et équilibré, reposant sur une cohésion sociale élargie à tout le territoire.

Il conviendra aussi de tirer les leçons de la catastrophe de Mpila, en terme de gouvernance en général, mais aussi sur le plan de la mise en place d'un dispositif national d'analyse des risques et de gestion des crises.

Je ne doute pas que dans le cadre de la stratégie de développement que vient d'élaborer la République du Congo et de la révision de la loi des finances 2012, que les stratégies et moyen puissent être dégagés pour faire face à ces défis immédiats d'aujourd'hui et à ceux de demain.

C'est dans le cadre de cette même stratégie de développement que l'Union européenne compte définir les orientations et domaines de concentration de sa future stratégie de coopération entre le République du Congo et l'Union européenne.

La délégation est déjà engagée dans le processus de consultation qui vise à définir les orientations et domaines de concentration à l'horizon 2014-2020.

Les mois qui viennent nous amèneront en outre à poursuivre et consolider encore le Dialogue politique sur des sujets tels que les élections législatives de 2012, la consolidation de l'Etat de Droit, sur la situation politique intérieure, les droits de l'homme, la gouvernance, la politique extérieure, la politique et sécurité régionale, dont l'intégration régionale.

La Délégation de l'Union européenne reste ainsi engagée pleinement dans la consolidation des liens unissant la République du Congo à l'Union européenne, et dans la mise en œuvre des multiples actions de coopération au développement. Le résultat de l'évaluation de la Coopération entre la République du Congo et l'Union européenne, pour la période de 2000 à 2009, s'est révélé très positif. Que nos partenaires gouvernementaux et de la société civile en soient remerciés et aussi l'ensemble du personnel de la délégation, qui ne ménage pas ses efforts.

Cette année verra le départ de Kai Nagel, de Vanessa Dick, de Rogerio Madeira Horta et de Carmen Heijnen. Kai nous quitte dès la semaine prochaine, tandis que Vanessa, Roggerio et Carmen partirons à une date ultérieure. Je tiens à les remercier pour leur engagement et leur contribution respective à l'œuvre européenne, ainsi que pour leur implication déterminante dans les activités de développement de l'Union européenne au Congo.

Merci Mesdames et Messieurs de les applaudir tout en leur souhaitant dès à présent des vents favorables pour leurs futurs respectifs.

Voici venu le moment de conclure en vous remerciant toutes et tous pour votre présence ce soir, et vous invitant, en compagnie de la Mammy, de mon fils Juan Felipe, à porter un toast en l'honneur de la Journée de l'Europe, aux dirigeants de l'Union européenne et aux relations de dialogue et partenariat entre la République du Congo et l'Union européenne.

Vive la coopération entre l'Union européenne et la République du Congo, vive la République du Congo et heureuse soirée de l'Europe, en ce 9 mai 2012.