Le navire de guerre espagnol Navarra escortant le vaisseau du Programme Alimentaire mondial ©EU
Les pays côtiers de la région pâtissent lourdement des répercussions économiques de la piraterie: des ports tels que Mombasa et Dar es-Salaam sont menacés et les coûts d'importation augmentent en raison de la hausse des frais de transport, des primes d'assurance, etc. Il est donc dans l'intérêt stratégique de ces États de s'investir dans la lutte contre la piraterie, en plus d'accueillir des suspects transférés à des fins de poursuites. À long terme, c'est la région elle même, et non les forces internationales, qui devrait sécuriser les eaux de l'Océan indien. C'est pourquoi l'UE souhaite prêter son concours au développement des capacités locales nécessaires pour assurer la sécurité maritime.
Une nouvelle mission destinée à soutenir le renforcement des capacités maritimes régionales est en préparation dans le cadre de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) et son lancement est prévu pour l'été 2012. Elle aura pour but de renforcer les capacités maritimes régionales de cinq pays - dans un premier temps - situés dans la Corne de l'Afrique et l'océan Indien occidental. EUCAP Nestor
sera une mission civile augmentée d'une expertise militaire. Elle aura pour objectif d'accroître la capacité des États de la région à avoir la maîtrise effective de leurs eaux territoriales et à renforcer leur aptitude à lutter contre la piraterie.
Cette nouvelle mission aura deux tâches principales:
Il est prévu que la formation soit dispensée au centre de formation régional de Djibouti ainsi que dans les pays concernés. À terme, la mission EUCAP Nestor offrira une stratégie de sortie pour l'opération Atalanta, les responsabilités en termes de sécurité maritime devant progressivement être assumées par les États de la région.
Financé au moyen de l'instrument de stabilité de l'UE, le programme pour les routes maritimes critiques
est axé depuis 2009 sur la sécurité et la sûreté des routes maritimes essentielles dans les zones touchées par la piraterie, afin de contribuer à la sécurisation des voies de communication utilisées pour le transport maritime et le commerce. Son objectif à long terme est d'améliorer la gouvernance maritime.
Le projet MARSIC, déjà engagé et doté de 6 millions d'euros, vise à contribuer à la sécurité et à la sûreté maritimes dans la région de l'océan Indien occidental en renforçant le partage d'informations et les capacités de formation. Il contribue à la mise en œuvre du code de conduite régional de Djibouti, qui vise à lutter contre la piraterie et les vols à main armée à bord des navires. Le projet porte essentiellement sur le renforcement des capacités et la formation du personnel de l'administration maritime, des responsables et des gardes-côtes de la région, notamment en Somalie, y compris au Puntland et au Somaliland. Il prévoit notamment une assistance à la création du centre de formation régional de Djibouti pour les affaires maritimes. Il renforce en outre la capacité des gardes-côtes et des administrations des États, à commencer par ceux du Yémen et de Djibouti, à assurer la surveillance et la sécurité des eaux territoriales en soutenant les activités du centre de partage d'informations maritimes régional de Sanaa (Yémen). Ce centre a été inauguré officiellement en mars 2011 et publie à présent régulièrement des rapports sur les actes de piraterie commis.
Un autre projet, mis en œuvre par Interpol (et doté d'1,6 million d'euros), vise à renforcer les moyens répressifs dont disposent les États pour lutter contre la piraterie maritime en mettant à leur disposition la formation et le matériel nécessaires pour mener des enquêtes efficaces et proactives, y compris contre ceux qui financent et organisent les actes de piraterie.
Dans le cadre du 10ème Fonds européen de développement (FED), le Programme pour la sécurité maritime régionale (MASE) est en cours d'élaboration. Il vise à appuyer la stratégie et le plan d'action régionaux pour la région de l'Afrique orientale et australe et de l'océan Indien adoptés en octobre 2010 à Maurice afin de lutter contre la piraterie et de favoriser la sécurité maritime. L'UE a l'intention de soutenir la mise au point d'une stratégie régionale à hauteur d'environ 37,5 millions d'euros, principalement afin de permettre de lutter contre la piraterie à terre en Somalie, de renforcer les moyens judiciaires nécessaires pour appréhender, transférer, placer en détention et poursuivre les pirates présumés, de s'attaquer aux répercussions économiques de la piraterie et aux flux financiers qui y sont liés, et d'améliorer les capacités nationales et régionales mobilisées pour l'exercice des fonctions liées à la sécurité maritime, y compris les fonctions de surveillance et de garde-côte.
En attendant le démarrage du programme MASE proprement dit, prévu en 2012 ou début 2013, un projet "de mise en route" (doté de 2 millions d'euros) est actuellement en cours pour assurer la mobilisation rapide d'activités immédiates de lutte contre la piraterie dans la région.
Un autre problème essentiel constaté dans la région est la connaissance insuffisante de la situation maritime. Pour y remédier, l'UE mène actuellement un projet pilote sur la piraterie, la connaissance de la situation maritime et les risques, mis en œuvre par le Centre commun de recherche de la Commission européenne (et doté d'1 million d'euros). Ce projet découle de la résolution du Parlement européen de 2008 sur la piraterie en mer. Ce projet à caractère scientifique, lancé en 2010, explore les possibilités d'utiliser des outils techniques civils d'un coût raisonnable - tels que les technologies satellitaires - pour mettre au point une approche permettant de connaître en temps réel la situation maritime. Cela pourrait aider les pays, en temps voulu, à améliorer leur capacité à déceler les menaces dans le bassin de l'océan Indien occidental.
Même si elles ne sont pas directement destinées à lutter contre la piraterie, les actions visant à mettre un terme à la pêche illicite ont des effets positifs en ce qu'elles améliorent globalement les capacités nécessaires à la sécurité maritime au niveau régional. L'UE soutient activement les politiques nationales menées dans le secteur de la pêche, y compris en matière de surveillance, au moyen d'accords de partenariat dans le domaine de la pêche dans l'océan Indien, et fournit également une assistance technique dans le cadre du Programme ACP Fish II et du programme thématique pour l'environnement et la gestion durable des ressources naturelles, dont l'énergie (ENRTP).
La Commission européenne a financé à hauteur de 10 millions d'euros un plan régional de surveillance des pêches dans le sud-ouest de l'océan Indien, de 2007 à 2011. L'objectif était de réduire le nombre de navires pêchant de manière illicite dans la région et de contribuer à la conservation et à la gestion durable des ressources thonières.
Le programme SmartFish vise actuellement à contribuer à élever le niveau de développement social, économique et environnemental et à accroître l'intégration régionale dans la région de l'océan Indien, grâce à l'amélioration des capacités pour l'exploitation durable des ressources halieutiques. Le programme est doté de 21 millions d'euros pour la première des deux phases de mise en œuvre, et prévoit des mesures spécifiques en faveur du secteur de la pêche somalien.
Retour à la page index de la piraterie
Contenir la piraterie: Opération EU NAVFOR - Atalanta
Coopération judiciaire internationale en vue de mettre un terme à l'impunité
La solution: la stabilisation de la Somalie par l'assistance et le dialogue