L’UE épaule le Sud-Soudan (mise à jour: 11/7/2011)

Catherine Ashton (à droite)  et Carlo de Filippi, Chef de Délégation au Sudan (au milieu)  © EUCatherine Ashton (à droite) et Carlo de Filippi, Chef de Délégation au Sudan (au milieu) © EU

La haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, a participé aux célébrations de l’indépendance du Sud-Soudan le 9 juillet, réitérant la volonté de l'UE de continuer à soutenir et à développer un dialogue régulier avec le nouvel État.

Catherine Ashton a déclaré: "L'Union européenne est aux côtés du peuple du Sud-Soudan en ce jour historique, et nous serons un partenaire fiable pour l'avenir. Nous allons continuer à soutenir une transition pacifique dans le Sud-Soudan, et nous espérons que les dirigeants du pays vont profiter pleinement de l'occasion unique qu'ils ont devant eux. L'UE s'est engagée à long terme au maintien de  la paix et de la stabilité dans les deux Soudans et les exhorte à vivre ensemble pacifiquement comme deux Etats viables après le 9 Juillet. "

Plus de 98 % des électeurs du Sud-Soudan se sont prononcés en faveur de la séparation du nord du pays dans un référendum qui s’est tenu en janvier. Les élections ont été jugées pacifiques et crédibles par des observateurs de l’UE et ont enregistré un énorme taux de participation de 97,5 %. La sécession marquera également la fin de l’accord de paix global, signé en 2005, mettant un terme à 21 ans de guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan. L’UE soutenait sans réserve l’accord de paix et adoptera désormais une «approche globale» dans ses relations avec le Nord comme avec le Sud du Soudan.

Cette approche, sanctionnée par les pays de l’UE en juin, couvre tous les aspects de la politique de l’UE à l’égard d’un Sud-Soudan indépendant: relations politiques et diplomatiques, sécurité et État de droit, développement, commerce, droits de l’homme et libertés fondamentales.

Le commissaire au développement, Andris Piebalgs, s’est récemment rendu au Sud-Soudan en gardant cette approche globale à l’esprit. «Réjouissons-nous, mais rappelons-nous également que l’indépendance s’accompagne d’une lourde responsabilité», a-t-il déclaré.

Le commissaire a vivement incité l’État à se doter d’un solide tremplin à partir duquel lutter contre la corruption, renforcer la gouvernance et les structures étatiques et générer des revenus, tant pour lui que pour le peuple. «L’UE peut s’engager avec le Sud-Soudan dans un dialogue étendu et honnête sur ces questions. En tant que partenaires, nous devrions avoir le courage de nous dire la vérité, même si celle-ci est parfois difficile à entendre. Quoi qu’il en soit, le peuple du Sud-Soudan peut considérer l’UE comme un partenaire de confiance», a-t-il affirmé.

Le dialogue sera encore renforcé lorsque l’UE installera une délégation complète à Juba, capitale du Sud-Soudan. Le bureau actuel de Juba, ouvert depuis 2009, fera l’objet d’améliorations dans les plus brefs délais suivant l’indépendance. Une vingtaine d’années de guerre civile ont plongé le Sud-Soudan dans une extrême pauvreté. Ce pays présente le taux de mortalité infantile le plus élevé au monde et les indicateurs d’éducation les plus bas. Un enfant sur dix n’atteint pas son premier anniversaire et moins de 1 % des filles terminent l’enseignement primaire.

Depuis 2005, l’UE a fourni une aide au développement de plus de 650 millions d’euros. Quant à l’aide humanitaire, elle se chiffre à 776 millions d’euros depuis 2003. En mai, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont convenu d’allouer une enveloppe supplémentaire de 200 millions d’euros au Sud-Soudan pour soutenir un plan de développement pour 2011-2013 et pour financer différents projets dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la gouvernance démocratique.