Drapeaux tunisien et européen
L'UE offre une assistance financière, l'ouverture commerciale et une mobilité accrue en soutien au "Plan Jasmin" de la Tunisie.
Lors de la première réunion de la Task Force UE-Tunisie qui s'est tenue à Tunis les 28 et 29 septembre, la Tunisie a reçu de l'Union européenne l'assurance d'un soutien continu et d'un "partenariat privilégié".
Neuf mois après que la chute de Ben Ali eut précipité le "Printemps arabe", et moins d'un mois avant que les Tunisiens ne se rendent aux urnes pour les premières élections démocratiques dans la région depuis les révolutions, le gouvernement tunisien a dévoilé sa stratégie de développement économique et social pour 2012-2016. L'UE a assuré un soutien initial de 150 millions €, et s'est engagée à travailler étroitement avec les autorités tunisiennes et avec les autres organisations internationales pour soutenir ce plan.
L'UE a notamment signé une subvention de 100 millions € dans le cadre d'un programme de soutien d'un milliard € impliquant plusieurs bailleurs de fonds, ainsi qu'une subvention de 57 millions € pour réformer le secteur de l'eau. Elle a également promis d'aider au retour en Tunisie des fonds acquis illégalement par l'ancien régime. L'UE a doublé ses prévisions initiales d'assistance à la Tunisie pour 2011, et sa contribution financière pourrait approcher les 4 milliards € sur trois ans. Elle a également encouragé la Banque Européenne d'Investissement et (pour la première fois) la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement à apporter des fonds pour le pays.
"Une nouvelle Tunisie se dessine, ouverte, dynamique, prospère et démocratique", a dit la Haute Représentante de l'UE Catherine Ashton, qui menait une délégation composée de représentants de la Commission européenne, du Parlement, et des Etats membres de l'UE. Le Premier ministre Béji Caïd Essebsi dirigeait la délégation tunisienne. D'autres organisations internationales, ainsi que des chefs d'entreprises, étaient également présents pour rencontrer les représentants du secteur privé et de la société civile tunisiens.
Les discussions ont aussi porté sur la libéralisation du commerce afin de permettre aux produits issus de l'agriculture et de la pêche tunisiennes, de même que les produits industriels comme les biens mécaniques et électriques ou encore les matériaux de construction, d'accéder au marché européen.
"Nous insistons également sur l'importance de développer les liens entre nos peuples", a ajouté Catherine Ashton. La Task Force a initié le mouvement vers un "Partenariat pour la mobilité" en Afrique du Nord, dont l'objectif est de faciliter l'obtention de visas pour les étudiants, les chercheurs et les hommes d'affaires qui souhaitent voyager en Europe. De nouveaux fonds européens ont également été annoncés pour créer des bourses universitaires européennes pour la région (30 millions €) et pour soutenir le travail des organisations de la société civile (22 millions €).
L'UE a déjà apporté une assistance technique à la commission électorale tunisienne, et une équipe indépendante de l'UE observera les prochaines élections.