Coopération UE–Algérie pour une industrie compétitive et bas-carbone

 

Une conférence consacrée au Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (CBAM) s’est tenue à Alger les 16 et 17 février, réunissant des représentants des Ministères algériens clés, dont l’Énergie et les Énergies renouvelables, les Hydrocarbures et Mines, les Affaires étrangères et la Communauté nationale à l’étranger, l’Industrie, les Finances, l’Environnement et la Qualité de vie, l’Agriculture, le Commerce extérieur et la Promotion des exportations, l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, ainsi que l’Économie de la Connaissance, les Startups et les Microentreprises. 

La rencontre a également rassemblé des représentants de la GIZ Algérie, de la Délégation de l’Union européenne en Algérie, de la Commission européenne à Bruxelles, ainsi que des experts et industriels des secteurs public et privé. 

Coorganisé dans le cadre de la mise en oeuvre progressive du CBAM par l’Union européenne et le ministère des Hydrocarbures et des Mines, l’événement a constitué un espace de dialogue technique et stratégique visant à informer, clarifier et accompagner les acteurs algériens – publics et privés –, sur les implications opérationnelles du mécanisme et ses enjeux sectoriels et ce dans le cadre du projet TaqatHy+, cofinancé par l’Union européenne et l’Allemagne, mis en oeuvre par la GIZ Algérie et piloté par le Ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables (MEER). 

Un outil climatique et un levier de compétitivité au coeur des échanges 

Les discussions ont rappelé que le CBAM constitue un outil central de protection du climat, inscrit au coeur du Pacte vert pour l’Europe, et complète le système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS). 

Il établit un signal-prix carbone équivalent entre les produits fabriqués dans l’Union européenne et ceux importés présentant une forte intensité carbone. Il contribue ainsi à prévenir les fuites de carbone et à garantir des conditions de concurrence équitables. 

Le mécanisme repose sur le principe du « pollueur-payeur ». Il ne crée pas d’obligations directes pour les producteurs hors UE : Les obligations de déclaration et d’ajustement financier incombent aux déclarants européens. 2 

À ce stade, le CBAM cible uniquement les émissions intégrées dans certains secteurs particulièrement intensifs en carbone : Fer et acier, aluminium, engrais, ciment, hydrogène et électricité 

Approfondir la compréhension technique et sectorielle 

La conférence a permis d’explorer en détail : 

  • L’introduction et l’état d’avancement du mécanisme, ainsi qu’un aperçu des mesures adoptées par l’UE 
  • L’analyse approfondie de la méthodologie de calcul des émissions intégrées et la détermination du prix du carbone réellement acquitté. 
  • Les principes de vérification, d’accréditation et de certification. 
  • La mise en oeuvre progressive du mécanisme d’ajustement financier à partir de 2026. 
  • La prise en compte des prix du carbone effectivement payés dans le pays d’origine 

Les experts de la Commission européenne (DG TAXUD et DG CLIMA) ont présenté les règles applicables à la période définitive et les évolutions récentes du cadre réglementaire, y compris les mesures de simplification tout en préservant l’intégrité environnementale du mécanisme. 

Un accent particulier a été mis sur les notions d’« exposition au CBAM » et de « préparation au CBAM », soulignant que l’intensité carbone de la production constitue un facteur déterminant de compétitivité sur le marché européen. 

Des focus sectoriels stratégiques pour l’Algérie 

Les secteurs des engrais, du ciment ainsi que du fer et de l’acier – particulièrement concernés dans le contexte algérien – ont bénéficié de sessions dédiées avec des experts internationaux et des représentants industriels. 

Les échanges ont mis en évidence les enjeux de compétitivité des exportations vers l’Union européenne, mais également les opportunités offertes par la transition vers des procédés industriels à plus faible intensité carbone. 

Dans cette perspective, le CBAM a été présenté comme un catalyseur potentiel de modernisation industrielle et un levier de renforcement de la compétitivité bas-carbone, incitant à investir dans des technologies plus durables. 

Accompagnement et perspectives 

La conférence a également permis d’identifier des besoins concrets en matière de renforcement des capacités, notamment dans les domaines de la mesure, la déclaration et la vérification des émissions, ainsi que dans l’accompagnement de la décarbonation industrielle. 

Les partenaires européens ont réaffirmé leur engagement à accompagner l’Algérie à travers des instruments de coopération technique et la mise en place d’un dialogue structuré. 

Comme cela a été souligné lors des échanges : 

 « Le CBAM constitue à la fois un défi et une opportunité pour renforcer la compétitivité industrielle bas carbone et approfondir la coopération UE–Algérie. » 

Au terme des deux journées, les participants ont convenu que le dialogue UE–Algérie sur le CBAM représente un levier stratégique pour adapter les réponses nationales, préparer les filières industrielles concernées et inscrire la transition industrielle dans une perspective de compétitivité durable.

À propos de TaqatHy+ 

TaqatHy+ est un programme dédié au développement des énergies renouvelables, de l’hydrogène vert et de l’efficacité énergétique en Algérie. 

Lancé le 1er décembre 2022 sous le nom « TaqatHy », il devient en 2025 TaqatHy+, cofinancé par l’Union européenne et l’Allemagne (via le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ)), mis en oeuvre par la GIZ Algérie et piloté par le Ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables (MEER). 

TaqatHy+ se poursuivra jusqu’au mois de mai 2029.