Un an de guerre contre l'Ukraine : agir ensemble pour faire prévaloir le droit international
Un an après, le risque existe que les gens deviennent insensibles aux images de crimes de guerre et d'atrocités - parce qu'elles sont si nombreuses ; que les mots que nous utilisons commencent à perdre leur signification - parce que nous devons les répéter si souvent ; que nous nous fatiguions et que notre détermination s’affaiblisse - parce que le temps passe et que la tâche à accomplir est difficile.
Nous ne pouvons pas laisser faire cela. Car chaque jour, la Russie continue de violer la charte des Nations unies, créant un précédent dangereux pour le monde entier avec sa politique impérialiste. Chaque jour, la Russie continue de tuer des femmes, des hommes et des enfants ukrainiens innocents, en faisant pleuvoir ses missiles sur des villes et des infrastructures civiles. Chaque jour, la Russie continue de répandre des mensonges et des affabulations.
Pour l'Union européenne et nos partenaires, il n'y a pas d'autre choix que de maintenir le cap de notre "triple stratégie" : soutenir l'Ukraine, faire pression sur la Russie pour qu'elle mette fin à son agression illégale et aider le reste du monde à faire face aux conséquences de cette guerre.
C'est ce que nous faisons depuis un an maintenant - et avec succès. Nous avons adopté des sanctions sans précédent, réduit massivement notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes et, en étroite collaboration avec des partenaires clés, fait baisser de 50 % les revenus que le Kremlin obtient de ses ventes d’énergie pour financer son agression. En travaillant ensemble, nous avons également atténué les répercussions mondiales en limitant les prix des denrées alimentaires et de l'énergie, notamment grâce aux « voies de solidarité » que nous avons mises en place et à l'« initiative en faveur des céréales de la mer Noire ».
Il ne suffit pas de dire que nous voulons que l'Ukraine soit en mesure de se défendre, il faut aussi lui donner les moyens de le faire. Ainsi, pour la toute première fois, l'UE a fourni des armes à un pays attaqué. L'UE est aujourd'hui le premier pourvoyeur de formation militaire pour le personnel ukrainien afin qu'il puisse défendre son pays. Nous offrons également une aide macrofinancière et humanitaire importante pour soutenir le peuple ukrainien. Et nous avons décidé de répondre positivement à la demande d'adhésion de l'Ukraine à l'UE. Enfin, nous nous efforçons de faire en sorte que les responsables des crimes de guerre commis par la Russie rendent des comptes.
L'Ukraine a démontré une résilience remarquable, notamment grâce à ce soutien. Quant à la Russie, elle s'est isolée davantage, du fait des sanctions mondiales et de la condamnation de son action par l'écrasante majorité des États membres de l'Assemblée générale des Nations unies. Notre objectif collectif est et reste que l’Ukraine démocratique l'emporte, en repoussant l'envahisseur, en rétablissant sa pleine souveraineté et, partant, en rétablissant la légalité internationale.
Ce que nous voulons par-dessus tout c’est la paix en Ukraine, une paix globale et durable conforme à la Charte des Nations unies et au droit international. Soutenir l'Ukraine et œuvrer pour la paix vont de pair.
Les actions de la Russie constituent des attaques frontales au principe d’intégrité territoriale, de souveraineté et du droit international. Si la Russie devait réussir, les répercussions se déploieraient de manière globale puisque cette agression est en effet un exemple typique d’un état d’esprit impérialiste. Le soutien des pays d’Amérique latine et Caraïbes, au sein des NU et partout ailleurs est donc crucial.
Nous devons être clair que les actions de la Russie sont responsables des ondes de chocs économiques qui sont actuellement ressenties. L’UE travaille avec la région pour répondre aux besoins économiques et nous avons augmenté nos financements, y compris envers les pays les plus impactés en Amérique latine et Caraïbes.
L’invasion russe a souligné la nécessité, tant pour l’Europe que pour l’Amérique latine et Caraïbes, d’éviter les dépendances excessives. Nous avons des intérêts communs à bâtir un partenariat moderne afin de soutenir des économies plus résilientes et inclusives, protéger nos démocraties et renforcer la cohésion sociale. Nous devons nous assurer des progrès concrets de notre ambitieux agenda de coopération en vue du sommet EU-CELAC, qui aura lieu cette année.
L'histoire et la justice sont du côté de l'Ukraine. Mais pour accélérer l'histoire et réaliser la justice, nous devons amplifier notre "triple stratégie". Nous savons qu'il s'agit d'une tâche collective. C'est pourquoi l'UE compte sur tous ses partenaires pour agir ensemble dans un esprit de responsabilité et de solidarité, afin que l'agression échoue et que le droit international prévale.