Atelier de capitalisation : Discours d’ouverture de M. Nicolas Kasprzyk, Chef de Délégation adjoint, Chef de la Section Politique, Délégation de l’Union européenne au Gabon

 

Monsieur le Directeur Général adjoint chargé des Elections,

Mesdames et Messieurs les chefs de missions d’observation électorale de la société civile,

Monsieur le directeur du bureau d’IDEA International pour le Gabon,

Mesdames et Messieurs les participants,

Distingués invités,

C’est un honneur pour la Délégation de l’Union européenne au Gabon de participer à l’ouverture de l’atelier d’évaluation du cycle électoral 2024-2025 par les missions d’observation citoyenne. 

Alors que s’achève la séquence électorale, avec bientôt le second tour des élections sénatoriales, et alors que nous approchons de la fin de la Transition, annoncée formellement pour le 31 décembre 2025 avec la prestation de serment des membres de la Cour Constitutionnelle, le moment est particulièrement bien choisi pour porter un regard sur le chemin parcouru et sur les acquis, qui restent peut-être encore à consolider, dans la construction démocratique. 

Que de chemin parcouru, en effet, depuis le premier scrutin électoral dans le cadre de la transition politique, le référendum de novembre 2024 qui devait permettre l’adoption d’une nouvelle Constitution. Nous nous souvenons tous de la salle de situation qui avait alors été mise en place par le Réseau des Observateurs Citoyens (ROC), qui avait marqué les esprits par son aspect professionnel et avait montré, d’une manière éblouissante, que la société civile pouvait jouer un rôle-clé dans la promotion et la protection des principes et des idéaux démocratiques, en parfaite coopération avec les autorités dès lors que chacun reste dans son rôle.  En tant que membres des missions d’observation citoyenne, j’espère que vous tirez une grande fierté du rôle qui a été le vôtre, et que cette fierté est à la hauteur de l’appréciation que vous portent, sincèrement, les acteurs internationaux.

Au lendemain du 30 août 2023, l’Union européenne a fait le choix d’adopter une posture d’accompagnement, en soutien à une transition politique qui avait comme objectif annoncé un fonctionnement plus démocratique et plus transparent des institutions et un retour à un ordre constitutionnel durable dans les meilleurs délais, dans le cadre d’un chronogramme qui a été annoncé dès le début du processus de transition, et qui a, il faut le souligner, été respecté. 

L’Union européenne a souhaité être un compagnon de route fidèle, attentif aux besoins des parties prenantes, attentif aussi aux évolutions de la situation, en restant dans son rôle, qui est volontairement non prescriptif. Permettez-moi d’insister sur ce point ; notre souci de rester non prescriptif ne signifiait pas, vous l’imaginez bien, un manque d’intérêt de notre part ou un manque d’idées sur les orientations qui auraient pu être prises par l’observation citoyenne. Il s’agissait pour nous : premièrement, de respecter votre rôle, vos prérogatives et vos aspirations en tant qu’acteurs de la société civile ; deuxièmement, et ce point est tout autant essentiel pour nous, il s’agissait de respecter le caractère souverain du processus, et de reconnaître que l’Histoire vers un fonctionnement plus démocratique des institutions devait être écrite par les Gabonais. Mais permettez-moi de vous faire une confidence ; nous avons vibré au diapason de vos émotions. Les difficultés que vous avez pu rencontrer, nous les avons ressenties. Et vos succès, nous les avons célébrés. 

Le soutien de l’Union européenne et de ses Etats membres a pris différentes formes et aura, je l’espère été utile aux différentes parties prenantes: 

  • d’abord, la mobilisation d’expertises techniques sur des sujets ciblés, à des moments-clé, pour répondre aux besoins exprimés par les autorités ; 

  • ensuite, la mobilisation de moyens significatifs, à travers notamment un projet, d’un montant de 2,5 millions d’euros soit 1,7 milliards de francs CFA, dont une partie importante a été confiée à IDEA International, avec trois axes de soutien : institutions, société civile et médias ;

  • enfin, notre soutien s’est manifesté dans le domaine de l’expertise électorale. En effet, l’Union européenne a déployé une Mission d’Expertise Electorale, en amont du référendum de novembre 2024, qui a formulé des recommandations, soumises aux autorités, pour appuyer la réforme du Code électoral qui s’en est suivie. L’Union européenne avait aussi manifesté sa disponibilité à déployer une Mission d’Observation Electorale de l’UE, si les autorités s’y montraient favorables. 

Permettez-moi de noter que, en plus des financements par l’Union européenne stricto sensu, un soutien financier significatif a été apporté par plusieurs de nos Etats membres, et en particulier la France et les Pays-Bas, dans une logique de complémentarité, permettant la réalisation de différents projets en appui à la construction démocratique, avec l’expertise d’IDEA International dont nous reconnaissons le travail efficace en appui à la construction démocratique et à la promotion de l’état de droit.

L’Union européenne est actuellement engagée dans une réflexion sur de possibles appuis supplémentaires pour consolider les acquis démocratiques et capitaliser sur l’expérience acquise par la société civile. 

Je vous souhaite des travaux fructueux, et vous remercie de votre attention.

Elodie MBIDA, Responsable communication & relations presse, Délégation de l’Union Européenne au Gabon, et pour Sao Tomé-et-Principe et la CEEAC

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