Discours de S.E. Mme Cécile ABADIE, Ambassadrice UE au Gabon : 5ème Conférence NewSpace Africa à Libreville

 

Mesdames et Messieurs, Distingués invités, Tous protocoles observés,

C’est un honneur pour moi, en tant qu’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, de prendre la parole à la 5e conférence NewSpace Africa ici à Libreville.

Je remercie chaleureusement l’Agence Gabonaise d’Études et d’Observation Spatiales, AGEOS, pour son accueil et pour le rôle moteur qu’elle joue pour le Gabon et l’Afrique centrale dans le domaine spatial.

Le thème de cette année – « Croissance inclusive : Étendre les avantages de l’espace à tous les Africains » – résume bien notre ambition commune : faire des technologies spatiales un outil concret au service de l’emploi, de la résilience et du développement durable sur tout le continent.

1. L’espace au cœur du partenariat UA–UE

Pour l’Union européenne, l’espace est un pilier de notre partenariat avec l’Union africaine. Il contribue au développement durable, à la paix et à la sécurité, à l’action climatique et à la transformation numérique. Il s’inscrit dans notre stratégie « Global Gateway » et dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Notre coopération est passée des concepts à des opérations concrètes, en s’appuyant sur un cadre politique solide et sur le programme spatial de l’UE – notamment Copernicus et Galileo – avec un objectif clair : fournir des services utiles aux populations et aux économies africaines.

2. Des résultats concrets sur le terrain

Quelques exemples illustrent cette coopération.

Avec GMES & Africa, des centres africains d’excellence utilisent les données satellitaires pour mieux gérer l’eau, l’agriculture, les zones côtières et maritimes. Ils soutiennent les agriculteurs, les communautés côtières, l’économie bleue et forment la prochaine génération de scientifiques et d’innovateurs africains.

Avec le programme ClimSA, chaque pays d’Afrique subsaharienne dispose d’une meilleure infrastructure numérique pour accéder aux données Meteosat et aux alertes précoces. Les centres climatiques régionaux utilisent aussi les données Copernicus pour améliorer la planification agricole, la gestion des risques de catastrophe et de l’énergie.

Le système africain de renforcement par satellite, ANGA, permettra des services de navigation de haute précision, essentiels pour la sécurité, notamment dans le secteur aérien.

Enfin, la connectivité par satellite, via le programme IRIS², soutient des projets pilotes au Sénégal, en Tanzanie et en Afrique australe, en partenariat avec des opérateurs comme Eutelsat et SES, afin d’apporter une connectivité sécurisée aux zones mal desservies. D’autres projets sont déjà en préparation.

Ces actions montrent que notre coopération est pratique, stratégique, centrée sur les personnes et qu’elle soutient directement la transition écologique : résilience climatique, agriculture durable, gestion de l’eau et systèmes énergétiques plus propres.

3. Global Gateway, AESPP et rôle du secteur privé

Dans un contexte de déficit important de financement des Objectifs de développement durable, la stratégie « Global Gateway » est notre cadre pour des investissements durables et de qualité, y compris dans le numérique et l’espace.

Le programme de partenariat spatial Afrique–UE (AESPP), lancé lors de la conférence NewSpace Africa l’an dernier, porte cette coopération à un niveau plus stratégique. Il soutient la Commission de l’Union africaine et l’Agence spatiale africaine, modernise les services météorologiques et climatiques et prépare le déploiement de services de navigation par satellite à grande échelle.

La première phase, démarrée en 2025, a déjà permis un jumelage entre secteurs privés africain et européen à Abidjan, des formations sur le NewSpace et les communications par satellite, et un défi africain d’observation de la Terre pour stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat. Nous visons la contractualisation de la deuxième phase d’ici fin 2026.

L’AESPP bénéficie de 100 millions d’euros de subventions de l’UE, mais les fonds publics ne suffiront pas. Nous devons mobiliser les investissements privés. C’est pourquoi, dans le cadre de « Global Gateway », nous travaillons plus étroitement avec les entreprises et les innovateurs africains et européens, notamment pour créer des emplois, soutenir les start-ups, encourager l’entrepreneuriat féminin et développer une économie des données et de l’espace.

La plateforme d’investissement « Global Gateway » sert de guichet unique pour les projets privés, combinant subventions, prêts, garanties et assistance technique. Les pilotes IRIS², portés par le consortium SpaceRISE, illustrent cette offre de connectivité sécurisée au bénéfice de nos partenaires africains.

Notre ambition est de faire de l’espace une nouvelle frontière pour les investissements conjoints UE–Afrique, au service de l’emploi, des capacités industrielles africaines et d’opportunités durables sur les deux continents.

4. Conclusion

Pour conclure, je voudrais rappeler quatre messages :

  • L’espace est un pilier du partenariat UA–UE, car il fournit déjà des services concrets aux populations africaines.
  • « Global Gateway » nous permet de développer ensemble des opérations phares alignées sur les priorités et les stratégies africaines.
  • Nous voulons travailler beaucoup plus étroitement avec le secteur privé pour construire une véritable économie spatiale UE–Afrique, créatrice d’emplois.
  • Ce partenariat doit être intégré et mené par l’Afrique, à travers le programme de partenariat spatial Afrique–UE et le dialogue spatial UA–UE.

L’Union européenne restera un partenaire fiable, pour une coopération spatiale centrée sur l’humain et bénéfique pour l’Afrique comme pour l’Europe.

Je vous souhaite des échanges fructueux et un excellent séjour à Libreville.

Je vous remercie.