Journee de l'Europe 2026 : Allocution de Son Excellence Madame Cécile ABADIE, Ambassadrice de l'Union européenne au Gabon
Excellences,
Monsieur le Président de la Cour constitutionnelle,
Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement, mesdames et messieurs les membres du Parlement et représentants des Institutions de la République,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs, mes chers collègues,
Chers partenaires du développement, représentants des entreprises, et de la société civile,
Chers amis,
Nous célébrons aujourd’hui, avec un jour d’avance, la Journée de l’Europe et la naissance d’une ambition : une Europe unie, solidaire et en paix.
Plus que jamais, ces mots résonnent avec gravité. Pardonnez-moi d’engager ce discours avec un message d’inquiétude mais il est difficile d’occulter la spirale ininterrompue d’instabilité qui nous préoccupe tous : le conflit au Moyen orient a des conséquences mondiales désastreuses ; les bombardements incessants de la Russie sur l’Ukraine se poursuivent ; et leurs victimes s’ajoutent au bilan humanitaire glaçant des conflits en Afrique.
Cette actualité tragique ne doit pas nous faire perdre de vue l’essentiel : la fragilité de l’ordre international fondé sur des règles que nous avons connu et tenu pour acquis. Pour nous, Européens, qui avons choisi la coopération plutôt que le conflit, qui avons embrassé la diversité plutôt que nous diviser, l’attachement au multilatéralisme est viscéral et nous nous refusons à son affaiblissement.
L’économie mondiale tangue mais plutôt que la régir par des rapports de force ou un protectionnisme exacerbé, nous avons étendu cette année notre réseau d’accords commerciaux, basés sur des règles transparentes et équitables. Les menaces se multiplient et se complexifient mais notre investissement dans la défense ne nous fait en rien renoncer au dialogue et à la diplomatie. En somme, pour notre avenir, s’ouvrir sur le monde demeure plus que jamais la solution.
Je crois donc profondément que face à une certaine brutalisation du monde, l’Union européenne demeure un cadre de sécurité, de stabilité et de puissance collective pour les États européens, mais aussi pour tous ceux qui tiennent au droit international et souhaitent préserver un système qui, malgré ses imperfections, les protège. Pour ceux qui ne souhaitent pas appartenir à une sphère d’influence mais qui recherchent des relations durables, fondées sur des intérêts communs clairement identifiés, l’Union européenne reste un partenaire fiable, respectueux et prévisible.
Ce message a été réaffirmé vigoureusement lors du Sommet Union européenne-Union africaine de novembre dernier. Les destins de nos deux continents sont indissociables, nos économies ont vocation à être interconnectées et nos plaidoyers pour un multilatéralisme inclusif et efficace se rejoignent. C’est cette conviction qui continue de guider le partenariat tissé avec le Gabon. Les liens humains et les accomplissements du passé sont les fondations sur lesquelles nous avons construit un nouveau chapitre et je voudrais m’attarder un instant sur quelques-unes de nos réalisations communes des derniers mois.
Tout d’abord, indéniablement, l’année écoulée a vu une montée en puissance de Global Gateway au Gabon qui bénéficie enfin des potentialités de cette stratégie en faveur des investissements publics et privés avec la signature du premier programme Global Gateway au Gabon, l’appui à la sécurisation et à la modernisation du Transgabonais. Ses conditions financières sont imbattables, avec une subvention de 30 millions d’euros, adossée à un prêt de l’Agence Française de Développement. Son impact sur la vie économique du pays sera tangible, avec tant de secteurs vitaux qui en dépendent, qu’il s’agisse des ressources minières, des produits forestiers ou du tourisme. La Caravane du Transgabonais de novembre dernier fut non seulement une merveilleuse aventure collective mais aussi un projecteur sur l’activité économique à l’intérieur du pays et notre défi commun : préserver sa vitalité.
Ne nous endormons pas sur ce succès : les besoins d’investissement sont considérables et nous sommes à la tâche pour préparer l’avenir. Sur l’énergie, secteur vital, sur lequel nous nous sommes engagés, avec en perspective la construction de la ligne de transmission électrique qui reliera le barrage de Booué aux points névralgiques du pays ; sur la gestion des déchets avec l’instruction avancée du projet de Centre de Traitement et de Valorisation des Déchets.
Notre ambition demeure de chercher la croissance sans renoncer à nos objectifs climatiques. C’est un principe qui guide aussi le Partenariat pour les Forêts entre l’Union européenne et le Gabon. L’un de nos objectifs communs demeure de soutenir les entreprises forestières historiques, qui assurent gestion durable des ressources et traçabilité, préservent l’emploi à l’intérieur du pays et appuient les communautés, mais qui sont aujourd’hui très fragilisées. Au-delà des solutions d’urgence, les conclusions du Forum Economique Forestier conjointement organisé avec le gouvernement en septembre restent une précieuse aide à la décision pour l’avenir de ce secteur. Nous portons aussi d’autres formes de valorisation économique des forêts, à travers le programme NaturAfrica lancé en février et nous sommes fiers de soutenir la vision innovante que porte le Gabon pour la gestion de ses parcs nationaux à travers des Partenariats Public-Privé.
Mesdames et messieurs,
L’année écoulée a aussi connu son lot de malentendus et je fais ici référence à la démarche -souveraine- du Gabon de questionner les termes de notre coopération de longue date sur la pêche thonière. Je ne souhaite ni l’éluder ni la dramatiser car nous avons réengagé depuis un dialogue serein qui je l’espère se poursuivra. J’ai, pour ma part, jugé essentiel de démontrer notre attachement à la transparence en répondant à toutes les questions et les interrogations. Car nous n’avons rien à cacher et, je le crois sincèrement, beaucoup à offrir.
A travers ces exemples de coopération économique, je souhaiterais surtout passer un message : l’agenda de diversification et de transformation des ressources du Gabon est non seulement légitime et dans le sens de l’histoire, mais aussi dans le plein intérêt de l’Europe. Nous avons un impératif besoin de diversifier nos approvisionnements et nos industries cherchent à créer des chaines de valeur partagées entre nos deux continents. Nous pouvons donc faire ce chemin ensemble, dans un esprit de confiance mutuelle, avec un regard précis porté sur les potentialités mais aussi les conditions de la rentabilité. Nous avons beaucoup échangé cette année avec le gouvernement sur ce qui pourrait davantage attirer nos investisseurs et accélérer la trajectoire du Gabon, qu’il s’agisse de discipline budgétaire, d’attractivité de l’environnement des affaires mais aussi d’intégration économique régionale. Je le réaffirme ce soir : l’Union européenne restera votre alliée pour porter une dynamique vertueuse entre l’Etat, les entreprises et les partenaires du développement dans leur rôle de catalyseur des investissements.
Mesdames et messieurs,
Si l’économie est au centre des préoccupations, n’en oublions pas l’enjeu qui demeure le bien-être des citoyens gabonais. Espérer une vie meilleure, donner aux plus jeunes les clés pour réussir, assurer la bonne répartition des richesses, telles sont les aspirations que chacun d’entre nous peut entendre. Et comme le thème de la Quinzaine de l’Europe essaie toujours de refléter l’air du temps, nous avons choisi cette année comme inspiration les Solidarités. Qu’elles soient sociales ou intergénérationnelles, ou entre nos deux continents, les solidarités nous intéressent d’autant plus qu’elles sont l’un des fondements mêmes du projet européen. Le Forum citoyen qui s’est déroulé hier, ici même, a mis à l’honneur ces valeurs et a rappelé à quel point la force d’un pays dépend de la vigueur de sa société civile. Permettez-moi de remercier tous les participants pour l’élan donné à la coopération entre l’Union européenne et la société civile gabonaise.
Sachez que la Quinzaine de l’Europe se poursuit, avec d’autres opportunités de rassembler l’Europe et le Gabon et de croiser nos regards, à travers le cinéma, avec des projections de films les 12 et 13 mai prochains à l’Institut Français du Gabon.
Puisqu’il est question de solidarité, il est une tradition chère à mon cœur : remercier ceux qui me sont ici si proches et sans qui rien ne serait possible. Mon équipe tout d’abord, si dévouée et si talentueuse. Et mes compagnons, les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne, qui portent avec passion nos valeurs communes et vous offrent ce soir un éventail de notre diversité culinaire. Beaucoup de partenaires ont également rendu possible l’organisation de la Quinzaine et, en particulier, de cette soirée, qu’ils en soient très sincèrement remerciés.
Mesdames et messieurs,
Je n’avais pas l’ambition ce soir de parler de toutes nos priorités d’action. Sur la sécurité des ports, la coopération spatiale, la gouvernance des océans, la sécurité maritime, et tant d’autres domaines, nous avons fourni de l’expertise, dialogué et proposé des pistes de travail conjoint. L’accompagnement des réformes institutionnelles s’est aussi poursuivi et je forme le vœu que ces thématiques de la bonne gouvernance et de la construction démocratique soient durablement au centre de l’action collective au Gabon. J’en suis certaine, il y aura d’autres opportunités d’évoquer tout ce que nous construisons ensemble dans tant de domaines.
A vous tous qui nous faites l’honneur et l’amitié de votre présence, ce que je souhaitais avant tout ce soir, c’est partager cette ambition d’une Europe bienveillante et audacieuse et ce souffle qui nous anime encore et toujours : mettre en commun nos forces et notre diversité pour relever les plus grands défis. C’est avec ce même objectif que nous souhaitons rester pour le Gabon un partenaire de choix et de confiance.
Longue vie au partenariat entre l’Union européenne et le Gabon !
Je vous remercie.
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Elodie MBIDA, Responsable communication & relations presse, Délégation de l’Union Européenne au Gabon, et pour Sao Tomé-et-Principe et la CEEAC
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