Programme MUSE : Maritime UN Sanction Enforcement : Discours Nicolas Kasprzyk, Chef de Délégation-adjoint, Délégation de l’Union européenne au Gabon, pour Sao Tomé-et-Principe et la CEEAC

Madame la Directrice du Registre et de la Certification de l’Institut Maritime et Portuaire de Sao Tomé-et-Principe,

Madame la Cheffe de Cabinet, Coordinatrice du Programme sur les sanctions des Nations unies à l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime,

Distingués participants,

Mesdames et Messieurs, en vos titres, grades et qualités,

C’est un honneur pour moi de prendre la parole aujourd’hui au nom de l’Union européenne à l’occasion de l’ouverture de cet atelier consacré au respect des régimes de sanctions des Nations unies et à l’identification des indicateurs de risque dans le domaine maritime.

Permettez-moi tout d’abord d’exprimer ma sincère gratitude au Gouvernement de Sao Tomé-et-Principe pour l’accueil de cet atelier, ainsi qu’à l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime pour son engagement constant dans la lutte contre la criminalité maritime et pour l’organisation de cette activité dans le cadre du Programme mondial de lutte contre la criminalité maritime, notamment à travers le projet relatif à l’application des sanctions maritimes.

La tenue de cet atelier intervient dans un contexte international marqué par des défis persistants en matière de sécurité maritime. Le contournement des sanctions internationales, tout comme les différentes formes de criminalité maritime, continuent d’affecter la sécurité des routes commerciales, l’intégrité des chaînes logistiques et la gouvernance des espaces maritimes.

Dans ce contexte, la position stratégique de Sao Tomé-et-Principe au cœur du Golfe de Guinée confère au pays un rôle important dans la promotion d’un espace maritime sûr, stable et régi par le droit international. Les ambitions du pays en matière de développement économique et de commerce maritime s’inscrivent naturellement dans cet objectif.

Pour un État insulaire comme Sao Tomé-et-Principe, la mer représente également un moteur essentiel de développement économique, notamment à travers l’économie bleue, le commerce maritime et la gestion durable des ressources marines. Garantir la transparence et la sécurité du secteur maritime contribue directement à créer un environnement favorable aux investissements, au commerce et au développement durable.

Le renforcement des capacités nationales visant à assurer le respect des régimes de sanctions adoptés par le Conseil de sécurité des Nations unies constitue, à cet égard, un élément essentiel pour préserver l’intégrité du système maritime international.

Adoptées dans le cadre du Chapitre VII de la Charte des Nations unies, ces sanctions représentent un instrument central de l’action collective de la communauté internationale en réponse aux menaces à la paix et à la sécurité internationales. Leur efficacité repose avant tout sur la mise en œuvre effective et cohérente de ces mesures par les États membres.

Le respect de ces régimes de sanctions s’inscrit également dans un objectif plus large : celui du renforcement de l’État de droit en mer et de la transparence dans le secteur maritime. Une gouvernance maritime solide constitue un élément essentiel pour prévenir les activités illicites et renforcer la confiance dans le système international du transport maritime.

Dans le domaine maritime, cette mise en œuvre implique une vigilance particulière face aux pratiques de contournement, notamment les manipulations d’identité des navires, les transferts illicites de cargaisons ou encore l’utilisation de pavillons de complaisance pour masquer certaines activités.

L’Union européenne demeure un partenaire engagé de longue date dans le renforcement de la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée.
À travers différents programmes de coopération (tels que MUSE mais aussi GoGuin, EnMar, SafeSeas, etc.) nous soutenons les efforts des États de la région pour améliorer la gouvernance maritime, renforcer les capacités opérationnelles et promouvoir le respect du droit international.

Les défis liés à la criminalité maritime et au contournement des sanctions ne connaissent en effet pas de frontières. Ils nécessitent une coopération renforcée entre les États de la région du Golfe de Guinée, ainsi qu’avec les partenaires internationaux.

Cet engagement se traduit notamment par des initiatives de renforcement des capacités, par le partage d’informations, ainsi que par la mise en œuvre de la présence maritime coordonnée de l’Union européenne dans la région.

L’atelier qui nous réunit aujourd’hui illustre concrètement cette coopération. Il vise à renforcer la compréhension des régimes de sanctions des Nations unies, à identifier les indicateurs de risque associés aux activités maritimes illicites et à soutenir les autorités nationales dans la mise en œuvre de leurs obligations internationales.

La participation active des autorités maritimes, portuaires et des institutions chargées de l’application de la loi est essentielle à cet égard. La sécurité maritime repose en effet sur une approche globale impliquant l’ensemble des acteurs concernés par l’action de l’État en mer.

Je souhaite saluer la détermination du Gouvernement de Sao Tomé-et-Principe à renforcer le cadre juridique et institutionnel national dans le domaine de la sécurité maritime et de la lutte contre la criminalité en mer. Les efforts entrepris dans ce domaine témoignent d’une volonté claire de promouvoir un environnement maritime sûr, transparent et conforme aux normes internationales.

Je tiens également à remercier l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime pour son partenariat solide avec l’Union européenne dans le soutien aux États partenaires en matière de lutte contre la criminalité organisée, les trafics illicites, la corruption, le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Je me réjouis enfin du caractère interactif et opérationnel de cet atelier. Les discussions, les exercices basés sur des scénarios concrets et le partage d’expériences entre participants contribueront à renforcer les connaissances et les capacités nécessaires pour identifier et prévenir les pratiques de contournement des sanctions dans le domaine maritime.

Je suis convaincu que les échanges qui auront lieu au cours des prochains jours permettront de renforcer encore davantage la coopération entre les institutions nationales, les partenaires internationaux et les acteurs du secteur maritime.

Je vous souhaite à toutes et à tous des travaux fructueux et des échanges enrichissants.

Je vous remercie.