Atelier One Health à Maurice
- Honorable Maneesh Gobin, Ministre de l’Agro-Industrie et de la sécurité alimentaire et aussi Attorney general
- Monsieur Marimoutou, Secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien,
- M. Pouilles-Duplaix, Directeur de l’Agence Française de Développement,
- L’équipe de l’Unité de Veille Sanitaire du RSIE 3,
- Les points focaux nationaux (PFN) des États membres de la COI,
- Les représentants des ministères en charge de la santé des Etats Membres de la COI,
- Les représentants de l’Organisation Mondiale de la Santé des Etats membres de la COI,
- Distingués invités,
- Mesdames et Messieurs.
- EN GUISE D’INTRODUCTION
Bonjour à tous,
L’impact de la santé sur le développement durable (social, économique, environnemental) n’est plus à démontrer. Cet impact et ses conséquences sont d’autant plus tangibles (et malheureusement d'autant plus désastreuses) depuis l’émergence de la pandémie de COVID-19. C’est donc tout à fait normal que le secteur de la santé (humaine et animale), tant en Europe qu' à l’extérieur de nos frontières, soit désormais au cœur des priorités despolitiques de l’Union européenne.
Au niveau de l’Océan Indien, cette priorité est concrètement matérialisée, à travers notre soutien au Réseau de Surveillance et d’Investigation Epidémiologique (RSIE) avec la mobilisation sans précédent au plus fort de la crise de quelques 9,35 million d’euros que nous avons octroyés à l’Agence Française de Développement à la fin de 2021 afin de soutenir et d'amplifier les efforts engagés depuis plusieurs années déjà.
Je suis donc particulièrement heureux de pouvoir participer ce matin, avec nos partenaires (la COI, l’AFD, Le Ministère de l’Agriculture) à la cérémonie d’ouverture de remise des équipements de cet atelier One Health national dont l’objectif est d’échanger sur la mise en place d’un comité pays pour renforcer le dispositif national existant du réseau SEGA One Health.
MESDAMES ET MESSIEURS
- LA PERTINENCE DU RESEAU SEGA ONE HEALTH EXISTANT ET DU COMITE NATIONAL A METTRE EN PLACE
La pertinence de cette initiative conjointe en matière de santé régionale (la troisième phase réseau de Surveillance et d’investigation Epidémiologique (le RSIE 3) n’est plus à démontrer.Cette appréciation a été clairement et unanimement exprimée, par les ministres des Etats Membres lors de la réunion ministérielle tenue fin 2021 à La Réunion sous présidence française.
Jour après jour nous pouvons constater que les objectifs que nous nous sommes fixés sont en bonne voie de se réaliser, et notamment :
- L’amélioration de la surveillance épidémiologique, des systèmes d'alerte et de riposte et
- Le renforcement de la préparation stratégique et des mécanismes des plans de réponse en cas de pandémie comme celle de la Covid-19 ou d'autres à venir.
Le RSIE (Réseau de Surveillance et d’Investigation Epidémiologique) s'est aujourd'hui imposé comme un outil régional incontournable de surveillance et de riposte face aux risques de santé humaine (chikunguna, COVID-19, dengue, paludisme …) et animale (fièvre aphteuse…) au sein de l’Océan Indien.
Il est vrai que les restrictions sanitaires (surtout en termes de mouvement) ont parfois retardé la mise en œuvre de certaines initiatives. Cependant, nous nous réjouissons de constater, que le RSIE avec l’appui de la COI et des points focaux nationaux, a pu avec succès, mener à bien et à terme de nombreuses activités que ce soit en matière de dons d’équipement et de vaccins (à tous les Etats Membres, pour lutter contre la Covid-19), de développement des capacités (formation des frontaliers et des communautés de base dans la lutte contre la COVID-19) ou de stratégie (stratégie pour les Maladies Non Transmissibles).
Aujourd’hui, nous avons l’indicible honneur d’accueillir parmi nous le Ministre de l'Agriculture, Honorable Maneesh Gobin et sa délégation (les services vétérinaires) et j’aimerais à cette occasion souligner quelques 'unes des initiatives du réseau SEGA en faveur de la santé animale à Maurice. Je citerai par exemple :
- La surveillance électronique (voir ci-dessus)
- Le renforcement du laboratoire de santé animale (en termes d’équipements, de formation, d’accompagnement technique/expertise très rapprochée…)
- La réponse rapide à une alerte de grippe aviaire (envoi dans un laboratoire partenaire à l’extérieur qui n’a heureusement pas été confirmée),
- L’analyse de la performance des services vétérinaires avec à la clé un plan d’action couvrant l’ensemble des points critiques (rapport en cours),
- L’acquisition en cours d’une clinique mobile vétérinaire et …
- Enfin la formation FETP qui est en cours et qui est, selon mes informations, très appréciée par les vétérinaires.
Au vu des résultats obtenus à ce jour et des initiatives actuelles et futures, nous sommes donc confiants que tous les objectifs de cette troisième phase du RSIE, seront atteints et efficacement réalisés.
Nous sommes également convaincus que la mise en place de ce comité pays (qui sera au centre des débats de l’atelier que nous ouvrons ensemble ce matin) va encore davantage contribuer au succès de ce projet régional.
Mais nous pouvons et nous devons toujours chercher à faire plus et mieux afin que nos actions en matière de Santé aient toujours plus d’impact et contribuent encore davantage à améliorer les conditions sanitaires, sociales et économiques, ainsi qu' environnementales dans la région.
Je félicite donc le comité du pilotage du RSIE d’avoir recommandé la mise sur pied de cet atelier national One Health, ainsi que la COI et ses équipes pour son appui dans la mise en oeuvre de cette recommandation.
En effet, il est, je le dis et le répète, essentiel de développer une interaction entre les programmes régionaux et les politiques nationales dans le secteur.
C’est en agissant de manière concertée et cohérente sur le plan national et au plan régional que nous serons collectivement en mesure d’apporter une plus-value forte et durable au niveau de la santé pour le bénéfice de nos populations.
MESDAMES ET MESSIEURS
C’est donc avec grand intérêt que j’ai pris connaissance du contenu du programme de cet atelier One Health que nous ouvrons ce matin. Je constate que le programme est particulièrement ambitieux et aborde des problématiques sensibles qui font l'objet d'intenses débats nationaux comme internationaux; ainsi on parlera :
- Des zoonoses (y compris de la variole du singe, de la grippe aviaire, des maladies transmises par les chauve-souris et d'autres thèmes encore...)
- Mais aussi d’autres problématiques d’intérêt intersectoriel comme la résistance aux antibiotiques oules maladies climato-sensibles.
Je suis par ailleurs heureux de constater cette forte mobilisation des autorités nationales, notamment du Ministère de l’Agro-Industrie (Merci Honorable Ministre Gobin de votre présence parmi nous, preuve de votre engagement dans notre effort concerté pour l’amélioration de la situation sanitaire).
Je suis aussi particulièrement encouragé par la participation du secteur privé qui est partie prenante autour de cette grande et belle ambition de mettre sur pied une plateforme One Health à Maurice. Enintroduction, j’évoquais l’impact de la situation sanitaire (humaine et animale) sur la situation économique. Votre présence parmi nous aujourd’hui, témoigne de l’intérêt d’un travail concerté au sein de cette plateforme nationale One Health pour contribuer à relever les défis économiques liés aux conditions sanitaires.
- EN BREF NOTRE ACTION SUR LE PLAN BILATERAL ET AFRICAIN
J’aimerais enfin ajouter que la solidarité de l’Union européenne dans le domaine de la santé s’exprime aussi dans le cadre de notre coopération bilatérale et continentale avec l’Afrique.
Sur le plan bilatéral, l’Union européenne a accompagné les efforts des autorités malgaches, comoriennes, seychelloise et mauriciennes par des moyens budgétaires, des équipements de protection à travers la Croix Rouge ou un appui en termes d’assistance technique.
Sur le plan africain, l’Union européenne est et reste partisan d'un système multilatéral fort; à ce titre nous avons été avec nos EM (dont bien sûr la France) l’un des principaux contributeurs au mécanisme COVAX, l’initiative mondiale visant à assurer un accès équitable et juste à des vaccins contre la COVID-19. Ce mécanisme parfois décrié pour sa lenteur a cependant permis de destiner des millions de vaccins à plusieurs pays Africains.
Cette solidarité est également en train de prendre la forme d’une initiative d’envergure financée en partie par la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Il s’agit plus spécifiquement de soutenir plusieurs pays africains dans la mise sur pied de centres pharmaceutiques qui produiront notamment des réactifs pour des tests ainsi que bien sûr des vaccins contre ces maladies transmissibles.
- EN GUISE DE CONCLUSION
MESDAMES ET MESSIEURS
En guise de conclusion, je voudrais réaffirmer l’engagement de l’Union européenne et des Etats membres, dans l’esprit Team Europe, auprès des Etats membres de la COI dans leurs efforts pour améliorer la situation selon une approche intégrée One-Heath.
Je voudrais une fois encore remercier la COI et l’AFD et tous les partenaires concernés pour le travail entrepris l’année dernière, et ce malgré les conditions sanitaires parfois très contraignantes.
Je souhaite qu’à l’issue de cette journée de travail, vous arriviez à définir les modalités ainsi que les voies et moyens nécessaires pour concrétiser la mise sur pied de cette plateforme One Heath nationale.
Je vous remercie de votre attention et de votre engagement et vous souhaite de fructueuses discussions !