Cérémonie d’ouverture de l’atelier régional ‘Risque Vectoriel, Changement Climatique et Santé’

Allocution de l'Ambassadeur lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier régional ‘Risque Vectoriel, Changement Climatique et Santé’ organisé à Maurice au titre du programme régional Réseau de Surveillance et d’Investigation Epidémiologique (RSIE 3).

  • Prof. Vêlayoudom Marimoutou, Secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien,
  • M. André Pouilles-Duplaix, Directeur de l’Agence Française de Développement,
  • L’équipe de l’Unité de Veille Sanitaire du RSIE 3,
  • Mesdames et messieurs, les points focaux nationaux (PFN), les répondants ‘changement climatique et santé' et les répondants ‘risque vectoriel,’
  • Mesdames et messieurs, les représentants de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des services météos des États membres,
  • Mesdames et messieurs les représentants du CIRAD, de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM), de l’Institut de Recherche et de Développement (IRD) de Montpellier, de l’Université de la Réunion (ULR), de Météo France-Réunion, du Centre de Contrôle des Maladies (CDC) et de l’Initiative de la Présidence Malgache contre la Malaria (PMI)
  • Distingués invités,
  • Membres de la presse,
  • Mesdames et Messieurs.

EN GUISE D’INTRODUCTION

MESDAMES ET MESSIEURS

La santé est une priorité fondamentale de l’Union européenne, qui s'est accentuée encore avec la crise de la COVID; c'est donc l'un des secteurs clé sur lequel nous l'Union européenne, l'AFD et la  COI collaborons étroitement dans la zone de l'Océan indien.

 Je suis particulièrement heureux de participer ce matin, à la cérémonie d’ouverture de cet atelier régional portant sur le risque vectoriel, le changement climatique et la santé.

Depuis la fin de 2020, au niveau régional, cette priorité se concrétise grâce au Réseau de Surveillance et d’Investigation Epidémiologique (RSIE 3) que nous soutenons par la biais d’un accord à hauteur de EUR 9,350,000 signé avec l’Agence Française de Développement, en 2020 notre partenaire de longue date.  

La région de l’océan Indien étant particulièrement vulnérable au changement climatique, il est essentiel qu’elle soit bien préparée à faire face aux risques vectoriels et aux maladies climato-sensibles affectant la santé humaine et animale.

MESDAMES ET MESSIEURS

Le thème de cet atelier qui démarre aujourd’hui (risque vectoriel, le changement climatique et la santé) est donc tout à fait approprié et opportun et ce pour plusieurs raisons :

La première est que les répercussions du changement climatique sur les conditions sociales et environnementales (air pur, eau potable, nourriture en quantité suffisante, sécurité sur le plan logement) nécessaires à une bonne santé ne sont plus à démontrer.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prévoit qu’entre 2030 et 2050, le changement climatique, entraînera au niveau mondial, près de 250 000 décès supplémentaires par an, dus à la malnutrition, au paludisme, aux diarrhées et au stress provoqué par des incidents climatiques extrêmes, type canicules.

Vu que le paludisme et la malnutrition représentent toujours des défis dans plusieurs Etats Membres de la Commission de l’Océan Indien (COI), il est pertinent d'intervenir à travers des actions régionales concrètes pour améliorer à la fois la situation sanitaire (le RSIE +) et la sécurité alimentaire (le Programme sécurité alimentaire).

De manière plus générale dans notre plan d’action du Pacte vert pour l'Europe – qui vise la neutralité carbone en 2050, plusieurs objectifs en faveur de la santé humaine ont été définis pour 2030.

Permettez-moi d’attirer votre attention sur deux de ces objectifs. Il s’agit notamment de :

  1. L’amélioration de la qualité de l’air afin de réduire de 55 % le nombre de décès prématurés causés par la pollution atmosphérique;
  2. L’amélioration de la qualité de l’eau grâce à la réduction les déchets, des déchets plastiques en mer (de 50 %) et des micro plastiques libérés dans l’environnement (de 30 %).

MESDAMES ET MESSIEURS,

La seconde raison de la pertinence de cet atelier tient au fait que le changement climatique coûte cher à la santé avec des répercussions graves pour nos économies.

Le changement climatique menace ainsi de creuser encore davantage les inégalités sanitaires entre les populations et au sein de celles-ci.

Chaque jour, les médias nous montrent à quel point les manifestations du changement climatique fragilisent les personnes les plus démunies qui bénéficient rarement d’une assurance santé et sont souvent mal logées. L'OMS estime que les chocs et les stress sanitaires font déjà basculer quelques 100 millions de personnes dans la pauvreté chaque année; et l'accélération du dérèglement climatique ne fera qu’aggraver cette tendance…

Aussi je tiens à vous féliciter avec  le Programme RSIE 3 d'avoir  choisi d’intervenir :

  • 1 de manière intégrée dans le cadre du le concept One-Health,
  • 2 de manière globale, à plusieurs niveaux (communautaire, local et régional) et
  • 3 selon une approche pluridisciplinaire (dons de vaccins et d’équipement, développement de capacités, renforcement et mise en réseau des laboratoires, etc. …).

Nous sommes tous convaincus que cette approche est indispensable à l’atteinte des objectifs visés par notre initiative commune (UE, AFD et COI) et qui est soutenue et mise en œuvre par et avec tous nos partenaires et experts (Points focaux, pouvoirs publics, universités, OMS, CIRAD …) à travers toute la zone de l'OI.

Nous sommes confiants que cette approche intégrée et pluridisciplinaire permettra d’atteindre les cinq résultats escomptés de cet atelier de 4 jours qui démarre aujourd’hui, à savoir:

  1. L’amélioration des connaissances dans le domaine des maladies vectorielles et du climat,
  1. L’identification des indicateurs de suivi des malades/syndromes climato-sensibles,
  1. La proposition des plans d’action nationaux sur la surveillance entomologique.
  1. Le renforcement des compétences des participants pour l’évaluation de la résistance des moustiques Aedes aux insecticides et,
  1. La proposition des plans d’action nationaux pour contrer cette résistance des moustiques Aedes.

EN GUISE DE CONCLUSION

Mesdames et Messieurs, nous tous sommes bien conscients que le changement climatique est en train de mettre en péril les progrès réalisés au cours des cinquante dernières années en matière de développement, de santé mondiale et de réduction de la pauvreté.

Je voudrais donc réaffirmer ici l’engagement solidaire de l’Union européenne auprès des Etats membres de la COI dans leurs efforts pour relever tous ces défis sanitaires et climatiques.

Au final, j’aimerais :

  • Féliciter la COI et l’Unité de Veille Sanitaire du RSIE pour cette initiative
  •  Saluer l’Agence Française de Développement avec qui nous collaborons activement, dans un esprit Team Europe, dans le cadre du projet RSIE 3 et beaucoup d'autres encore.
  • Vous remercier tous et toutes pour votre participation que ce soit au niveau des différents ministères de la Santé, des services météorologiques,  de l’OMS, du CIRAD, du CDC/PMI, des Universités de la Réunion et de Grenoble ainsi que tous les autres acteurs présents à nos côtés aujourd'hui pour travailler ensemble à la réussite de cet ambitieux  projet de travail en réseau!

 Je vous remercie de votre attention, de votre engagement et je vous souhaite de bonnes délibérations.