Ouverture de l’atelier régional spécialisé du projet AIRCOP
Ouverture de l’atelier régional spécialisé du projet AIRCOP, visant la problématique du contrôle des passagers aériens bénéficiant d’une immunité diplomatique et des voyageurs VIP
Conçu en 2010 pour combattre initialement le trafic de drogue depuis l’Amérique latine vers l’Europe via les Caraïbes et l’Afrique, le Projet de communication aéroportuaire (AIRCOP) vise désormais à renforcer les capacités des aéroports internationaux à intervenir efficacement dans la lutte contre le narcotrafic et les autres trafics de marchandises illicites, les menaces liées au terrorisme, la traite des personnes et le trafic de migrants.
AIRCOP mise en particulier sur l’établissement, dans les 41 aéroports internationaux des 35 pays bénéficiaires, de Cellules Aéroportuaires Anti-Trafic performantes et outillées pour échanger en temps réel des informations opérationnelles sécurisées sur les trafics illicites. AIRCOP cible également la coordination entre les pays d'origine, de transit et de destination, afin d’affaiblir durablement les flux illicites transfrontaliers et démanteler les réseaux criminels.
Lors de l’exécution de leurs fonctions, les agents des Cellules Aéroportuaires Anti-Trafic sont parfois appelés à contrôler des voyageurs en possession d’un passeport diplomatique, ainsi que des passagers VIP. qui se déplacent en avion d’affaires. A ce titre, des interventions sont menées dans des zones réservées des aéroports, où ces passagers bénéficient d’un circuit et traitement privilégié au départ et à l’arrivée, consistant souvent dans un allègement des formalités de contrôle. Dans ces occasions, des faux passeports diplomatiques ont été de temps en temps identifiés et d’importantes sommes d’argent ou des métaux précieux saisis, dans un cadre qui peut être aggravé par des complicités internes au sein des aéroports. Cela a donné lieu à des soupçons de trafics illicites, sans toutefois pouvoir toujours procéder à une inspection du contenu du bagage des passagers concernés, en raison de leur statut.
Face à la sensibilité de ces interventions, l’atelier spécialisé qui se déroule à Lomé jusqu’au 26/05/2023 a pour objectif de fournir aux chefs et aux agents des Cellules Aéroportuaires Anti-Trafics du Togo, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Bissau, du Mali et du Sénégal, tous les outils et connaissances nécessaires pour effectuer des contrôles aéroportuaires légitimes et appropriés sur les hautes personnalités, dans le respect des règles internationales applicables. Il permettra également de renforcer la coopération régionale à travers des échanges d’expériences et le partage de bonnes pratiques, dans le but ultime de sécuriser davantage le transport aérien en Afrique de l’Ouest et de rehausser le dispositif de sécurité et de sûreté des aéroports concernés.
Financé par l’Union européenne, la France, les Pays Bas, ainsi que par plusieurs autres pays, AIRCOP est mis en œuvre par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, en partenariat avec l’Organisation mondiale des douanes et INTERPOL.