Page language:
Not specified

Remarques du Commissaire Várhelyi après sa rencontre avec la Première Ministre de la Tunisie Najla Bouden

Seul le texte prononcé fait foi!

Rencontre avec la cheffe du gouvernement, Najla Bouden, et les ministres des Affaires étrangères et de l'Economie.

Bonjour

Je suis ravi d’être ici en Tunisie aujourd’hui et aussi de l’occasion [qui m’est donnée] de rencontrer Madame la Première Ministre, la cheffe de Gouvernement. J’ai pu voir comment elle gère le gouvernement aujourd’hui puisque nous avons discuté de beaucoup de sujets. Et c’était vraiment une discussion qui m’a donné un aperçu de tous les problèmes de la Tunisie, tous les points focaux [cruciaux] pour la Tunisie et c’était une discussion pendant laquelle nous avons pu discuter de beaucoup de choses dans leur complexité.

Parce que je pense que ces temps-ci, nous avons des problèmes complexes. Nous avons eu le Covid, et l’on espérait que c’était le pire, et maintenant nous avons aussi une guerre en Europe, un guerre qui est cruelle, inhumaine et qui crée des crises partout dans le monde. Et une crise qui ne nous touche pas seulement nous les Européens, mais aussi cette région, la Tunisie incluse.

Et donc nous avons discuté de comment nous pouvons, non pas lancer notre coopération, mais la continuer et l’accélérer pour éviter une autre crise économique, sociale, ou même au niveau de la sécurité.

Et donc avec Madame la Première Ministre, nous avons discuté de comment nous pouvons aider la Tunisie à réussir les grandes réformes qui ont été lancées par ce gouvernement, et ce gouvernement est vraiment au fond des réformes les plus importantes.

Nous avons vu avec Madame la Première Ministre quelles sont les grandes tâches, comment les discussions avec le FMI avancent, comment nous pouvons aussi stabiliser le pays, au niveau des financements, mais aussi comment nous pouvons créer du travail, un future économique pour les Tunisiens, ici en Tunisie. Parce que c’est ça le point focal [crucial] je pense, même s’il n’y a pas de crises, même s’il y a la guerre, il faut créer un futur pour les gens. Et donc nous avons discuté un peu de ce que l’Europe pourrait amener pour y arriver.

Nous avons discuté du Plan économique et d’investissement, qui a été lancé il y a un an à peu près, pour toute la Méditerranée, y compris la Tunisie.

Parce que la Tunisie est un partenaire clé de l’Europe, vous avez vu cela pendant le Covid, vous avez vu cela avant et vous allez le voir maintenant.

Nous sommes prêts à contribuer à cette relance économique et sociale qui a été mise sur la table par le gouvernement, qui aborde des réformes qui sont « long overdue », comme ils disent. Parce que la Tunisie a un grand potentiel mais encore beaucoup de devoirs qui ont été mis sur la table par la Tunisie, pas par nous.

Ce n’est pas notre façon de faire de dire ce qu’il faut faire dans un pays partenaire, mais nous aimons écouter de notre partenaire où nous pouvons être utiles pour aider.

Et je pense que nous avons trouvé ces sujets, ces tâches : énergies renouvelables, la réforme de l’économie digitale, comment faire augmenter les possibilités d’échanges et par cela, comment changer la structure de l‘économie de la Tunisie, comment nous pouvons contribuer aussi à la réforme sociale, comment créer plus d’opportunités, par exemple pour les femmes, comment nous pouvons travailler ensemble pour la jeunesse de la Tunisie, comment créer « growth and jobs », la croissance et du travail pour les jeunes.

De notre côté, nous sommes prêts à mobiliser en totalité jusqu’à 4 milliards d’euros pour tous ces investissements.

Ce sont de grands projets, que nous avons trouvé ensemble. Ce n’est pas l’Europe qui dit ce qu’il faut faire dans la Méditerranée, c’est la Méditerranée qui travaille ensemble et c’est avec le gouvernement de la Tunisie que nous avons trouvé les grands projets qui vont changer la vie quotidienne pour la population de la Tunisie et qui vont ramener du travail pour tout le monde ici.

Bien sûr, pour cela, nous avons besoin d’un gouvernement qui est prêt à livrer [mener à bien] les réformes, on a besoin d’un gouvernement qui est capable de livrer [mener à bien] les projets concrets et j’ai confiance maintenant que j’ai rencontré Madame la Première Ministre qu’elle n’est pas seulement capable, mais qu’elle va mener à bien tout ce que dont on a discuté.

Donc je suis aussi ravi de voir que la Tunisie va participer de plus en plus à nos coopérations quotidiennes européennes, qui étaient avant réservées aux États membres, c’est à dire Erasmus +, Creative Europe, Horizon (2020) qui a été signé aujourd’hui et cela c’est une participation à la vie quotidienne avec laquelle l’Europe avance. Et donc, on va avancer ensemble avec la Tunisie. Parce que cela va donner l’opportunité aux jeunes de faire des études en Europe, et revenir et travailler pour la Tunisie et pour l’économie tunisienne, cela va créer l’opportunité pour les chercheurs Tunisiens de faire partie de notre espace de recherche scientifique en Europe, grâce à quoi ils pourront contribuer à l’économie tunisienne directement. À notre avis, c’est ça le mouvement en avant, les outils pour livrer des bénéfices directs, le plus vite possible pour le pays.

La Tunisie bénéficiera aussi bien sûr de l’investissement durable et en coopération avec nos partenaires financiers. C’est à dire que nous souhaiterions élever notre enjeu [participation] au niveau de la contribution directe dans l’économie et mobiliser l’EIB, l’EBRD, tous les partenaires qui travaillent avec nous ailleurs et ici aussi en Tunisie pour avoir un impact beaucoup plus important au niveau de l’économie directe et aider à créer du travail, aider à la connectivité, à améliorer les infrastructures, et donc à donner un futur pour les jeunes.

Bien sûr nous avons aussi discuté de la guerre en Europe, une guerre qui met en danger la sécurité européenne et a aussi un impact social, économique et au niveau de la sécurité ici.

Nous avons discuté avec Madame la Première Ministre par exemple de l’impact direct sur l’accès aux produits alimentaires de base, c’est à dire l’huile, la farine, les céréales et nous savons les difficultés auxquelles la Tunisie fait face à cause de l’augmentation des prix mais aussi de la rupture des stocks de tous ce produits au niveau mondial. Et donc l’Europe voudrait aider la Tunisie en mobilisant une aide financière pour atténuer un peu cette différence au niveau de l’augmentation des prix et donc nous mobiliserons 200 million d’euros pour toute la région Maghreb, Machrek, et pour la Tunisie, nous aimerions allouer avec des critères différents mais justes pour toute la région, jusqu’à 20 million d’euros de plus pour réussir à mettre du pain sur la table, parce que sans le pain il n’y a pas de vie.

C’est notre responsabilité aussi, nous pensons que nous sommes obligés de vous aider à cet égard. Et nous voyons aussi la difficulté financière en ce moment en Tunisie et j’ai rassuré Madame la Première Ministre que nous sommes là pour aider. 

Vous avez pu voir déjà la signature de nos projets environnementaux d’une valeur de 51 millions d’euros et nous sommes prêts aussi à mobiliser encore 150 millions d’euros d’ici à la fin avril comme soutien budgétaire direct à la Tunisie.

Là je pense que nous sommes presque prêts à le faire complètement, les conditions sont mises et aussi nous avons discuté de comment nous pouvons faire avancer le décaissement de la deuxième tranche de l’assistance macro-financière de 300 millions d’euro d’ici à la fin avril. Donc je pense que nous n’avons pas seulement discuté du futur, mais nous sommes arrivés aussi à résoudre un peu le présent. 

Et c’est pour cela que je suis vraiment ravi d’être ici et d’avoir reçu de bonne nouvelles de la part de la Première Ministre, que les choses bougent en Tunisie et qu’elles bougent en avant. 

Merci.