Déclaration de l'UE – Commission de consolidation de la paix des Nations unies : configuration République centrafricaine
Eléments de langage
Nous saluons l'engagement continu de la Commission de Consolidation de la Paix dans le processus de réconciliation et de paix en RCA. Dans la situation actuelle, un effort soutenu d’apaisement entre les acteurs politiques et les institutions protégées par la Constitution est nécessaire pour permettre un environnement propice aux processus de paix et de démocratisation dans le pays.
Nous saluons les efforts en cours, sous l’impulsion notamment de la Représentante Spéciale du Secrétaire général et du Premier Ministre, pour mutualiser et opérationnaliser la mise en œuvre de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en RCA (APPR) et la Feuille de Route de Luanda – à travers les 6 piliers identifiés-engagement des groupes armés dans le processus de paix, cessez-le-feu, DDR, RSS, contrôle des frontières, processus politique. Mais nous souhaitons aussi rappeler ici la nécessité d’un consensus national pour la réussite de ces efforts.
L’UE reste engagée avec les partenaires internationaux et régionaux pour la stabilité en RCA. Elle a actuellement la responsabilité et l’honneur de co-présider avec le Premier Ministre le RCPCA qui représente l’architecture de mobilisation de ressources pour une population en besoin. Il est temps que cette architecture se transforme et mette l’accent sur la décentralisation, avec une approche intégrée ciblée sur les territoires et les populations le plus dans le besoin. Les comités sectoriels établis dans le cadre du RCPCA doivent focaliser leurs ressources en priorisant la securité alimentaire et le développement humain, en mettant les intérêts de la population doivent être au centre.
Toujours dans le cadre des comités de coordination sectoriels du RCPCA, nous saluons les initiatives prises dans certains secteurs, et en particulier celui du genre et de la protection de la femme, de la famille et de l’enfant au travers de la mise à jour de la politique nationale sur l’égalité de genre et la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), ainsi que l’initiative prise par le Chef de l’Etat de mettre en place le comité stratégique de lutte contre les violences sexuelles liées au conflit.
Il est important de restaurer durablement la confiance avec les partenaires internationaux, indispensable à la poursuite de leur engagement, au travers de résultats concrets concernant la redynamisation du processus de paix et de la mise en œuvre concrète du processus de Luanda d’une part, et, d’autre part la poursuite de mesures qui contribuant réellement à une stabilisation et réconciliation nationales.
Dans ce contexte, la lutte contre l’impunité et la recherche d’un environnement politique apaisé, avec un respect absolu pour les mandats et statuts des institutions nationales, restent cruciales. Le premier verdict hier de la Cour Pénale Spéciale à l’égard des exactions commises par des membres du groupe armé 3R représente une avancée importante.
L’UE de son côté continue d’apporter un appui mutidimensionel aux activités de consolidation de la paix, d’amélioration de gouvernance et au développement démocratique de la RCA, en priorisant les secteurs où l’impact et la durabilité des actions financées pour la population centrafricaine est démontré. Un montant total indicatif de 172 millions d’euros a été alloué à la RCA pour la période 2021-2024, comme souligné lors du dialogue politique entre l’UE et la RCA le 5 octobre dernier. D’autres actions spécifiques en faveur du processus de paix, avec un accent particulier sur les questions de médiations locale et de la transhumance transfrontalière, sont développées par l’UE, en coopération avec nos partenaires. Cela a notamment abouti à un résultat concret ; la signature d’un accord entre 2 préfectures de RCA et une du Tchad sur les couloirs de transhumance, moteur de conflits en RCA.
Pour conclure, nous tenons à réitérer nos préoccupations et nos attentes déjà exprimées à de nombreuses reprises aux autorités centrafricaines quant à la présence et le comportement de forces étrangères non conventionnelles, à la désinformation et au discours de haine, incitant directement à la violence, y compris contre la présence européenne.
Au-delà de cela, la République centrafricaine reste un pays extrêmement fragile confronté à une crise humanitaire aiguë. Notre engagement à soutenir la population, et toute activité destinée à renforcer l’état de droit, reste ferme. Dans ce contexte, l’ensemble de la communauté internationale doit rester mobilisée et unie et continuer à apporter une réponse urgente et appropriée aux besoins humanitaires pressants du pays et de sa population.