Intervention de l’ambassadeur UE à New York: Peacebuilding Commission Ambassadorial-level meeting on Burkina Faso

15 juillet 2022, New York - Intervention de l’ambassadeur UE à New York: Peacebuilding Commission Ambassadorial-level meeting on Burkina Faso

Je vous remercie pour cette opportunité qui m’est donnée d’évoquer dans cette enceinte le Burkina Faso.

 

Comme tous les partenaires du Burkina Faso, l’Union européenne est particulièrement inquiète de la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire.

 

Depuis plusieurs mois, et comme vous le savez, les attaques des groupes armés terroristes sont quasi quotidiennes, faisant de nombreuses victimes parmi les civils et parmi les forces de défense et de sécurité, provoquant également un flux incessant de déplacés internes.

 

La barre des deux millions de déplacés internes a très certainement été franchie, ce qui est considérable, certainement pour un pays d’un peu plus de 20 millions d’habitants.

 

Dans ce contexte, l’accord conclu entre la CEDEAO et le Burkina Faso le 3 juillet dernier est capital.

 

Pour l’Union européenne, c’était un préalable à une relance de notre coopération bilatérale.

 

Il est ici important de saluer l’attitude constructive des autorités burkinabè qui sont restées cohérentes dans leur discours et ouvertes au dialogue durant toute la durée de ces négociations avec la CEDEAO. Cela témoigne de leur franchise mais aussi de leur détermination à sortir le pays de cette situation qui semble inextricable.

 

Est-ce à dire qu’à présent les choses vont être beaucoup plus simples ? Nous en doutons fort, ne serait-ce que parce que les groupes armés terroristes qui agissent au Burkina Faso paraissent aujourd’hui de mieux en mieux équipés et en capacité d’organiser des attaques complexes, avec un nombre assez conséquent d’hommes.

 

Dans cette situation, il nous parait indispensable de renforcer nos coopérations en matière de sécurité et de défense.

 

Du côté de l’Union européenne, plusieurs projets dans ce domaine ont déjà été financés et vont continuer à l’être. Nous avons également régionalisé la mission EUTM Mali pour que les forces armées burkinabè puissent aussi bénéficier de formations utiles.

 

Avec l’accord de nos Etats membres, il est possible d’envisager beaucoup plus. Cela dépendra avant tout du bon déroulement du processus de Transition et du suivi de l’accord conclu avec la CEDEAO, avec en ligne de mire des élections nationales dans 24 mois.

 

Dans le même temps, il nous semble également que la décision prise par le gouvernement burkinabè de tendre la main aux jeunes Burkinabè qui se sont laissés embrigader dans ces groupes armés, est une bonne option. Je pense ici aux « comités locaux de dialogue pour la paix » qui ont récemment été mis en place et qui je l’espère donneront des résultats probants.

 

Sur le très court terme, nous pensons que l’effort doit être, avant tout, mis sur l’aide humanitaire. Pour 2022, l’UE a relevé son budget d’aide humanitaire de 23 à 35,5 MEUR. Mais ce n’est assurément pas assez pour venir en aide à toutes les personnes dans le besoin.

 

Je me permets ici de soutenir la demande des autorités burkinabè pour un plus grand soutien dans ce domaine.

 

Sur le plus long terme, l’une des clés pour enrayer durablement la menace terroriste est une augmentation significative des services sociaux assurés, directement ou indirectement, par l’Etat burkinabè. Depuis plusieurs années, l’UE accompagne le Burkina Faso dans des domaines tels que l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement et nous continuerons de le faire pour que in fine, ce soutien porte ses fruits.  

 

Enfin, je souhaiterais terminer mon intervention en indiquant que le Burkina Faso ne parviendra à endiguer la menace terroriste qu’avec le soutien de ses voisins immédiats et que la coopération régionale est capitale, que ce soit dans le cadre du G5 Sahel ou dans celui de l’Initiative d’Accra.

 

Je vous remercie de votre attention.