Intervention Président Charles Michel à l'UNGASS Covid-19

03.12.2020

3 December 2020, New York - Statement by the President of the Council of the European Union, Charles Michel, at the Special Session of the General Assembly in Response to the Coronavirus Disease (COVID-19) Pandemic

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Excellences

Mesdames et Messieurs,

Tout d'abord, merci au Président de l’Assemblée générale Volkan Bozkır et au secrétaire général Antonio Guterres pour avoir convoqué ce sommet extraordinaire sur la Covid-19. Les Nations unies doivent être le lieu du rassemblement de toutes les forces positives. C'est donc le lieu par excellence où nous devons, tous ensemble, tirer les leçons de cette épreuve et dessiner les plans pour nous en sortir plus solide à l'avenir.

Je vais être très pragmatique ici, et vous lancer une proposition concrète.

Le nombre des épidémies s'est multiplié ces dernières décennies. Nous savions que le monde n'était pas à l'abri d'une grande pandémie. Cependant, nous avons été pris au dépourvu. Il y a donc une forme d'échec, et il faudra en tirer les conséquences et les leçons.

Mais il y a aussi un gigantesque succès: des vaccins développés en moins d'un an, alors qu'il en faut généralement dix. La clé de cette réussite? Une coopération et une mobilisation mondiale sans précédent où se sont associés la communauté scientifique et les entreprises, auxquelles les autorités publiques ont apporté leur soutien et les financements nécessaires. L'Union européenne a été à l'avant-poste de cette mobilisation. Nous avons organisé au printemps dernier la levée de fonds marathon qui a permis de mobiliser près de 16 milliards d'euros de fonds publics, mais aussi privés, pour la recherche de produits de diagnostic, de traitements et vaccins universellement accessibles. L'Union européenne participe à la facilité COVAX. Nous entendons aussi prendre notre part de responsabilité en faveur d'une distribution équitable des vaccins, par des dons d'une partie des doses achetées par nos États membres.

Le succès en matière de vaccins est le résultat de la mobilisation et de la solidarité internationale. Face aux futures pandémies, il faut maintenant pérenniser cette approche, en structurant notre capacité collective à anticiper, préparer et gérer ce type de crises.

Je propose que nous le fassions par la voie d'un traité international sur les pandémies.

Pareil traité devrait s'inscrire dans le cadre de l'Organisation mondiale de la Santé, qui est la pierre angulaire de la coopération internationale contre les pandémies: il viendrait en compléter et renforcer l'action. Les autres organisations et agences internationales concernées devraient aussi être impliquées.

Quel objectif devrait poursuivre ce traité? L'objectif, c'est de faire mieux. Et de faire mieux dans tous les domaines où nous avons constaté que nous avons intérêt à renforcer la coopération. J'en évoquerai ici quelques-uns.

Mieux surveiller les risques. Nous devons développer nos connaissances et la surveillance de l'apparition de maladies infectieuses animales, dont la transmission à l'homme constitue le risque épidémiologique majeur.

Mieux financer et coordonner la recherche. On a vu combien la rapidité de la mobilisation financière a été cruciale pour raccourcir les délais de mise au point de vaccins. L'expérience de l'Accélérateur-ACT doit nous servir de modèle pour la mise en place d'une capacité de réaction scientifique et industrielle rapide.

Mieux alerter et partager l'information. Soyons honnêtes: la pandémie de Covid-19 a cruellement montré que nous avons des progrès à faire en matière d'alertes aux risques sanitaires. Il convient peut-être d'élaborer une échelle plus étendue de niveaux d'alertes. Cela permettrait d'en relever la transparence. Plus largement, c'est aussi la base indispensable pour assurer une communication efficace.

Améliorer l'accès aux soins. Je l'ai dit il y a un instant, le principe de l'accès universel aux nouveaux vaccins anti-Covid-19 est fondamental. Il faut viser à garantir l'accès aux vaccins, soins et tests pour les pandémies futures. Ceci mérite d'être confirmé par un traité.

Améliorer la résilience. Les systèmes de soins de santé de pays riches ont été mis à rude épreuve. Alors que dire des pays où ces systèmes sont fragiles… Leur renforcement constitue un enjeu mondial en cas de pandémie, et il devrait être adressé. Il convient aussi de réfléchir à la sécurisation des chaînes d'approvisionnement des produits et équipements médicaux. C'est un enjeu de santé global, mais qui relève du fonctionnement du commerce international.

Voilà, Excellences, Mesdames et Messieurs, quelques idées qui pourraient servir de pistes pour la négociation de ce traité international sur les pandémies. Je vous lance cet appel. Mobilisons-nous. Rassemblons nos expériences. Tirons les leçons. Prenons les bonnes décisions. Pour un monde et une humanité plus justes et plus robustes.

Je vous remercie.

Video ici: https://newsroom.consilium.europa.eu/embed/222794