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Conseil des affaires étrangères: déclaration à la presse du haut représentant/vice-président Josep Borrel lors de son arrivée

25.02.2022

Seul le texte prononcé fait foi!

Q: La ministre allemande des affaires étrangères [Annalena Baerbock] a déclaré aujourd’hui que [le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï] Lavrov et [le président russe, Vladimir] Poutine seraient sur la liste.

Qui a dit ça?

Q: La ministre allemande des affaires étrangères.

La ministre allemande des affaires étrangères a dit ça? Cela signifie qu’elle y sera favorable.

Q: Qu’avez-vous décidé?

La décision sera prise par le Conseil [des affaires étrangères] dans quelques instants. Il s’agit d’un acte juridique que le Conseil [des affaires étrangères] adoptera au terme d’une longue discussion. Le Conseil de l’Union européenne en a discuté hier. Et comme aucun consensus clair n’a pu être dégagé, le Conseil [des affaires étrangères] et moi-même avons été chargés de trouver une solution. Nous n’avons pas ménagé nos efforts et j’espère que nous pourrons parvenir à un accord. Sauf surprise, si personne n’émet d’objection et si l’unanimité l’emporte, alors, oui, certainement.

Q: Y êtes-vous favorable?

À titre personnel, j’y suis très favorable. Mais ce n’est pas mon avis qui compte mais celui du Conseil [des affaires étrangères]. Et par Conseil, j’entends le Conseil [des affaires étrangères] que je préside, pas le Conseil de l’Union européenne, qui a déjà débattu de la question et renvoyé la balle aux ministres pour qu’ils trouvent un accord. J’y ai travaillé. Et je pense que sauf surprise et si personne n’émet d’objection – car nous avons besoin de l’unanimité – alors, oui, Poutine et Lavrov seront sur la liste.

Q: Pensez-vous que cela va les impressionner?

Ce n’est pas mon problème.

Q: Pensez-vous que cela sera suffisant?

Non, certainement pas, ce n’est pas suffisant. Nous devons continuer d’observer ce qui se passe et nous continuerons d’élaborer des sanctions, si nécessaire, en fonction du comportement de la Russie. 

Soyons sérieux. Nous sommes face à l’invasion pure et simple d’un pays par un autre. Il ne s’agit pas d’une opération des forces spéciales, comme voudrait nous le faire croire la Russie. Il s’agit d’une véritable invasion avec ses bombardements, le meurtre de civils et des affrontements entre deux armées. Nous n’avons rien connu de tel en Europe depuis la fin de la guerre froide. Et nul ne sait ce qui se passera ensuite. Nul ne connaît les véritables intentions de Poutine. Concentrons-nous sur ce problème. L’Union européenne déploie l’ensemble de ses capacités au travers d’un train de sanctions fortes qui incluront pour la première fois, je l’espère, des personnalités de ce rang.

Q: [inaudible] Pourquoi ne pas répondre à la Russie avec les mêmes armes que celles employées pour envahir l’Ukraine et ainsi défendre le peuple ukrainien et opposer à Poutine une solution militaire?

L’Union européenne n’est pas une union militaire. Vous ne le saviez pas?

Q: Quelle fenêtre de négociations voyez-vous? Zelensky a demandé à rencontrer Poutine.

Je me suis entretenu avec le ministre chinois [Wang Yi] ce matin. Je lui ai demandé d’exercer son influence. Je sais que le président [russe, Vladimir] Poutine a parlé au président [chinois] Xi [Jinping]. J’ai demandé à la Chine d’exercer son influence afin de faire respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les pays, y compris de l’Ukraine. Comme l’a dit le ministre chinois l’autre jour à Munich, ce fut une conversation très constructive avec mon bon ami, le ministre chinois. 

Ce soir, un vote est organisé au Conseil de sécurité [des Nations unies] sur la résolution déposée par la France et condamnant l’agression russe. Bien sûr, la Russie mettra son veto, mais cette résolution ira ensuite devant l’Assemblée générale [des Nations unies] et il est très important de connaître la position de la communauté internationale sur ce sujet. Parce qu’il ne s’agit pas uniquement de nous, de l’Europe ou des États-Unis. C’est le monde entier qui est touché par le fait qu’un pays puissant envahit militairement un voisin qui ne lui a rien fait. C’est extrêmement grave.

Permettez-moi d’insister là-dessus, s’il vous plaît. Concentrons-nous sur l’élément essentiel. Pour la paix et la sécurité dans le monde, c’est extrêmement grave. Et par son comportement, la Russie mettra en péril la paix, la stabilité et la sécurité, chez nous en Europe mais aussi dans le reste du monde. Nous devons condamner de tels agissements. Et avec mes collègues ministres [des affaires étrangères], nous allons entreprendre des démarches diplomatiques partout dans le monde pour constituer une majorité qui votera contre la Russie à l’Assemblée générale [des Nations unies] afin de condamner Moscou.

Si les Nations unies ne condamnent pas la Russie, alors c’est la loi de la jungle. C’est la loi du plus fort. Le pays qui est le plus puissant envahit les autres en recourant à la force brutale. Si les Nations unies ne condamnent pas le comportement russe, c’est tout le système international qui est remis en question. Voilà le véritable problème. 

Merci. 

Lien vers la vidéo: https://audiovisual.ec.europa.eu/fr/video/I-219315

 

Peter Stano
Lead Spokesperson for Foreign Affairs and Security Policy
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Paloma Hall Caballero
Press Officer for Foreign Affairs and Security Policy
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