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Russie/Ukraine: Intervention du haut représentant, M. Josep Borrell, lors de son arrivée au Conseil européen extraordinaire

24.02.2022

Seul le texte prononcé fait foi!

La journée a été longue. Nous avons commencé à 4 h 45 du matin, au moment où nous avons appris que la Russie avait commencé à bombarder plusieurs villes et plusieurs infrastructures militaires de l’armée ukrainienne. Ainsi, depuis 5 h du matin, nous prenons contact avec le monde entier afin de mettre en place un front diplomatique contre l’agression de la Russie et de réunir une large majorité à l’Assemblée générale des Nations unies pour condamner la Russie.

Nous le savons, la Russie mettra son veto au Conseil de sécurité [des Nations unies], mais la condamnation devra ensuite être votée par l’Assemblée générale [des Nations unies], et j’ai noué des contacts avec de nombreux pays du monde entier, forgeant ainsi une alliance de personnes qui entendent protéger la souveraineté des nations, la liberté des peuples et l’intégrité territoriale à l’intérieur des frontières internationalement reconnues. Voilà ce qui a été entrepris du côté de l’action diplomatique. Une action diplomatique qui reste un outil important pour faire face à la Russie.

Ensuite, nous avons élaboré des sanctions qui ont été approuvées, peu ou prou, par le Comité des représentants permanents (Coreper), les États membres et qui doivent désormais être décidées par les dirigeants. Et demain, elles seront formellement adoptées par le Conseil des affaires étrangères sur la base de ma proposition, car, comme vous le savez, les sanctions relèvent de la compétence du Conseil.

Questions-réponses

Q. Jusqu’où allez-vous aller avec ces nouvelles sanctions? Est-ce que SWIFT en fera partie?

Je ne peux pas entrer dans les détails. Je ne peux pas vous dire qui y figurera et qui n’y figurera pas. Il y aura également des Biélorusses parmi les nouvelles personnes sanctionnées. Nous avons défini un paquet de sanctions complexe frappant les secteurs de l’économie, des technologies, des transports et de l’innovation. Davantage de sanctions dans le secteur financier, davantage de personnes ajoutées à la liste des sanctions. Il s’agit d’un paquet très important, mais je ne peux pas énumérer les détails secteur par secteur.

Q. Le Président ukrainien vous demande de déconnecter la Russie du réseau financier SWIFT, est-ce que cette sanction est sur la table?

Cette décision appartiendra aux chefs d’État ou de gouvernement.

Q. Est-ce que les sanctions permettent déjà de sauver des Ukrainiens?

Certainement pas, comment voulez-vous que des sanctions qui n’ont même pas encore été approuvées aient des effets? Soyons sérieux! Les sanctions n’ont pas encore été approuvées. Comment peuvent-elles avoir des effets?

Q. Je constate que vous avez vos deux téléphones avec vous. Qui appelez-vous?

La liste est longue. Plus de 20 pays. L’Union africaine, [des pays] d’Amérique latine, d’Asie du Sud-Est, l’Inde, le Japon,… beaucoup.

Q. Pensez-vous qu’une solution diplomatique est toujours possible?

Une solution diplomatique est pour l’instant totalement dépassée. Est-ce que vous vous rendez compte de ce qui se passe? Une puissance nucléaire, un pays qui possède l’arme nucléaire, lance en ce moment même une attaque brutale contre son voisin, une attaque injustifiée et brutale contre son voisin, et menace quiconque voudrait venir en aide à l’Ukraine, en agitant le spectre nucléaire. Saisissez-vous la gravité de cette situation?

Q. Est-ce que vous craignez une extension de la guerre, comme l’a laissé entendre le chancelier allemand [Olaf Scholz] à d’autres pays européens?

Rien n’est à exclure avec Poutine, mais, pour le moment, nous avons assez de travail avec ce qui se passe en Ukraine. Il est certain que nous allons mettre un paquet de mesures fortes sur la table, et il appartient aux États membres, aux chefs d’État ou de gouvernement de prendre une décision, et il m’appartient demain d’aller au Conseil pour convaincre mes collègues ministres [des affaires étrangères] de voter à l’unanimité. Et puis, les sanctions commenceront à produire leurs effets dès qu’elles auront été mises en œuvre.

Lien vers la vidéo: https://audiovisual.ec.europa.eu/fr/video/I-219200

Peter Stano
Lead Spokesperson for Foreign Affairs and Security Policy
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Paloma Hall Caballero
Press Officer for Foreign Affairs and Security Policy
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