Pourquoi le lancement d’un prix Genre régional au Sahel peut faire la différence pour la sécurité et la défense

08.04.2022

Encourager la participation des femmes dans les secteurs de la sécurité et de la défense, déconstruire les stéréotypes sexistes, accroître l’efficacité de la réponse au terrorisme et à l’extrémisme violent, et, en fin de compte, la promotion de la cohésion sociale et de la paix dans la région du Sahel fait partie des fondements de l’institution du « Prix régional du genre du G5 Sahel » dans les domaines de la sécurité et de la défense.

Le lancement officiel de la première édition du prix a eu lieu lors d’un atelier organisé par le Secrétariat exécutif du G5 Sahel et le Système des Nations Unies (UNOWAS, UNOUFEMMES, OHCHR, ONU-Volontaires) à Nouakchott, en Mauritanie (où le G5 Sahel a son siège).

La réunion comprenait des discussions sur la validation de la méthodologie et du processus de mise en œuvre du prix. Il a réuni un total de 40 participants (25 femmes), y compris des représentants du Secrétariat exécutif du G5 Sahel, de la Plateforme des femmes du G5 Sahel (régionale et nationale), des Comités nationaux de coordination (CCN) des actions du G5 Sahel, des ministères en charge de la défense, la sécurité et la justice des pays du G5 Sahel et du Système des Nations Unies (ONUDC, UNOWAS, HCDH, ONU-Volontaires).

La Cellule Régionale de Conseil et de Coordination de l’UE pour le Sahel (RACC) soutient ce plan d’action en le faisant connaître à d’autres partenaires, en participant à des ateliers nationaux et régionaux connexes (soulever les questions de genre dans ces ateliers) et en assurant la participation des femmes à la formation régionale soutenue par la RACC. Les experts militaires et de sécurité intérieure de la RACC aident les délégations de l’UE à promouvoir la participation des femmes dans les forces nationales à travers des projets.

La participation des femmes est cruciale pour relever correctement et efficacement les défis de sécurité au Sahel, mais en raison des inégalités, les femmes au Sahel sont touchées de façon disproportionnée par l’insécurité et le changement climatique. Les pays du G5 montrent des disparités entre les sexes en matière d’éducation, de santé (y compris des problèmes spécifiques de santé des femmes tels que la violence sexiste), d’accès aux opportunités et de participation au parlement et aux forces.

Pour donner un aperçu de la situation, nous faisons référence à l’évaluation de l’état d’avancement de l’égalité entre les sexes faite par la Banque africaine de développement (BAD), qui produit l’Indice africain de l’égalité entre les sexes.

Cela mesure trois dimensions : économique, sociale, représentation et autonomisation. la région du Sahel présente la situation la plus aiguë en termes d’inégalités sur ces trois dimensions (32,4% pour l’ensemble des 5 pays du G5 Sahel). Il en résulte un écart entre les sexes de 67,6 % pour ces trois dimensions.

En moyenne, les femmes ne représentent que 8 à 10 % des forces de police dans les pays du Sahel, à l’exception du Mali (17 %). En 2019, selon le PNUD, les femmes au parlement étaient les suivantes : 9,5% au Mali, 13,4% au Burkina Faso, 14,9% au Tchad, 17,0% au Niger et 20,3% en Mauritanie. Les taux de mortalité maternelle varient entre 320/100 000 naissances vivantes au Burkina Faso et 1 140 au Tchad. Les taux de MGF sont très élevés dans tous les pays (89 % pour les femmes de 15 à 49 ans au Mali), à l’exception du Niger (2 %).

Le lancement du Prix régional du genre au Sahel s’inscrit dans le cadre du Plan d’action pour renforcer la présence des femmes dans les structures de défense et de sécurité du G5 Sahel. Ce plan d’action est une priorité de genre du G5S et est soutenu par un large éventail d’organisations telles que l’ONU et l’UE (à la fois par les missions de la PSDC et les délégations).