Dialogue de partenariat Gabon-Union européenne : Discours de S.E.Mme Cécile ABADIE, Ambassadrice de l'UE au Gabon

 

Monsieur le Vice-président du gouvernement,

Mesdames et messieurs les membres du gouvernement,

Très chers collègues ambassadeurs de l’Equipe Europe,

Je voudrais tout d’abord remercier le gouvernement gabonais pour cet accueil chaleureux et cette forte mobilisation qui laisse augurer d’un dialogue très riche. Je me réjouis également de la participation de plusieurs ambassadeurs non-résidents aux cotés des visages que vous connaissez, ce qui démontre l’intérêt que nous portons à ce rendez-vous très attendu par l’Union européenne.

Depuis notre dernier dialogue en octobre 2024, plusieurs échanges de haut niveau se sont tenus, avec la visite du Président de la République à Bruxelles en novembre 2024 et sa participation au Sommet Union européenne-Union africaine de novembre 2025. Et c’est véritablement dans le cadre de ce partenariat entre nos deux continents que se tient cette rencontre. D’autres sommets se sont tenus cette année, organisés par des Etats membres de l’Union européenne, auxquels le Chef de l’Etat a également participé.

L’ambition que nous portons, au niveau collectif comme au niveau bilatéral, est bien celle d’un partenariat renouvelé avec l’Afrique. Nous avons des acquis, des réalisations, mais le monde d’aujourd’hui est marqué par des relations plus transactionnelles, des concurrences parfois agressives ce qui suscite le besoin, chez vous, comme chez nous, de disposer d’une autonomie stratégique. Il nous faut donc adapter nos outils de coopération à ce contexte.

Le partenariat que l’Union européenne propose est bien ancré dans le multilatéralisme et il poursuit l’objectif d’un agenda économique coconstruit, dans lequel notre offre de coopération a un rôle de catalyseur des investissements. Dans le cadre de notre partenariat, nous travaillons sur base de nos intérêts mutuels, mais sans pour autant renoncer à l’esprit de solidarité, et en portant des valeurs de paix, de sécurité, de respect de la bonne gouvernance et des droits humains qui font partie des priorités stratégiques de l’accord de Samoa. 

Lors de notre précédent dialogue, le Gabon était en transition politique, la séquence électorale n’avait pas encore débuté et le texte même de la Constitution n’était pas encore dévoilé. Tant de choses se sont passées ! Nous sommes encore au début du mandat présidentiel et nous pouvons nous projeter ensemble dans la durée. Ce dialogue est donc une opportunité d’assurer une compréhension mutuelle, de tracer une feuille de route avec des objectifs communs, et peut-être aussi de dynamiser notre manière de travailler. Nous sommes preneurs d’échanges fluides, de concertation, d’analyse objective des sujets d’intérêt, de données chiffrées pour que nous ayons la même compréhension de la situation actuelle, des objectifs que nous nous donnons et des moyens d’y parvenir.

Ce dialogue est aussi un moment privilégié pour échanger sur le monde qui nous entoure, un monde qui ne se porte pas mieux, bien au contraire. Lors de l’inauguration de ce lieu qui nous accueille aujourd’hui, le Gabon avait affirmé sa volonté d’un rôle international actif et le Gabon et l’UE partagent un même attachement au multilatéralisme. Ce dialogue vise donc aussi à des regards croisés et une concertation sur certains sujets régionaux ou multilatéraux.   

Lors de notre précédent dialogue, nous appelions déjà à une paix juste et durable en Ukraine, elle n’est pas encore à portée de main ; nous étions alarmés par la situation à Gaza et le conflit au Moyen-Orient s’est désormais étendu à l’Iran avec les conséquences mondiales que nous connaissons ;  les enjeux de paix et sécurité en Afrique sont une préoccupation commune du Gabon, qui est membre du conseil paix et sécurité de l’Union africaine, et de l’Union européenne, qui soutient de nombreuses missions de maintien de la paix sur le continent. 

En 2024, il avait été affirmé par la partie gabonaise qu’il s’agissait non pas d’un dialogue SUR le Gabon mais véritablement d’un dialogue AVEC le Gabon. Et cela reste tout à fait juste.

Je termine avec 2 points de méthode : 

  • Mes collègues ambassadeurs interviendront sur différents sujets, j’en couvrirai d’autres, mais chacun d’entre nous portera des messages dans lesquels nous nous reconnaissons collectivement. 

  • Concernant le suivi, nous suggérons d’envisager un suivi opérationnel conjoint sur les sujets conjointement identifiés comme prioritaires. 

Encore une fois, veuillez recevoir tous nos remerciements et sachez que nous sommes impatients d’engager les discussions !

 

Je vous remercie.