Discours de M. Nicolas Kasprzyk, Chef de Délégation-adjoint Délégation de l’Union européenne au Gabon, pour Sao Tomé-et-Principe et la CEEAC. À l’occasion de l’ouverture de l’Atelier national de renforcement des capacités sur la lutte contre les réseaux

Votre Excellence M. le Ministre des Eaux et Forêts, chargé du Conflit Homme-Faune, 

Monsieur le Directeur Général des Douanes et Droits Indirects, 

Madame et Messieurs les Officiers généraux,

Mesdames et Messieurs les Officiers supérieurs,

Mesdames et Messieurs les représentants des administrations compétentes, de la Justice, des Douanes, des Eaux et Forêts, de la Police et Gendarmerie, ainsi que de l’Agence Nationale d'Investigation Financière,

Monsieur le représentant de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime et coordonnateur régional du projet Guard Wildlife,

Mesdames et Messieurs les experts,

Mesdames et Messieurs en vos rangs, grades et qualités,

Distingués participants,

C’est un honneur pour moi de prendre la parole à l’ouverture de cet atelier national de renforcement des capacités consacré à la lutte contre les réseaux d’exportation illégale de bois et à la criminalité liée aux espèces sauvages. Je vous adresse, au nom de l’Union européenne, mes salutations les plus chaleureuses et mes remerciements sincères pour votre présence et votre engagement. 

Cet atelier s’inscrit dans le cadre du programme GUARD Wildlife, financé par l’Union européenne et mis en œuvre avec l’appui de l’UNODC, en collaboration avec les gouvernements des pays concernés. Il illustre une conviction forte que nous partageons: la protection de la biodiversité, la lutte contre la criminalité environnementale et le renforcement de l’État de droit sont indissociables. 

Le trafic d’espèces sauvages et de bois est aujourd’hui une forme de criminalité transnationale sophistiquée. Il s’appuie sur des chaînes d’approvisionnement complexes, sur des documents frauduleux, sur des vulnérabilités institutionnelles, et trop souvent sur l’absence d’enquêtes coordonnées permettant d’atteindre non seulement les exécutants, mais aussi les organisateurs, les intermédiaires et les facilitateurs financiers. Le commerce illicite de bois à haute valeur, notamment certaines essences visées par la CITES, demeure alimenté par une forte demande internationale. Face à cette réalité, nos réponses doivent être à la fois techniques, coordonnées et déterminées. 

Pendant cinq jours, l’atelier réunira 30 participants issus de différentes institutions clés de la chaîne pénale et de contrôle : magistrature, parquet, douanes, eaux et forêts, autorité de gestion CITES, police judiciaire, gendarmerie, analystes financiers et experts. Cette diversité est une force. Elle reflète la réalité de la lutte contre les crimes environnementaux : aucun service ne peut agir seul, et l’efficacité dépend de la coopération entre toutes les administrations concernées. 

Le programme de travail de cet atelier est particulièrement complet et opérationnel. Il couvrira la cartographie des réseaux illicites, l’analyse des risques, l’identification scientifique du bois, la détection des faux permis CITES, l’inspection physique des cargaisons, la préservation des preuves, la traçabilité, ainsi que la structuration des dossiers judiciaires et les stratégies de poursuite. Les sessions pratiques, y compris les exercices d’anatomie du bois, les vérifications documentaires, les inspections sur site au port d’Owendo et la simulation d’une affaire intégrée allant de la saisie à la condamnation, permettront de renforcer des compétences directement mobilisables dans l’action quotidienne. 

Cet atelier s’inscrit également dans le prolongement des décisions adoptées à la 20e réunion de la Conférence des Parties à la CITES, notamment celles relatives au renforcement des inspections physiques, à l’élaboration d’indicateurs de risque nationaux et à l’appui ciblé à l’Afrique de l’Ouest et du Centre. À travers cette activité, il s’agit de transformer ces orientations en résultats concrets, adaptés au contexte national et aux défis opérationnels rencontrés par les services compétents. 

L’Union européenne attache une importance particulière à ce type d’action, parce qu’il ne s’agit pas seulement de protéger des espèces ou des ressources forestières. Il s’agit aussi de défendre la légalité, de préserver les recettes publiques, de prévenir la corruption, de mieux suivre les flux financiers illicites et de garantir que les auteurs de ces infractions répondent de leurs actes devant la justice. Renforcer les capacités d’enquête, d’inspection, d’analyse et de poursuite, c’est renforcer durablement la gouvernance. 

Je tiens également à souligner l’importance de l’approche pratique retenue. La formation ne se limite pas à des présentations théoriques ; elle vise à construire des réflexes communs, un langage partagé entre institutions, et des mécanismes de coordination plus rapides et plus efficaces. La simulation d’affaire intégrée, en particulier, permettra aux participants de travailler ensemble sur l’ensemble de la chaîne pénale, depuis la détection d’une cargaison suspecte jusqu’à la préparation de la réponse judiciaire. C’est exactement ce type d’exercice qui permet de passer du savoir à l’action. 

Le Gabon dispose d’atouts considérables en matière de patrimoine naturel et forestier. La protection de ce patrimoine est une responsabilité nationale, mais aussi un enjeu régional et mondial. Les réseaux criminels, eux, s’adaptent rapidement, contournent les contrôles et exploitent les failles. Notre réponse collective doit donc être à la hauteur : fondée sur la compétence, la coopération, l’intégrité et la persévérance. 

Je forme le vœu que ces cinq jours de travail permettent non seulement de consolider les connaissances techniques des participants, mais aussi de faire émerger une feuille de route interinstitutionnelle solide, capable de renforcer durablement les contrôles, la qualité des enquêtes et l’impact des poursuites judiciaires. 

Au nom de l’Union européenne, je voudrais réaffirmer notre engagement à soutenir les efforts de nos partenaires dans la lutte contre la criminalité environnementale et dans la promotion d’une gouvernance plus forte, plus transparente et plus efficace. Nous sommes fiers d’appuyer, à travers le programme GUARD Wildlife, des initiatives qui traduisent cette ambition en actions concrètes sur le terrain, fiers de travailler à vos côtés et fiers d’être un partenaire fiable et constant. 

Je vous souhaite à toutes et à tous des échanges fructueux, des travaux productifs et plein succès dans le déroulement de cet atelier. 

Je vous remercie de votre aimable attention