Allocution de M. Nicolas Kasprzyk, Chef de Délégation-adjoint Délégation de l’Union européenne au Gabon, pour Sao Tomé-et-Principe et la CEEAC : ouverture de l’Atelier régional sur les tendances émergentes et les défis liés aux trafics illicites

Monsieur le Directeur Général des Douanes et Droits Indirects,

Madame la Chargée d’Affaires de l’Ambassade des Etats Unis au Gabon, 

Monsieur le représentant pour le Gabon de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime,

Mesdames et Messieurs les participants en provenance du Gabon, du Bénin, du Ghana, du Kenya, du Sénégal, de la Tanzanie et du Togo,

Mesdames et Messieurs en vos rangs, grades et qualités,

Distingués participants,

 

C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole à l’ouverture de cet atelier régional consacré aux tendances émergentes et aux défis liés aux trafics illicites dans la chaîne logistique conteneurisée en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Je voudrais tout d’abord remercier chaleureusement les autorités gabonaises pour l’hospitalité, ainsi que l’ONUDC pour l’organisation de cette rencontre régionale. 

Je souhaite également saluer l’ensemble des participants. Vous exercez des responsabilités pour la plupart au sein des Unités de Contrôle Portuaire, et votre engagement quotidien est essentiel pour protéger les échanges commerciaux licites et lutter contre les réseaux criminels transnationaux, lutter contre le crime, lutter contre ce qui déstabilise nos économies et prive les pays d’opportunités de développement et de prospérité. 

Cet atelier intervient dans un contexte où les ports et les corridors commerciaux de l’Afrique de l’Ouest et du Centre occupent une place stratégique dans le commerce régional et international. Mais cette importance logistique s’accompagne aussi de vulnérabilités. Les groupes criminels organisés exploitent les chaînes commerciales légitimes, les réseaux maritimes et l’augmentation des flux de marchandises pour dissimuler et acheminer des produits illicites. Les méthodes de dissimulation évoluent, les routes se diversifient, et les trafics se recomposent rapidement 

C’est précisément pour répondre à ces défis que le Programme de Contrôle des Passagers et des Cargaisons (PCCP – Passenger and Cargo Control Programme), que l’Union européenne soutient, joue un rôle si important. En renforçant les capacités des services de première ligne dans les ports et les aéroports, en soutenant les unités de contrôle portuaire, en facilitant l’échange sécurisé d’informations et en développant des méthodes de ciblage et de profilage des risques, ce programme contribue concrètement à une réponse plus efficace, plus coordonnée et plus stratégique face aux trafics illicites. 

Au cours de ces deux journées, vos échanges porteront sur plusieurs enjeux majeurs : les nouvelles tendances du trafic illicite dans la chaîne d’approvisionnement conteneurisée, les menaces communes, les nouvelles techniques de dissimulation, les marchandises à haut risque, ainsi que le renforcement de la coopération opérationnelle régionale. Le programme prévoit également des partages d’expériences entre unités de contrôle portuaire, des présentations nationales, des sessions sur le profilage des risques et des travaux en groupe destinés à formuler des recommandations pour l’avenir. 

Je note en particulier que cet atelier abordera à la fois le trafic de drogues, le trafic illicite de bois et d’autres formes de criminalité environnementale. Cette approche est essentielle. Les réseaux criminels ne raisonnent pas en silos. Ils adaptent leurs itinéraires, leurs méthodes et leurs marchandises en fonction des opportunités, des failles de contrôle et des profits attendus. Nos réponses doivent donc, elles aussi, être intégrées, souples et fondées sur la coopération entre administrations, entre pays, et entre régions.  

L’Union européenne est attachée à cette vision. Notre appui à cette initiative reflète notre conviction qu’il n’y a pas de sécurité durable sans coopération internationale solide, sans institutions capables, et sans partenariats fondés sur la confiance. Soutenir les capacités opérationnelles, l’échange d’informations en temps réel, l’identification des conteneurs à haut risque et la coopération transfrontalière, c’est investir dans la sécurité collective, dans l’intégrité du commerce international et dans l’état de droit. 

Ce sont avant tout les femmes et les hommes présents dans cette salle qui font la différence. Les officiers des unités de contrôle portuaire, les services douaniers, les autorités judiciaires, les experts techniques et les partenaires institutionnels constituent la première ligne de défense contre les trafics illicites. Votre travail est exigeant. Il demande de la rigueur, de l’intégrité, des compétences techniques, mais aussi une capacité constante d’adaptation. 

J’espère que cet atelier permettra non seulement d’approfondir les connaissances sur les tendances émergentes, mais aussi de renforcer les liens de confiance entre les services représentés ici. Car la coopération opérationnelle ne se décrète pas; elle se construit par les échanges, par la connaissance mutuelle, par le partage de bonnes pratiques et par une volonté commune d’agir.

Je forme également le vœu que les discussions de ces deux jours débouchent sur des recommandations concrètes et utiles, afin de renforcer encore la coopération régionale et de guider les futurs efforts de renforcement des capacités, conformément aux objectifs de cet atelier. 

Face à des réseaux criminels agiles, organisés et transnationaux, notre meilleure réponse reste une action collective, coordonnée et déterminée. En soutenant cet atelier, l’Union européenne réaffirme sa volonté de travailler aux côtés des pays partenaires, de l’ONUDC et des autres bailleurs pour promouvoir des chaînes logistiques plus sûres, des institutions plus fortes et une coopération régionale plus efficace.

Je vous souhaite des échanges fructueux.

Je vous remercie de votre attentio