Déclaration conjointe de l’Equipe Europe en République du Congo pour la première année de l’agression russe contre Ukraine

Il y a un an, le 24 février 2022, les troupes russes envahissaient l'Ukraine, engageant un conflit qui jusqu’à aujourd’hui a provoqué d’énormes destructions matérielles et des milliers de victimes civiles femmes, hommes et enfants innocents. En agissant ainsi, la Russie a rejeté tout dialogue responsable, a renié tous ses engagements et rallumé la guerre au centre de l’Europe, née sur les cendres de 1945, dans un désir commun de préserver la paix.

 

Cette paix nous y sommes tous profondément attachés et l’appelons de nos vœux. Mais elle ne peut être négociée selon les conditions dictées par la Russie : la reconnaissance par la communauté internationale de ce qu’elle appelle « les nouvelles réalités territoriales », en clair le démantèlement, voire la disparition pure et simple, d’un Etat internationalement reconnu : l’Ukraine.

L’Ukraine a été attaquée, son intégrité territoriale a été violée. L'agression dont elle est victime est illégale selon le droit international. Sa volonté de récupérer ses frontières est donc légitime. L'Union européenne soutient militairement l'Ukraine parce qu'elle est agressée et sans ce soutien, elle risquerait d’être anéantie.

Depuis le début du conflit, l’UE a œuvré à la condamnation la plus large possible et à l'isolement de la Russie par la communauté internationale, tout en apportant son appui à l’Ukraine. Notre unité avec les Etats membres comme avec les partenaires internationaux partageant notre même attachement aux principes fondamentaux du Droit international a été inébranlable et nous avons pris ensemble des actions sans précédent. Six résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies ont confirmé la condamnation internationale et l'isolement de la Russie auxquelles se sont ajoutés des sanctions d’ampleur inédite.

Ces actions sont d’autant plus importantes que la Russie a accompagné son agression contre l'Ukraine d'une campagne de désinformation massive et agressive visant à nier les atrocités commises et à normaliser l'occupation. Nous avons contré cette propagande en renforçant notre engagement diplomatique et notre sensibilisation dans les régions et les pays les plus touchés et avons intensifié notre coopération avec des partenaires internationaux. Dans ce conflit nous devons toujours nous rappeler qu’il y a un agresseur et un agressé, et que le strict respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégralité territoriale de l’Ukraine est la condition nécessaire pour établir une paix juste et durable dans le cadre du droit international et de la Chartre des Nations Unies qui exige un arrêt de l’agression de la part de la Russie.  

Par ailleurs, sur les cendres encore chaudes de la crise du COVID19, l’agression russe en Ukraine a mis en danger l’ensemble de la communauté mondiale, avec des conséquences alimentaires et énergétiques sans précédent ayant des effets dramatiques sur les personnes les plus vulnérables, partout dans le monde et notamment sur le continent africain, aggravant une crise alimentaire pré-existante.

Face à cette situation, l'UE a agi rapidement et mené des efforts considérables pour atténuer ces conséquences négatives et y contribue toujours. Au total, ce sont plus de 1,6 milliard d’euros qui ont été dévolus au Continent. Complémentaire de l’initiative Céréales de la Mer Noire des Nations Unies, l’initiative européenne des « corridors solidaires » a permis l’exportation de 23 millions de tonnes de céréales d’Ukraine, fournisseur principal du Continent. En Afrique et dans le Monde, ces deux initiatives ont contribué à mitiger la hausse des prix des denrées alimentaires au cours des douze derniers mois.

En République du Congo, l’Equipe Europe est restée pleinement engagée dans son soutien au secteur agricole afin de stimuler la production et consolider la résilience des systèmes alimentaires. Il s’agit de contribuer à la diversification économique du pays en promouvant un système agroalimentaire durable, afin de réduire sa très grande dépendance aux exportations. C’est ainsi que de nombreuses actions visant la stimulation de la production locale, par exemple dans les filières manioc, maïs, aviculture, fruits et légumes, ou encore cacao, sont déjà en cours et vont être renforcées. A la lumière de l’insécurité alimentaire provoquée par la Russie, le renforcement de l'autonomie alimentaire du Congo et la création d’emplois décents est plus que jamais une priorité absolue de notre partenariat.

L'Afrique, le Congo et l'UE ont besoin les uns des autres pour ouvrir la voie à la paix et surmonter les conséquences de cette crise mondiale. Dans ce contexte, l'UE s'engage pleinement à fortifier son partenariat dans toutes ses dimensions : soutien à la démocratie, garantie d'une croissance économique durable, promotion d'échanges et d'investissements mutuellement bénéfiques, protection des droits de l'homme et cohésion sociale. Ce n’est qu’en travaillant ensemble, entre partenaires de confiance, que nous aurons une chance de ramener la paix et de construire la prospérité pour tous les citoyens.

Par ailleurs, nous ne sommes pas engagés dans un combat contre la Russie, mais pour la défense d’un ensemble universel de valeurs fondamentales, fondement de la Charte des Nations Unies et partagées par l’Union Africaine. En cette année 2023, où la communauté célèbre le 75ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, l'UE ne demande rien d’autre que le respect du Droit international, socle de notre vivre ensemble.

L’Equipe Europe en République du Congo

Giacomo DURAZZO, François BARATEAU, Wolfgang KLAPPER, Luigi DIODATI, Jean-Paul CHARLIER

#24Feb2022   #WeStandWithUkraine