L’UE aux côtés de ses partenaires contre les menaces sur la sécurité alimentaire mondiale
La guerre fait monter les prix mondiaux
À Dakar, le prix d’une baguette de pain peut sembler bien loin des tensions dans le détroit d’Ormuz, en mer rouge ou en mer Noire. Pourtant, lorsque de grandes routes maritimes sont menacées, les coûts des céréales, de l’énergie, des engrais et de leur transport augmentent mondialement. Cela se répercute directement sur les boulangers, les ménages et, plus largement, sur la sécurité alimentaire qui s’appuient sur des importations pour répondre à leur demande intérieure.
Cette réalité est particulièrement importante pour le Sénégal, dont les importations de blé ont représenté environ 175 milliards de FCFA en 2025. Toute réduction significative de l’offre mondiale de blé entraîne une hausse de la facture à l’importation. Le débat récent sur le prix du pain en donne une illustration concrète : les boulangers invoquent la hausse du coût de la farine, du transport, du gasoil, de la levure, du sel et de l’électricité. Cela rappelle combien la libre circulation des marchandises reste essentielle au pouvoir d’achat.
La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine est un facteur majeur de cette hausse des coûts. Avant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, l’Ukraine représentait environ 10 % des exportations mondiales de blé, 15 à 20 % de celles d’orge et près de la moitié des exportations mondiales d’huile de tournesol. Depuis, la Russie a intensifié ses attaques contre les infrastructures portuaires et logistiques en mer Noire et sur le Danube. Or, environ 90 % des exportations agricoles ukrainiennes empruntent cette route. Début août, les volumes de céréales exportés avaient chuté d’environ 47 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les capacités de stockage sont également visées, ce qui accroît le risque de pénuries et la volatilité des prix sur le long terme.
L’intensification des tensions militaires au Moyen-Orient perturbe aussi fortement le trafic maritime et la production pétrolière, avec des effets dramatiques sur les prix et les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le phénomène El Niño contraint la production agricole domestique
A la guerre s’ajoutent les effets négatifs par le phénomène El Niño. L’Organisation météorologique mondiale alerte sur son retour, accompagné de risques accrus d’inondations, de sécheresses et de chaleurs extrêmes en Afrique. Selon les prévisions, le phénomène pourrait persister jusqu’en février 2027 et compter parmi les épisodes les plus intenses depuis 1950. Les précédents épisodes de 2015-2016 et 2023-2024, ainsi que les effets du changement climatique ont déjà causé de mauvaises récoltes, des pertes de bétail, une hausse de l’endettement des ménages et des déplacements de populations. Pour le Sénégal, cela pourrait freiner les efforts de souveraineté alimentaire engagés depuis plusieurs années.
L’Union européenne engagée se tient aux côtés de ses partenaires africains
En Afrique de l’Ouest, l’ONU estime que près de 55 millions de personnes risquent de basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë sous l’effet combiné de ces crises. L’Union européenne agit aux côtés de ses partenaires africains pour répondre à ces défis.
Face aux actions de la Russie ciblant les couloirs alimentaires, l’Union européenne a mis en place des « corridors de solidarité », qui offrent des voies alternatives d’exportation des céréales ukrainiennes par route, voies ferroviaires et voies fluviales. Plus de 2 milliards d’euros ont été mobilisés à cette fin. L’Union européenne rappelle également que ses sanctions contre la Russie ne visent pas les échanges de produits agricoles, alimentaires, céréaliers ou d’engrais avec les pays tiers. Des garanties et dérogations existent précisément pour préserver la sécurité alimentaire mondiale. L’Union européenne agit aussi par la voie diplomatique, en concertation avec ses partenaires internationaux, pour défendre la libre circulation des navires partout où elle se trouve menacée.
L’Union européenne soutient aussi l’augmentation des capacités de stockage des céréales, et des réponses d’urgence comme des actions de résilience de long terme. En 2025, elle a mobilisé 2,1 milliards d’euros pour renforcer la sécurité alimentaire dans plusieurs régions du monde.
Pour développer la production locale au Sénégal en vue d’être moins dépendant des importations, l’Union européenne promeut les chaînes de valeur agricoles locales dans les filières du maïs, du riz, de la banane, de l’arachide, du mil, de l’oignon et de l’anacarde. En 2025, cet appui a contribué à une production record de bananes, permettant au Sénégal de suspendre ses importations pendant trois mois, ainsi qu’à une hausse de la production de maïs et de riz. Plus de 4 000 producteurs ont aussi été accompagnés dans l’adoption de pratiques agroécologiques, dont une majorité de femmes.
Depuis des décennies, l’Union européenne est activement engagée en faveur de la sécurité alimentaire en Afrique, elle continuera à soutenir ses partenaires face aux défis qui les menacent. Aux côtés du Sénégal, elle contribue tant aux efforts de résilience climatique qu’aux initiatives visant à préserver la paix et la stabilité des approvisionnements alimentaires.
Ambassadeurs et Ambassadrices de l’Union européenne et ses 17 Etats membres représentés au Sénégal.