Mission conjointe de l'Union Européenne et du Ministre italien des Affaires Etrangères au Niger : Echanges sur un plan commun de lutte contre la migration irrégulière
Elle a été longuement reçue par le Président de la République, Issoufou Mahamadou, avant de rencontrer le Premier Ministre Brigi Rafini, et d'avoir une séance de travail conjoint avec la partie nigérienne forte des Ministres des Affaires étrangères, du Cabinet présidentiel, des Finances, du Plan, de la Justice, de la Défense, de la Population, du Ministre Délégué à l'Agriculture et à l'Élevage, des représentants des Ministres de l'Intérieur, de la Santé, de l'Environnement ainsi que du Président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), du Haut-Commissaire à l'Initiative 3N (I3N) et de plusieurs responsables de structures exécutives de secteurs d'interventions de l'UE au Niger.
Cette rencontre est ''une grande opportunité qui nous permettra d'examiner les grandes préoccupations de l'heure, (qui sont) communes à nos Etats (…), autour du phénomène migratoire'' a indiqué le Premier Ministre nigérien, à l'ouverture de la séance, précisant que "la migration vient exacerber, au Niger, toutes les autres difficultés, notamment un ensemble de trafics illicites".
Brigi Rafini a renouvelé la disponibilité du gouvernement nigérien à participer à la résolution du problème : "au vu de sa complexité et du fait de la situation géographique du Niger, nous sommes capables de jouer un rôle important dans la régulation de ce mouvement (…), dans notre intérêt propre, celui de la sous-région et du reste du monde, à condition que nous soyons massivement assistés parce que la tâche est énorme".
Une séance de travail, à huit clos, de deux heures de temps, a permis aux deux délégations d'identifier les actions de développement et de renforcement des capacités, possibles et nécessaires, à mettre en place pour parvenir aux résultats escomptés sur la gestion de la question de la migration irrégulière.
"Il nous faut attaquer les causes profondes de l'immigration irrégulière qui sont liées à la question du développement, de l'environnement, de l'insécurité, ou parfois du déficit démocratique dans certains pays. Au Niger, nous avons mis en place un plan qui prévoit de créer les conditions de développement dans notre propre société afin que personne ne tente de prendre le risque démesuré d'aller dans des conditions irrégulières en Europe'', a déclaré le Ministre nigérien chargé des Affaires Étrangères et de la Coopération, M. Ibrahim Yacoubou.
Il a fait apparaitre que le Niger a avancé dans le respect des engagements qu'il a pris au Sommet de la Valette, de contribuer à maîtriser et organiser l'immigration irrégulière afin de réduire et de mettre fin à la migration illégale qui entraine de nombreux jeunes Africains vers la mort, dans le désert ou sur la mer, dans la recherche de perspectives meilleures.
"Nous partageons, aussi bien avec l'UE qu'avec l'Italie, les mêmes préoccupations autour des questions de développement, de sécurité et de la problématique de la migration qui est un sujet d'intérêt commun" a également relevé le Ministre Ibrahim Yacoubou, insistant sur la convergence de vues et d'intérêts avec l'Union européenne et ses Etats membres dont le soutien et les appuis sont essentiels pour juguler le phénomène migratoire.
"Le Niger est l'un des principaux bénéficiaires, parmi les pays ACP, des interventions de l'Union Européenne qui sont chiffrées à plus de 300 Milliards FCFA pour les quatre prochaines années. Avec l'Italie, notre coopération est à un niveau très élevé. Elle couvre des secteurs essentiels à notre développement et elle s'amplifie, tant en ce qui concerne les domaines d'interventions que s'agissant du volume des enveloppes qui leur sont consacrées" a-t-il déclaré devant la presse.
La réunion a décidé de la tenue prochaine, à Rome (Italie), d'une rencontre à un niveau technique pour un suivi immédiat destiné à matérialiser les échanges à caractère politique de la rencontre de Niamey.
"L'objectif est d'arriver, avant la fin de cette année, à un accord qui soit capable de dresser les causes et les phénomènes de la migration. Si on réussit à réduire le risque et l'influence des organisations criminelles sur les migrations, on aura rendu un grand service à nos concitoyens aussi bien en Europe qu'en Afrique'', a précisé le Ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni.
Il a en outre insisté sur l'importance de la rencontre de Niamey pour les deux délégations en réaffirmant : ''Notre coopération aborde plusieurs domaines : la sécurité, le développement et les causes de migration. L'Italie est un des pays les plus importants de destination de migration. Plus de 90% des migrants d'Afrique viennent en Italie. Mais le problème concerne toute l'Europe. On ne peut pas accepter que ce grand mouvement d'hommes et de femmes produisant des victimes dans le désert ou dans la mer, engendre des organisations de trafic et des criminels. Nous allons travailler ensemble, le Niger, l'Italie et l'Union Européenne, pour arriver à un objectif commun".
Le Ministre italien des Affaires étrangères a annoncé un financement de 200 millions EUR en faveur du Niger et l'ouverture prochaine d'une Ambassade d'Italie à Niamey, la première depuis l'indépendance du Niger en 1960.