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Allocution de S.E.M. Helmut KULITZ, Ambassadeur, Chef de Délégation de l'Union européenne au Gabon, pour la Guinée équatoriale, Sao Tomé-et- Principe et la CEEAC - Réunion du Comité d'Orientation du Fonds Monétaire International (FMI)

27.03.2018
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Libreville, le 20 mars 2018

Text

 

Excellence, Monsieur le Ministre de l'Economie, de la Prospective et de la Programmation du Développement durable au Gabon,

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Directeur d'AFRITAC Centre,

Monsieur le Représentant Résident du FMI,

Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique et Représentants des organisations internationales,

Mesdames et Messieurs, chers participants,

 

C'est un plaisir pour moi de participer à cette réunion du Comité d'Orientation du FMI, qui, après Kinshasa en 2017, a lieu cette année à l’invitation de la République gabonaise ici à Libreville. De plus, en tant que partenaire traditionnel du FMI qui apporte un appui financier substantiel à AFRITAC c’est un plaisir de faire une présentation de la coopération technique et financière de l'Union européenne (UE) dans la sous-région, et notamment dans le domaine qui est l´objet de la Réunion du Comité d´Orientation: la gestion des finances publiques.

 

Permettez-moi d´abord d´esquisser en quelques mots le cadre dans lequel se situent les interventions de l´Union européenne dans la sous-région. Dans les huit pays qui sont bénéficiaires du soutien d´AFRITAC centre, l´UE intervient à deux niveaux : sur le plan bilatéral, à travers les délégations de l´UE sur place qui mettent en œuvre les programmes bilatéraux, et sur le plan multilatéral ou régional, pour les interventions de caractère transfrontalier et transversal. Pour les programmes régionaux, une allocation de 350m d´€ a été mise à disposition dans le cadre du 11e FED, signé en 2015 par la CEEAC, la CEMAC et l´UE, et couvrant la période d´ici à 2020. Alors que la mise en œuvre du 10e FED est toujours en cours, la mise en œuvre du 11e FED avance progressivement.

 

Deux sur trois des secteurs de concentration identifiés et consentis dans le 10e et 11e FED s´inscrivent prioritairement dans notre partenariat avec la CEEAC – à savoir le secteur "Gestion durable des ressources naturelles et de la biodiversité" et le secteur "Intégration politique et coopération en matière de paix et sécurité". Par contre le troisième secteur "Intégration économique et commerciale, incluant les infrastructures économiques" – est géré conjointement par l´UE, la CEMAC et la CEEAC. Par conséquent, les compétences sont partagées entre la Délégation de l´UE à Bangui, partenaire de la CEMAC, et la Délégation de l'UE à Libreville, partenaire de la CEEAC.

 

Il est donc fort possible, et même souhaité, que les interventions de l´UE aux deux niveaux que j´ai mentionnés – le niveau bilatéral et le niveau régional – soient complémentaires. Pour donner un exemple : Au Gabon, pays hôte de cette réunion, l´UE s´engage dans le secteur de l'éducation technique et de la formation professionnelle. Bien évidemment, les priorités adoptées dans ce contexte en partenariat avec les autorités Gabonaises, c'est à dire accompagner le pays dans sa diversification économique et la création d'emplois, s´inscrivent pleinement dans les objectifs de notre programme régional. Aussi, assurer une complémentarité entre les volets bilatéraux et régionaux est pour nous un objectif important.

 

Permettez-moi maintenant de passer aux interventions de l´UE qui sont plus directement liées au sujet de notre réunion aujourd'hui. Comme je l´ai déjà mentionné, la CEEAC, la CEMAC et l'UE, en adéquation avec les stratégies régionales de la CEEAC et de la CEMAC et en complémentarité avec les programmes indicatifs nationaux, ont décidé pour le 11ème FED couvrant la période 2014-2020, de continuer à appuyer l'intégration politique et économique de l’Afrique centrale afin de capitaliser les résultats acquis et de les consolider. La composante la plus substantielle de cette coopération régionale est l’intégration économique et commerciale, incluant les infrastructures économiques, avec une allocation de 211 millions d’€ sur un total de 350 millions d´€ pour les trois secteurs de concentration (et notons que avec ce montant, comme tous les appuis de l´UE, il s´agit de subventions non-remboursables et non de prêts). Le but principal est de contribuer à l'amélioration de l'intégration des économies de l'Afrique centrale et à la facilitation de leur insertion harmonieuse et durable dans l'économie mondiale. Entre autre, cette allocation est le cadre dans lequel s’inscrit le co-financement d’AFRITAC Centre.

 

Comment sont répartis les montants mis à disposition par l´UE dans le cadre du FED et son secteur "intégration économique et commerciale"? Sans être exhaustif, je voudrais bien illustrer l´approche avec quelques exemples :

 

(1) Premièrement, un appui aux structures de gouvernance en matière d’infrastructures à hauteur de 20 millions € vient d’être identifié et sera proposé prochainement pour financement. Il couvrira les différents sous-secteurs du mandat de la CEEAC : les TICs, le transport fluvial, l’énergie et le transport. La mise en œuvre sera confiée, sous la supervision de la CEEAC, à plusieurs Etats membres de la région : RDC, Congo Brazzaville, etc., là où sont déjà installés les organismes en charge de ces problématiques.

 

(2) Dans le cadre du 10 FED, le programme PACIE (sigle pour Programme d´Appui à l´Intégration économique et commerciale) a permis de financer un ensemble de projets pour les pays de la région Afrique centrale.

 

Je cite pars pro toto Le Programme de Restructuration et de Mise à Niveau des Entreprises et de l'Industrie dans la région Afrique centrale ou PRMN, avec un budget alloué de 6,3 millions d'euros. L’objectif spécifique de cette action menée à l'échelle régionale, tout en prenant en compte les spécificités des pays participants, est de renforcer la compétitivité et la performance du secteur manufacturier. Ceci se fait à travers i) la mise à niveau et la modernisation des entreprises, ii) l'accès facilité au financement et iii) l'appui aux institutions de soutien des entreprises en vue d'accroître la contribution du secteur manufacturier au PIB.

 

D´autres projets avec objectifs similaires dans le cadre du PACIE seraient :

  • le Programme Infrastructure Qualité Afrique Centrale ou PIQAC, qui vise à renforcer la compétitivité et la diversification des secteurs productifs, avec un budget alloué de près de 8 millions d'€,
  • le Programme d'Appui à la Transposition et la mise en œuvre du nouveau cadre harmonisé des finances publiques de la CEMAC et de ses Etats membres, avec un budget alloué de 3,3 millions d'euros.
  • le Programme d'Appui à la Réforme fiscalo-douanière de la Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) et de ses états membres, avec un budget alloué d´un million d'euros.
  • Le Programme de l´environnement des affaires par l´accompagnement à l´application du droit OHADA, avec un budget alloué d´1,5 million d'€.

 

(3) Troisième exemple pour les composantes du 11e FED, et pas le moindre : Une des contraintes principales identifiées dans la dynamisation des économies an Afrique centrale est sans doute l’accès au financement. C’est pourquoi les initiatives prises par l’UE renforcent le blending, un mixage de dons et de prêts à taux concessionnel, en vue d’améliorer l’interconnexion et le fonctionnement des réseaux d’infrastructures économiques régionales. Pour ceci, une enveloppe de 135 millions d’€ est prévue pour l’Afrique centrale dans le cadre du 11e FED. Cette approche anticipe également le premier pilier du Plan d’investissement extérieur (PIE) annoncé récemment au somment de l'Union Africaine - Union européenne qui s´est tenu à Abidjan le 29/30 septembre 2017.

 

(4) Last but not least, l’UE s’est engagé, d’accord avec ses partenaires, de continuer à appuyer AFRITAC Centre, de même que plusieurs fonds fiduciaires que le FMI anime au bénéfice des pays de la région. L’appui à AFRITAC vise à contribuer à améliorer la confiance des opérateurs économiques dans la gouvernance des états de l’Afrique Centrale et ainsi réduire le risque auquel ces opérateurs sont exposés, augmentant d’autant leur appétit à investir en vue du développement économique équitable de la sous-région.

 

Je souhaite saisir cette opportunité pour souligner la plus-value d'AFRITAC et son rôle essentiel dans le renforcement des capacités des systèmes de gestion des finances publiques des pays de la région. La mise en œuvre très proche des administrations bénéficiaires renforce l'appropriation de ses propositions. Un nombre important des recommandations d'AFRITAC devient souvent une action intégrée dans le plan de réformes mis en œuvre par les gouvernements. AFRITAC Centre a une vision régionale des besoins des pays et joue ainsi un rôle important pour renforcer la cohérence des politiques budgétaires dans une union monétaire, un élément essentiel dans le contexte de la crise régionale de la CEMAC. Un des meilleurs exemples est le renforcement des statistiques macroéconomiques qui permettent d’informer les politiques de développement économiques des pays de la CEMAC et de la CEEAC. C’est entre autres un élément important pour les négociations commerciales, telles celles mises en œuvre dans le cadre de l'APE. C’est dans cette optique, en ligne avec le nouveau programme AFRITAC, que nous saluons l’extension du programme à São Tomé et Principe et à la RDC depuis novembre 2017.

***

En conclusion, à travers ces programmes, l'Union européenne souhaite soutenir l'Afrique centrale dans la conquête des marchés internationaux, la diversification de ses économies, l'appui au développement du secteur privé, la génération d'emplois, la promotion des exportations et des investissements et par là même, la lutte contre la pauvreté. En effet, le développement du secteur productif, qu'il soit public ou privé, en tant que moteur de la croissance économique est une des clés de voute du développement de la région au bénéfice de ses populations. Inutile de souligner le rôle important que joue la gestion des finances publiques à cet égard.

 

Ceci dit, toute « success story » se doit pour se maintenir à ce niveau d’encore améliorer ses interventions. Pour AFRITAC Centre, le nouveau programme se devra d’encore mieux intégrer les plans de réforme des partenaires. La CEMAC et la CEEAC devront quant à eux s’impliquer davantage dans l'identification, la formulation et la mise en œuvre des projets sur la gestion des finances publiques. Pour ce qui est de l´UE, nous souhaitons faire le maximum que les appuis du nouveau Plan d´Investissement Extérieur et de l´approche "blending" portent leurs fruits. Notre institution sœur, la Banque Européenne d´Investissement y aura un rôle important à jouer. Bref : Rassemblons-nous dans un effort commun, dans l´intérêt de la plus noble cause : construire l´avenir pour les états, les peuples et notamment les jeunes de l´Afrique centrale.

Merci pour votre attention.

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Speeches of the Ambassador
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Bruxelles

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Gabon