Quatre ans après l’invasion russe contre l’Ukraine : discours de l’Ambassadeur de l’Union européenne au Maroc
Chers collègues,
Il y a quatre ans, jour pour jour, la Russie lançait son invasion contre l’Ukraine. Une réalité que nous avions laissé derrière nous, une guerre sur le sol européen, redevenait une réalité sidérante pour nous tous qui espérions que le spectre de la guerre était conjuré à jamais.
Aujourd’hui, 24 février 2026, nous commémorons quatre années de tragédie, mais nous commémorons aussi quatre années de courage, de résistance et de solidarité. Nous rendons ici hommage aux Ukrainiennes et Ukrainiens qui ont défendu leurs villes, leurs familles, leur liberté. Nous rendons hommage à celles et ceux qui ont continué à enseigner, soigner, produire et créer malgré cette guerre d’agression.
Le combat que L’Europe mène avec unité et détermination aux côtés de l’Ukraine n’est pas seulement celui d’un territoire : c’est celui du droit international, de la souveraineté et de la liberté.
L’aide de l’Union européenne et – de façon plus large – de l’Europe à l’Ukraine a été massive, multiforme et sans précédent : une aide humanitaire pour soutenir les civils touchés par la guerre ; Une aide financière pour maintenir l’État ukrainien en fonctionnement ; et enfin, une aide militaire pour permettre à l’Ukraine de défendre son territoire et sa population.
Notre message politique est clair : l’Ukraine n’est pas seule.
Ce conflit dépasse les frontières de l’Ukraine. Il touche l’essence même du projet européen. Car l’Union européenne s’est construite sur une promesse : celle de transformer un continent ravagé par les guerres en un espace de paix, de coopération et de prospérité partagée.
Défendre l’Ukraine, c’est défendre l’ordre international fondé sur des règles. C’est défendre l’idée que les frontières ne se redessinent pas par la force.
L’Union européenne se mobilise pour trouver une solution digne qui ne soit pas une capitulation déguisée, mais un règlement respectant la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Une solution fondée sur le droit, et non sur la loi du plus fort.
Face à cette agression, la communauté internationale a été appelée à faire un choix. Beaucoup ont répondu présents. Des sanctions ont été adoptées. Une aide humanitaire, financière et militaire a été mobilisée. Des millions de réfugiés ont été accueillis avec solidarité et dignité.
Ce soutien multilatéral est essentiel. Car la guerre en Ukraine pose une question simple et grave : voulons-nous d’un monde où la force prime sur le droit, ou d’un monde régi par des règles communes ?
L’Europe a fait son choix : le multilatéralisme, la coopération et la responsabilité collective.
Chers collègues
Certes, les commémorations servent à souvenir et à rendre hommage, mais elles servent aussi à regarder vers l’avenir. Car, de mémoire d’homme, aucune guerre n’a jamais duré éternellement. Un jour viendra où les armes se tairont. Et ce jour-là, la question sera celle de la paix, une paix juste et durable. Une paix qui ne récompense pas l’agression, mais qui restaure la sécurité et la stabilité.
A cet égard, l’Union européenne s’est engagée à jouer un rôle moteur dans le processus de paix et dans la reconstruction de l’Ukraine. Reconstruire des ponts, des routes, des écoles, des hôpitaux. Reconstruire des villes entières. Mais aussi reconstruire une économie moderne et résiliente.
Cette reconstruction ne sera pas seulement un chantier matériel. Ce sera un projet politique et moral. Un projet d’intégration progressive de l’Ukraine dans l’espace européen. A cet égard, le statut de pays candidat accordé à l’Ukraine a été un signal fort.
Une Ukraine libre, stable et prospère renforcera la sécurité du continent tout entier. Elle contribuera à la stabilité de notre voisinage oriental. Elle enrichira l’Europe par sa culture, son dynamisme, son potentiel économique et sa jeunesse.
À l’inverse, une Ukraine affaiblie ou abandonnée fragiliserait l’ensemble du projet européen. Elle enverrait un signal dangereux à ceux qui contestent les principes de démocratie et de liberté.
En soutenant l’Ukraine, l’Europe se défend elle-même. Elle défend son modèle de société. Elle défend l’idée que la paix ne se construit pas par la soumission, mais par la solidarité et le respect des accords pris.
Quatre ans après le début de l’invasion russe, nous savons que la fatigue peut s’installer. Les crises s’accumulent et les priorités se multiplient. Notre engagement envers l’Ukraine demeure constant, cohérent et durable, tout comme l’engagement de l’Ukraine à intégrer pleinement l’Union européenne dans les discussions de paix et de reconstruction.
Notre responsabilité est immense. Elle l’est envers le peuple ukrainien. Elle l’est envers les générations futures. Elle l’est envers l’idée même d’Europe.
En ce quatrième anniversaire, souvenons-nous que notre solidarité avec l’Ukraine n’est pas un geste ponctuel : c’est un engagement dans la durée.
Pour l’Ukraine,
Pour l’Europe,
Pour l’avenir.
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Service Presse