5e réunion ministérielle Angola-UE - action conjointe pour le futur

08.09.2020

Le 8 septembre 2020, l'Union européenne (UE) et la République d'Angola ont tenu la cinquième réunion ministérielle organisée dans le cadre de l'action conjointe UE-Angola pour le futur. La réunion s'est tenue par vidéoconférence. L'action conjointe pour le futur est un cadre dédié au dialogue et à la coopération fondé sur des intérêts communs et des valeurs partagées.

La réunion était coprésidée, pour la partie UE, par le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice‑président de la Commission européenne, M. Josep Borrell Fontelles, et, pour la partie Angola, par le ministre des relations extérieures de la République d'Angola, S.E. M. Téte António. Le vice‑président exécutif de la Commission européenne, M. Valdis Dombrovskis, pour la partie UE, et le ministre angolais de l'industrie et du commerce, M. Victor Fernandes, ainsi que le secrétaire d'État à l'économie, M. Mário Caetano, pour la partie Angola, ont aussi participé à la réunion.

Les entretiens ministériels ont porté sur un large éventail de questions politiques et de sécurité, et ont comporté un échange sur l'impact de la pandémie de COVID‑19 et la riposte à celle-ci, ainsi que sur le renforcement de la coopération bilatérale, des relations commerciales et de la coopération dans les enceintes multinationales. Les deux parties se sont déclarées satisfaites de l'action conjointe pour le futur, un cadre qui reste pertinent pour un partenariat renforcé et qui répond à la nécessité de relever ensemble les défis actuels et futurs.

QUESTIONS DE POLITIQUE ET DE SÉCURITÉ

Priorités régionales en matière de politique et de sécurité
L'Union européenne a félicité l'Angola de s'être chargé du secrétariat général du groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et d'avoir présidé la commission de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC).

Les deux parties se sont engagées à élargir la portée de leurs travaux en matière de paix et de sécurité. Elles ont procédé à un échange de vues sur la situation régionale en Afrique centrale et australe, en notant le rôle important joué par l'Angola dans la Communauté de développement de l'Afrique australe (CDAA), la CEEAC et la conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ainsi qu'en matière de coopération dans le golfe de Guinée. Les deux parties ont évoqué un certain nombre de situations spécifiques, telles que le processus de paix en République centrafricaine et l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la région, en mettant l'accent sur les mesures visant à prévenir et à atténuer les conflits, ainsi qu'à s'attaquer aux causes profondes de l'instabilité. Dans cette perspective, elles ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le dialogue et la coopération dans les enceintes bilatérales, régionales et multilatérales dans différents domaines prioritaires, y compris les droits de l'homme, conformément aux activités en cours du groupe de travail UE-Angola sur les droits de l'homme. Dans la mesure du possible, la coopération trilatérale UE-ONU-UA devrait être encouragée.

Coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense
Les deux parties ont tout d'abord abordé différents domaines présentant un intérêt pour une éventuelle coopération structurée entre l'UE et l'Angola dans le domaine de la sécurité et de la défense. Les deux parties ont l'intention d'étudier la mise en place d'un partenariat en matière de sécurité et de défense. La première étape consisterait à identifier les questions prioritaires d'intérêt commun, en mettant l'accent sur les éventuels domaines concrets de coopération et en s'appuyant sur la bonne coopération en cours dans le domaine de la sûreté maritime, grâce à la tenue de consultations techniques. Les deux parties étudieront les possibilités de renforcer la coopération en soutien à l'architecture de Yaoundé pour la sûreté maritime dans le golfe de Guinée, ainsi qu'en vue de l'éventuelle participation de l'Angola aux missions ou opérations de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l'UE.

Programme Union européenne – Union africaine: préparation du sommet
L'Union européenne et l'Angola ont souligné l'importance du sommet à venir pour la mise en place d'un programme ambitieux pour l'avenir assorti de priorités stratégiques communes. À cet égard, l'UE a informé l'Angola des propositions formulées dans sa communication conjointe intitulée "Vers une stratégie globale avec l'Afrique". Les deux parties sont convenues que les investissements et les emplois durables, liés à la transition écologique et au virage numérique, ainsi que la gouvernance et la paix et la sécurité, seraient des domaines prioritaires. Elles ont toutes deux insisté sur leur engagement à promouvoir et à protéger le système multilatéral fondé sur des règles. Elles ont réaffirmé leur soutien à la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et leur volonté de tout mettre en œuvre pour que la douzième conférence ministérielle de l'OMC (MC12) soit couronnée de succès.

CRISE DE LA COVID‑19 – FUTURE COOPÉRATION ENTRE L'UE ET L'ANGOLA

Impact de la COVID‑19 et lutte contre celle-ci
Les deux parties se sont entretenues sur l'impact de la pandémie de COVID‑19 en Europe, en Angola et plus généralement en Afrique et dans le monde, y compris sur l'importance d'une reprise économique durable du point de vue de l'environnement. L'Union européenne a mis en place l'ensemble de mesures de soutien de "l'équipe d'Europe" et a présenté le marathon mondial des donateurs en faveur des vaccins qu'elle a organisé en vue d'assurer le déploiement universel de diagnostics, de traitements et de vaccins. L'Angola a partagé des informations relatives à la stratégie de riposte du pays. Au‑delà des questions purement sanitaires, les deux parties ont discuté des pistes d'action concertée visant à faire face aux conséquences socioéconomiques de la pandémie, ainsi qu'à ses implications pour la paix et la sécurité. L'UE et l'Angola ont confirmé leur engagement mutuel à soutenir l'appel lancé par le Secrétaire général de l'ONU pour "reconstruire en mieux" en investissant dans des sociétés durables et résilientes, en se réengageant en faveur du Programme 2030 et de l'accord de Paris sur le changement climatique.

Échange de vues préliminaire sur l'avenir de la coopération UE-Angola
L'UE a informé l'Angola de l'état d'avancement du futur cadre financier pluriannuel de l'UE. Les deux parties ont procédé à un échange préliminaire sur les éventuels domaines d'intérêt commun pour une future coopération fondée sur les priorités de l'Angola et de l'UE (le pacte vert, la transformation numérique, la croissance économique et la création d'emplois, y compris le commerce et les investissement, ainsi que la gouvernance, la diversification économique durable, la résilience aux conséquences du changement climatique et la transition vers l'énergie verte et une économie à faibles émissions de carbone). Elles sont convenues que la crise économique mondiale causée par la pandémie de COVID‑19 est l'occasion de mettre en œuvre une relance économique verte et durable et de bâtir un modèle de croissance économique plus résilient.

Aide supplémentaire de l'UE à l'Angola
L'Union européenne a annoncé qu'elle préparait un nouveau train de mesures d'un montant allant jusqu'à 20 millions d'euros afin de soutenir la relance socioéconomique de l'Angola après la COVID‑19, y compris la formalisation économique. Il s'agit d'une initiative prise eu égard au programme de réformes global du gouvernement angolais, qui comprend le programme de stabilisation macroéconomique, des améliorations en matière de gestion des finances publiques et des engagements en faveur de la protection des personnes les plus vulnérables grâce à des dépenses dans le secteur social et des programmes de protection sociale. Cette action de 20 millions d'euros viendrait compléter les fonds de 10 millions d'euros qui ont déjà été mobilisés dans le cadre de programmes existants visant à mettre à disposition des fournitures médicales d'urgence, à fournir une assistance humanitaire aux populations menacées par l'insécurité alimentaire, à fournir des services aux personnes touchées par l'état d'urgence et à contribuer à la recherche sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des plus vulnérables.

Les deux parties se sont accordées sur la nécessité d'unir leurs forces pour relever le défi mondial du changement climatique. À cet égard, l'UE s'est vivement félicitée de la ratification par l'Angola de l'accord de Paris. Cette ratification représente une étape importante dans le cadre des engagements en matière de commerce et de développement durable pris au titre de l'accord de partenariat économique (APE) entre l'UE et les États de l'APE CDAA.

L'UE a présenté le plan d'action relatif à la lutte contre le blanchiment qu'elle a récemment adopté et l'Angola a fait le point sur les efforts déployés par le pays pour lutter contre la corruption et les flux financiers illicites. Les parties ont reconnu l'importance d'une action coordonnée dans ce domaine et sont convenues d'étudier les moyens d'approfondir leur coopération.

Elles se sont toutes deux mises d'accord sur l'importance des réformes en cours dans les domaines cruciaux que sont les ressources naturelles stratégiques, y compris l'extraction de minerais. L'UE a fait le point sur les préparations visant à mettre en œuvre, à partir de l'année prochaine, le règlement (UE) 2017/821 de 2017 fixant des obligations liées au devoir de diligence à l'égard de la chaîne d'approvisionnement pour les importateurs de l'Union qui importent de l'étain, du tantale et du tungstène et de l'or provenant de zones de conflit ou à haut risque, et les deux parties sont convenues qu'il est important d'aider la CIRGL à coordonner les actions régionales liées au devoir de diligence en ce qui concerne les minerais. Dans le contexte du processus de Kimberley, un engagement multilatéral visant à retirer de la chaîne d'approvisionnement mondiale les diamants des conflits, l'UE a réaffirmé qu'elle appréciait le rôle actif de l'Angola, en particulier sa direction du comité ad hoc de révision et de réforme en 2019. L'UE a souligné qu'elle était déterminée à renforcer davantage le processus de Kimberley en tant qu'instrument unique en son genre pour la prévention des conflits et le développement durable et à coopérer étroitement avec l'Angola à cet égard.

COOPÉRATION COMMERCIALE UE-ANGOLA
L'UE et l'Angola ont mis en avant leur ambition d'instaurer un partenariat solide en matière de commerce et d'investissement. Afin d'y parvenir, plusieurs axes de travail ont été examinés.

Tout d'abord, dans le but de promouvoir des flux de commerce et d'investissement bilatéraux, régionaux et continentaux, les deux parties espèrent que le processus d'adhésion de l'Angola à l'accord UE-APE CDAA puisse commencer dès que possible en 2020. L'objectif consiste à mener à bien les discussions sur les conditions de l'adhésion de l'Angola d'ici 2021. En outre, l'UE a réaffirmé son soutien à la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) - domaine dans lequel elle est prête à partager son expertise avec l'Angola -, ainsi qu'à la perspective à long terme de créer une zone de libre-échange globale regroupant les deux continents.

Ensuite, les deux parties ont confirmé leur intention d'organiser une manifestation commerciale de haut niveau UE-Angola au cours du premier semestre de 2021, réunissant des représentants des entreprises et des pouvoirs publics dans le but d'évoquer ensemble les moyens d'améliorer le commerce et les investissements. La discussion se concentrerait sur les secteurs présentant un potentiel de croissance et de création de valeur ajoutée, ainsi que sur ceux qui pourraient contribuer à la diversification de la base de production de l'Angola.

Enfin, les deux parties ont confirmé leur intention d'entamer des discussions exploratoires sur un accord d'investissement entre l'UE et l'Angola, en plus de l'APE, en mettant l'accent sur la facilitation des investissements. Un tel accord serait une nouveauté pour l'action de l'UE dans la région subsaharienne. Pour soutenir ces objectifs, les deux parties prévoient de poursuivre et d'approfondir les activités relatives à la diplomatie économique, en se concentrant sur l'amélioration du climat des affaires et sur la création de conditions propices à des investissements durables, à la croissance économique et à la création d'emplois.

MESURES COMPLÉMENTAIRES

L'Union européenne et l'Angola ont réaffirmé leur détermination pleine et entière à conserver l'action conjointe pour le futur en tant qu'enceinte pour un dialogue et une coopération constructifs, fondés sur les principes de respect mutuel, d'ouverture et d'un engagement en faveur de la promotion des droits de l'homme, de la démocratie, de l'état de droit et de la transparence. Un tel partenariat permettrait de poursuivre une coopération dans le futur en vue de faire face aux défis bilatéraux, régionaux et mondiaux dans l'intérêt mutuel de l'Angola et de l'UE.

La prochaine réunion des hauts fonctionnaires se tiendra à Bruxelles, au cours du premier semestre de 2021. Elle sera consacrée à l'exploration de nouvelles voies de coopération.

Les deux parties sont convenues que la prochaine réunion ministérielle (la sixième) se tiendra en 2021 à Luanda.

 

Nabila Massrali
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