Les mutilations génitales féminines ne concernent pas que les femmes, elles concernent tout le monde

06.02.2022

«Je maudis les mutilations génitales féminines et je ne veux pas que mes filles subissent cette pratique, qui m’a presque coûté la vie», a déclaré Margaret Chepoteltel, qui avait 13 ans lorsqu’elle a fait l’objet de mutilations génitales. À l’époque, elle se réjouissait pourtant. Mais elle ne savait pas que cette pratique pouvait causer des problèmes de santé pour toute la vie. Lorsqu’elle a donné naissance à son premier enfant, Margaret a rencontré des complications: «J’ai eu de la chance, parce que, d’une manière ou d’une autre, je suis restée en vie, mais j’ai finalement perdu mon bébé».

Les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits fondamentaux, de la santé et de l’intégrité des filles et des femmes. Ce problème est universel, même s’il est principalement concentré dans 30 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Ces pratiques sont également présentes en Asie et en Amérique latine, et persistent parmi les populations immigrées vivant en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande. On estime qu’au moins 600 000 femmes en Europe, et 200 millions dans le monde, ont subi des mutilations génitales.

Au rythme actuel, 68 millions de filles auront été mutilées entre 2015 et 2030 dans 25 pays où les mutilations génitales féminines sont pratique courante et pour lesquels des données sont disponibles. Pour promouvoir l’élimination des mutilations génitales féminines, des efforts coordonnés et systématiques sont nécessaires, auxquels doivent participer des communautés entières et qui doivent être centrés sur les droits fondamentaux, l’égalité entre les hommes et les femmes, l’éducation sexuelle et l’attention portée aux besoins des femmes et des filles qui en subissent les conséquences.

L’UE participe activement aux efforts déployés au niveau international pour promouvoir l’élimination des mutilations génitales féminines au moyen de discussions dans le cadre des dialogues politiques et sur les droits fondamentaux avec les pays partenaires et les organisations régionales, ainsi qu’avec la société civile et les organisations de défense des droits humains. Afin de soutenir la mobilisation politique et la sensibilisation, l’UE finance un certain nombre de projets dans le monde contribuant à l’élimination de cette pratique préjudiciable.

L’UE combat les mutilations génitales féminines de différentes manières, dans le cadre de son action intérieure et extérieure. Il s’agit notamment de sensibiliser, de préconiser une meilleure protection juridique et un meilleur accès au soutien pour les victimes, d’instiller le changement social et le renforcement des capacités des praticiens et d’améliorer le dialogue avec les survivantes et les activistes communautaires. Les actions sont fondées sur les éléments suivants:

L’éradication des mutilations génitales féminines est une priorité de l’action extérieure de l’UE dans le cadre du plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et de la démocratie 2020-2024.

La convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe définit les mutilations génitales féminines et demande qu’elles soient considérées comme une infraction pénale. Ses victimes doivent être protégées conformément aux mesures de soutien et de protection prévues dans la convention dans les États membres qui l’ont ratifiée.

Grâce à l’initiative Spotlight, l’UE, les Nations unies et d’autres partenaires collaborent pour mettre fin, au niveau mondial, à l’injustice que constitue la violence à l’égard des femmes et des filles. L’UE continuera de soutenir les survivantes, les familles et les communautés touchées et à collaborer avec des experts, des décideurs politiques et des ONG pour atteindre cet objectif. Pour y parvenir, tant les hommes que les femmes ont un rôle à jouer.

 

L’histoire de Margaret:

Ce n’est que lorsque Mme Chepoteltel a été contactée par Communication for Development Foundation Uganda pour assister à une réunion sur les mutilations génitales féminines qu’elle a pris conscience que nombre de ses problèmes de santé, y compris les complications liées à la grossesse, étaient dus à l’excision. Elle a aujourd’hui deux filles de 7 et 8 ans et affirme qu’elle ne les laissera jamais subir ce qu’elle a subi.

 

Margaret Chepoteltel, du district d’Amudat, est une survivante des mutilations génitales féminines qui plaide en faveur de la suppression de cette pratique en Ouganda. Photographie: John Bosco Mukura/CDFU

«Je continuerai à sensibiliser [les populations aux mutilations génitales féminines] et à témoigner contre les mutilations génitales féminines, même face aux hommes, parce que j’en connais les dangers […] Si je me tais, nos filles endureront de nombreuses douleurs et souffrances… Nous allons continuer à avertir les mères, les pères et les filles elles-mêmes des dangers des mutilations génitales féminines et à décourager les excisions. Nous n’abandonnerons pas.»

Lire l’histoire de Margaret en intégralité


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