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Les droits de l'homme au cœur des activités de la RACC. Un exemple récent

Le respect des Droits de l'Homme est au cœur de chaque activité organisée par le RACC. La Cellule est à l'avant-garde des initiatives visant à protéger et promouvoir les droits de l'Homme dans sa zone de responsabilité : le Sahel.

Human Rights are at core of all RACC’s activities

Un soldat du gouvernement passe devant un groupe de villageois déplacés par les combats dans la région du nord du Sahel au Burkina Faso, le 3 février 2020 © 2020 Olympia de Maismont/AFP via Getty Images

 

Le 12 mai, Marianne Flach, en qualité de Conseillère en Droits de l'Homme et en Genre de la RACC, a organisé une réunion virtuelle à laquelle ont participé l'ONG internationale Human Rights Watch (HRW), des représentants des délégations de l'UE et des missions PSDC (missions de gestion de crise de l'UE) opérant au Sahel ainsi que des membres du Service européen d'action extérieure (SEAE).

La réunion avait pour but de favoriser une bonne compréhension de la situation sur le terrain, rapportée par une organisation des Droits de l'Homme réputée.

Human Rights Watch a récemment publié des articles sur la situation des droits de l'homme au Mali et au Burkina Faso. 

Leurs rapports incluent un large éventail de personnes directement impliquées auprès de la victime d'abus, des témoins et des membres de la société civile. 

La méthodologie de HRW comprend l'imagerie satellitaire et l'examen des documents. En ce qui concerne l'approche de recherche, HRW prétend toujours essayer de contacter les responsables gouvernementaux, les chefs militaires, les rebelles ou les milices ou tout auteur présumé d'abus pour recevoir des informations, des explications et des récits d'incidents et pour faire part de leurs préoccupations. Le résultat visé est de signaler les violations des droits de l'homme, de s'élever contre les abus, de prévenir la violence et de contribuer à un changement positif en ce qui concerne les droits universels dans plus de 90 pays.

La réunion organisée par le RACC s'est concentrée sur les événements survenus au Mali et au Burkina Faso au cours des 6 derniers mois en matière de violation des Droits de l'Homme.

Selon HRW, la situation sur le terrain au Sahel est préoccupante dans le domaine du respect des Droits de l'Homme, en particulier au Mali et au Burkina Faso. 

Le mois de mars a été, jusqu’à présent, le plus sanglant en termes de pertes de vies humaines. Les armées du Mali et du Burkina Faso, ainsi que les groupes armés terroristes et djihadistes, sont accusés de meurtres. Les citoyens, la société civile plus généralement, semblent avoir peur de s'exprimer. Cela étant, les commissions nationales des Droits de l'Homme se montrent actives au travers de déclarations et demandent aux gouvernements de mener des enquêtes.

Les violences faites aux femmes ont été largement signalées auprès de HRW au Burkina Faso, ainsi que la présence importante d'enfants, souvent âgés de 14 ou 15 ans, enrôlés au sein des groupes armés. Le viol a, selon HRW, un motif politique, forçant les femmes à suivre les règles des groupes armés. 
Selon les rapports, les femmes sont souvent violées et battues lorsqu'elles ramassent du bois. Les victimes appartiennent à différentes religions, sans distinction. 

À noter les cas d'exécutions rapportés, dans les villages, par les extrémistes djihadistes, y compris de femmes, ce qui est rare. 

Selon HRW, les extrémistes djihadistes opérant dans les zones où les enquêtes sont conduites craignent les milices. Ils exercent des représailles brutales sur les communautés, qui forment de plus en plus de groupes de défense civile. Cette situation génère également une escalade des violences dont sont victimes les femmes et les filles.

Les efforts de l'UE, notamment de la RACC, pour la mise en œuvre de stratégies de prévention des violations des Droits de l'Homme et de protection des civils ont été abordés au cours de la réunion.

Pour illustration, les échanges sur le soutien aux Commissions nationales des Droits de l'Homme (dont celles du réseau G5 Sahel), l'intégration du Droit International Humanitaire dans toutes les formations, les mesures de protection des civils, la présence accrue et le renforcement de la formation des conseillers judiciaires et des prévôts en vue de mener des enquêtes appropriées, ont été plus particulièrement développés. 

Clairement, le focus reste porté sur la gouvernance et l'État de droit. En effet, la continuation des conflits tient au sentiment profond d’inégalités en Droit et d’injustice entre les différents groupes communautaires. 

Au cours de la réunion, l’intérêt de renforcer et d'impliquer les ONG locales est apparue comme une voie valable à suivre. 

Enfin, les discussions ont porté sur la nécessité de travailler avec les gouvernements sur les services sociaux, trop souvent sous-estimés, pourtant fondamentaux dans le contrat social.