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Syrie: au nom de l’Union européenne, Mme Mogherini commente les frappes américaines et s'entretient avec ses homologues

07.04.2017
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Syrie: au nom de l’Union européenne, Mme Mogherini commente les frappes américaines et s'entretient avec ses homologues

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À la suite de l’attaque chimique perpétrée dans la province d’Idlib en Syrie et des frappes américaines qui ont suivi aujourd’hui contre la base aérienne d’al-Chayrat, la haute représentante Federica Mogherini a coordonné la position de l’UE et dialogué avec un grand nombre d’interlocuteurs afin de réfléchir à la voie à suivre, tout en insistant sur la nécessité d’accélérer les négociations en vue d’une solution politique crédible au conflit en Syrie.

Elle a fait la déclaration suivante au nom de l’Union:

L’UE condamne avec la plus grande fermeté l’attaque aérienne qui a frappé la ville de Khan Cheikhoun dans la province d’Idlib le 4 avril 2017, avec des conséquences atroces: plusieurs dizaines de civils, dont des enfants et des travailleurs humanitaires, ont été tués ou blessés, et un grand nombre de victimes présentent des symptômes d'intoxication au gaz.

L'UE engage le Conseil de sécurité des Nations unies à présenter un front uni, à condamner fermement l'attaque qui a frappé Khan Cheikhoun et à faire en sorte qu'elle fasse rapidement l'objet d'une enquête indépendante et impartiale.

La mission d'enquête de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) est en train de recueillir des informations auprès de toutes les sources disponibles et de les analyser. Tandis que l'enquête menée sur cette attaque se poursuit, l'UE constate avec une vive préoccupation que le régime syrien a déjà utilisé des armes chimiques en 2015, comme l'attestent les rapports présentés en août et en octobre derniers par le mécanisme d'enquête conjoint OIAC-ONU. L'UE avait à l'époque condamné ces agissements avec une grande fermeté. Dans ce contexte, l'UE réaffirme qu'en tant que partie à la Convention sur les armes chimiques, le régime syrien s'est engagé expressément à s'abstenir de recourir à des armes chimiques, et que c'est à lui qu'il incombe en premier lieu d'assurer la protection de la population syrienne. L'UE demande dès lors aux alliés du régime, et notamment à la Russie, d'exercer des pressions appropriées sur le régime syrien à cette fin.

L'utilisation d'armes chimiques ou de substances chimiques en tant qu'armes constitue un crime de guerre. Leur utilisation en Syrie, y compris par le régime et par Daech, doit cesser, et les auteurs identifiés doivent répondre de cette violation du droit international.

Les personnes qui se sont rendues coupables de violations du droit international et l'utilisation d'armes chimiques doivent être sanctionnées en conséquence. En mars, l'UE a ajouté quatre militaires syriens haut gradés à la liste des personnes visées par des sanctions, en raison de leur rôle dans l'utilisation d'armes chimiques à l'encontre de la population civile. Cette mesure s'inscrit dans sa politique de lutte contre la prolifération et l'utilisation des armes chimiques.

L'UE continuera à appuyer les efforts que l'OIAC déploie en Syrie dans le cadre de l'enquête relative à l'utilisation d'armes chimiques, et elle estime que la communauté internationale doit poursuivre ces efforts à l'avenir.

Cette attaque constitue une violation flagrante du cessez-le-feu. Elle met en exergue l'urgente nécessité de mettre en place un cessez-le-feu effectif et avéré. L'UE demande à la Russie, à la Turquie et à l'Iran de se montrer à la hauteur des engagements qu'ils ont pris en tant que garants à cet égard.

Les attaques de ce type ne font que renforcer le besoin urgent d'une transition politique véritable en Syrie, ainsi que la volonté de l'UE de soutenir les efforts déployés par les Nations unies pour faciliter une solution politique au conflit syrien dans le cadre des pourparlers intra-syriens menés à Genève. Cet objectif a été réaffirmé par les participants à la conférence internationale sur l'aide à apporter pour l'avenir de la Syrie et de la région, que l'UE a organisée le 5 avril 2017 à Bruxelles.

Mme Mogherini s’est entretenue avec les ministres des affaires étrangères des États membres, les présidents des institutions de l’UE, ainsi que des représentants des institutions internationales et des partenaires de l’UE, dont le secrétaire général des Nations unies António Guterres, le vice-président américain Mike Pence, et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg. Elle a également parlé à l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, et au directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), Ahmet Üzümcü.

La haute représentante poursuivra ces échanges dans les prochains jours, notamment lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du G7, qui se tiendra à Lucques (Italie) au début de la semaine prochaine.

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