Mme Mogherini à Téhéran pour discuter de la mise en œuvre de l’accord iranien: un «nouveau chapitre» s’ouvre
Mme Mogherini a rendu hommage à l'engagement personnel de M. Zarif, ainsi qu'au «soutien personnel et politique clair du président et du guide suprême, qui a rendu l'accord possible.» Elle a cependant averti qu'il fallait maintenant faire preuve de la même volonté politique pour mettre l'accord en œuvre. «Nous avons convenu d’organiser des négociations de haut niveau entre l’Iran et l’Union européenne. Celles-ci vont porter sur divers sujets tels que la coopération énergétique, les droits de l’homme, la lutte contre le terrorisme et les questions régionales», a déclaré Mme Mogherini, lors de la conférence de presse tenue avec M. Zarif.
L'accord ouvre un nouveau chapitre pour l’Iran, l’Europe et la communauté internationale
Dans ses commentaires adressés à ses hôtes et à la presse, la Haute représentante a indiqué que l'accord montrait l'efficacité de la diplomatie et du multilatéralisme et qu'un nouveau chapitre pouvait désormais s'ouvrir pour l'Iran et son peuple. Elle a déclaré, à propos des relations entre l'Iran et la communauté internationale, y compris l'Union européenne, et de la coopération internationale déployée au Moyen-Orient pour traiter des crises telles que celles que connaît la Syrie: «Je sais que 60 % environ de la population iranienne a moins de 30 ans. Vos responsables politiques sont en train d'investir dans l'avenir et dans les jeunes générations.»
Beaucoup de choses peuvent changer désormais, pour autant que l’accord soit mis en œuvre pleinement et de façon cohérente. «Le vote à l’unanimité du Conseil de sécurité des Nations unies en faveur de la résolution approuvant l’accord de Vienne prouve qu'il est possible de faire changer les relations entre l’Iran et la partie orientale du monde.» Et l’Union européenne est prête: «L’Europe et l’Iran sont proches, géographiquement, historiquement et culturellement. L’Europe comme l’Iran savent ce que cela signifie d’être le berceau de civilisations, de civilisations différentes, mais qui sont habituées à se confronter à l’héritage de leur passé et de leur histoire.»
L’espoir d’un cadre de coopération au Moyen-Orient
Le troisième chapitre mis en avant par la Haute représentante concerne la mise en place d'un nouveau cadre dans la région: «Si nous parvenons à adopter une approche différente de la dynamique dans la région, qui serait fondée sur la coopération plutôt que sur la confrontation ou la compétition, cela profiterait à l’ensemble de la région et au-delà», a-t-elle déclaré. «Je crois en la valeur ajoutée d'un processus qui pourrait résoudre de nombreuses crises autour de nous, en premier lieu la crise syrienne et la lutte contre le terrorisme, mais également d’autres. Je compte sur l’Union européenne pour soutenir la mise en place d'un autre cadre régional fondé sur l’instauration d’un climat de confiance.»
Entretien à Riyad
Avant sa visite à Téhéran, Mme Mogherini s'est arrêtée en Arabie saoudite pour rencontrer Adel Ben Ahmed Al-Jubeir, ministre saoudien des affaires étrangères. Durant près de quatre heures, les deux responsables se sont entretenus de la coopération via le Conseil de coopération du Golfe, du processus de paix au Proche-Orient, de la situation en Syrie et en Iraq, des droits de l’homme et des inquiétudes de l'Arabie saoudite au sujet de l’accord international avec l’Iran. «Il est très important pour moi, à titre personnel, de transmettre le message que l’accord est fort et solide. Il s'agit en premier lieu d'un accord sur la non-prolifération qui garantit que l’Iran ne disposera pas d'une arme nucléaire dans les dix à quinze prochaines années, et qui est doté de solides mécanismes de retour des sanctions s'il n'est pas respecté», a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse donnée à Riyad. «Nous sommes néanmoins tout à fait conscients des préoccupations et des inquiétudes des pays de la région et en Europe. Étant assez proches de la région, nous les comprenons très bien.»
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