Vers un renforcement du partenariat UE-Australie: déclaration commune de la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité/vice-présidente de la Commission européenne et du ministre australien des affaires étrangèr
L’UE et l’Australie sont des partenaires aux valeurs communes sur la scène internationale. Nous avons à cœur de promouvoir la prospérité et la sécurité dans nos deux régions et nous partageons les mêmes valeurs de respect de la démocratie, des droits de l'homme et d'un système international basé sur des règles.
Aujourd’hui, au nom de l’Union européenne et de l’Australie, nous avons décidé de donner une nouvelle dimension stratégique à notre relation en concluant officiellement les négociations en vue de l’accord-cadre UE-Australie. Ce traité jettera les bases de l'approfondissement de notre coopération en matière de politique étrangère et de sécurité, de développement durable, d'assistance, d'examen des questions économiques et commerciales, de justice, de recherche et d’innovation, d'éducation, et il nous permettra de relever des défis mondiaux tels que le changement climatique, les migrations et la santé publique.
Nous avons également signé aujourd'hui un accord sur la coopération en matière de gestion des crises, exprimant ainsi de manière concrète notre volonté d’apporter une réponse commune aux crises internationales. Le présent accord instaure un cadre pour la participation de l’Australie aux opérations de gestion de crises de l’UE. Actuellement au nombre de seize, celles-ci sont notamment menées en Afrique, dans l’océan Indien, au Moyen-Orient et en Ukraine. L’Australie, qui participe déjà à la mission EUCAP Nestor visant à renforcer les capacités maritimes des pays de la Corne de l’Afrique et de l’océan Indien occidental, va à présent chercher à accroître son soutien aux missions où les intérêts australiens et européens coïncident.
En tant que partenaires importants sur le plan commercial et dans le domaine des investissements, l’Australie et l’UE collaborent étroitement pour améliorer les conditions qui régissent le commerce mondial et favoriser ainsi la prospérité et le niveau de vie. Nous sommes résolus à stimuler la croissance, la prospérité et l’emploi par des efforts concrets qui lèveront les barrières commerciales. Sur le plan bilatéral, nous sommes engagés dans un processus informel qui vise à revoir nos politiques respectives en matière d'accords de libre-échange afin de renforcer nos relations sur le plan commercial et dans le domaine des investissements.
Nous sommes déterminés à intensifier nos efforts sur le plan de la coopération au développement, notamment par l'instauration d’un dialogue régulier sur le développement entre hauts fonctionnaires. Nous continuerons à examiner les possibilités d’une action coordonnée pour renforcer l’impact de notre aide au développement, y compris par le cofinancement et la coopération déléguée, le cas échéant.
Nous avons abordé aujourd’hui les principaux défis auxquels nous sommes confrontés au niveau mondial et dans le domaine de la sécurité.
Nous nous accordons à dire que la crise en Ukraine passe obligatoirement par une solution politique fondée sur le respect de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du pays. Nous continuerons à suivre de près la situation et nous adapterons nos mesures restrictives en fonction du cours que prendront les événements, en particulier de la mise en œuvre des accords de Minsk. Nous avons souligné combien il était important que toutes les parties coopèrent pleinement à l’enquête internationale indépendante sur le crash du vol MH17, qui a causé la mort de tant d'Australiens et d'Européens.
Nous sommes également convenus de renforcer notre coopération pour lutter contre les activités de groupes terroristes tels que l’EIIL/Daech et pour affronter la menace grandissante que constituent les combattants terroristes étrangers, en particulier dans le domaine de la lutte contre l’extrémisme violent, y compris par la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies allant dans ce sens. Nous avons salué le lancement du premier dialogue UE-Australie contre le terrorisme, qui s’est tenu à Bruxelles en novembre 2014, et la coopération actuelle qui en découle.
Nous avons abordé le programme nucléaire iranien et le rôle de coordination de l’UE dans les négociations et avons salué le récent accord politique conclu entre l’UE/E3+3 et l’Iran sur le cadre relatif à un accord global et définitif.
Nous avons discuté des approches communes face à l’évolution de la situation dans la région Asie-Pacifique, notamment la sécurité en Asiede l’est et les réunions ministérielles qui auront lieu prochainement dans le cadre du forum régional de l’ASEAN et du sommet Asie-Europe (ASEM). Nous avons aussi abordé notre coopération politique et en matière de développement dans le Pacifique, y compris l'aide humanitaire décisive que nous avons apportée au Vanuatu après le cyclone Pam.
Nous avons réaffirmé notre détermination à œuvrer de concert et avec d’autres partenaires afin qu'un accord sur le climat, juridiquement contraignant, ambitieux, efficace, équitable et applicable à tous, soit adopté lors de la conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui se tiendra à Paris en décembre 2015.
Nous avons salué le démarrage du programme d’échange de diplomates entre le service européen pour l’action extérieure (SEAE) et le ministère australien des affaires étrangères et du commerce (DFAT) en vue d’intensifier la coopération entre nos services.
Notre relation actuelle a évolué et couvre aujourd'hui un large éventail de défis et de dossiers de nature mondiale. Chaque fois que l'occasion se présentera, nous continuerons à nous réunir au niveau ministériel pour approfondir notre engagement et renforcer encore davantage les liens qui nous unissent.