Un an de partenariat UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants en Afrique
L’objectif était clair: il s’agissait de répondre aux besoins urgents de protection des migrants et de mettre un terme aux pertes inacceptables de vies humaines le long de la route migratoire de la Méditerranée centrale, tout en répondant aux difficultés rencontrées par les migrants et leurs communautés dans les pays d’origine.
Quatorze pays participent à cette initiative: Burkina Faso, Cameroun, Tchad, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Côte d’Ivoire et Libye. Jusqu’à présent, cette initiative a permis de venir en aide à près de 20 000 migrants vulnérables.
«La Libye... ce n’est pas facile d'y entrer ni d’en sortir»: c’est ainsi qu’un groupe de Nigérians bloqués en Libye a mis en garde Debbie, probablement trop tard.
Debbie fait partie des 15 000 migrants qui sont rentrés volontairement dans leur pays grâce à l’initiative conjointe lancée il y a un an par l’UE et l’OIM, afin de sauver des vies et d’améliorer les conditions des migrants qui sont bloqués en Libye et de ceux qui se trouvent le long des routes migratoires.
Debbie rêvait de devenir créatrice de mode et une dame de sa paroisse lui a dit qu’elle pourrait gagner plus d’argent comme couturière en Libye. Debbie a donc payé un trafiquant pour traverser le désert. Un grand nombre de ses compagnons ont perdu la vie au cours du voyage. Lorsqu’elle est finalement arrivée en Libye, elle a été interpellée parce qu’elle n’avait pas de documents de voyage. Elle a été arrêtée à l’hôpital où elle se trouvait pour donner naissance à des jumelles, dont une seule a survécu.
Grâce à l’initiative conjointe, Debbie s’est vue proposer un vol de retour vers le Nigeria, des machines à coudre et du matériel pour concrétiser son rêve de devenir styliste.
https://twitter.com/europeaid/status/940999081387810821
Cette initiative résulte du fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique, qui a été mis en place lors du sommet de La Valette en novembre 2015 afin de s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité, des déplacements forcés et de la migration clandestine, et de contribuer à une meilleure gestion des migrations.
Le principal objectif des travaux conjoints du fonds fiduciaire et de l’OIM est de renforcer les mécanismes visant à protéger et à aider les migrants, en garantissant que le processus de migration soit plus sûr et mieux géré et que les droits des migrants soient respectés.
Bien avant que les médias commencent à rendre compte de la situation en Libye, l’Union européenne s'est engagée avec l’OIM à offrir une autre solution aux migrants bloqués dans le pays.
En l’espace d'un an, plus de 20 000 personnes ont bénéficié d'une aide en Libye aux points de débarquement, à l’intérieur et à l’extérieur des centres de détention ou dans des communautés d’accueil. L’initiative conjointe a permis de leur offrir une aide médicale et de leur distribuer des matelas, des couvertures et des produits d’hygiène.
https://twitter.com/eu_eeas/status/940701406373261313
L’UE collabore étroitement avec les municipalités libyennes, en soutenant leur développement socio-économique, afin d’intégrer les Libyens qui ont été déplacés à l’intérieur du pays et les migrants avant qu’ils ne retournent volontairement dans leur pays d’origine. L’objectif est de vider les centres de détention au cours des prochains mois afin de les fermer, tout en proposant de nouvelles possibilités de se rendre en Europe ou dans d’autres lieux sûrs aux personnes qui ont droit à une protection internationale et ne peuvent pas rentrer dans leur pays.
Il faut donner aux autorités libyennes les moyens de gérer leurs frontières. L’OIM s’emploie à les former sur la manière de respecter les droits de l’homme et de répondre aux besoins des migrants vulnérables. Le défi est de taille, en particulier en ce qui concerne l’accès sur le terrain, mais l’UE et l’OIM s’efforcent de trouver une solution.
Grâce à ce partenariat, des centres ouverts sont actuellement mis en place au Mali et au Burkina Faso, qui s’ajoutent à ceux déjà opérationnels au Niger. Ces centres offrent aux migrants de la nourriture, un logement temporaire, une assistance psychosociale, des conseils et une aide pour localiser leurs familles.
https://twitter.com/europeaid/status/940634646366294016
Collins Akinmolu travaille pour l’OIM au Nigeria. Il essaie de retrouver la famille d’un jeune Nigérian de 13 ans qui s’est retrouvé bloqué en Libye. Il déclare: «Certains migrants ne savent même pas comment ils ont atterri ici, et leurs familles ne savent pas où ils sont. Elles pensent qu’ils sont déjà en Europe. Nombre d’entre eux ont très peur et nous demandent de les aider. Et nous leur disons: c’est pour ça que nous sommes ici... Tout notre travail consiste à aider les gens...»
Plus de 2 600 migrants ont également été secourus grâce aux missions de recherche et de sauvetage au Niger, un grand nombre d’entre eux ayant été abandonnés dans le désert.
Les plus de 15 000 personnes susceptibles de rentrer dans leur pays d'origine en toute sécurité depuis mai 2017 peuvent bénéficier d’aides à la réintégration, qui comprennent une assistance aux migrants, aux communautés d’accueil et aux structures des pays d’origine afin de garantir la pérennité de la réintégration.
Les personnes rapatriées peuvent rencontrer un certain nombre de problèmes pouvant influer sur leur capacité à se réadapter à la vie dans leur pays d’origine et à s’y établir de nouveau. Ces problèmes peuvent également avoir une incidence sur d’autres membres de leur communauté. Pour relever ces défis, l’initiative conjointe promeut une approche de réintégration inclusive, qui soutient les migrants et leurs communautés, contribue au développement local et limite certaines des causes des migrations irrégulières.
https://twitter.com/europeaid/status/940287573728956418
Des campagnes de sensibilisation sur les dangers de la migration irrégulière font également partie de cette initiative conjointe. Dans les pays d’origine et le long des routes migratoires, des milliers de migrants ont reçu des informations fiables, notamment sur les politiques d’asile ou les voies légales possibles, leur donnant une image réaliste sur laquelle fonder leurs décisions futures en matière de migration et de retour. Cet effort a ainsi permis de sensibiliser plus de 53 000 migrants au Niger entre avril et novembre 2017.
Il reste encore beaucoup à faire mais l’Union africaine, l’Union européenne et la task force des Nations Unies devraient accélérer les travaux déjà en cours. En unissant leurs forces à celles de l’Union africaine, l’Union européenne et l’OIM peuvent intensifier leurs efforts et aider davantage de personnes en moins de temps.