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Septième réunion ministérielle UE-Cap-Vert dans le cadre du dialogue politique

14.10.2015
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1. La septième réunion ministérielle dans le cadre du dialogue politique entre la République du Cap-Vert et l’Union européenne (UE) s’est tenue à Luxembourg le 13 octobre 2015. Cette réunion, qui s'inscrit dans le cadre du partenariat spécial UE-Cap-Vert, était coprésidée par Son Excellence M. J. Tolentino, ministre des affaires étrangères de la République du Cap-Vert, et Son Excellence M. J. Asselborn, ministre des affaires étrangères du Grand-Duché de Luxembourg, au nom de Son Excellence Mme F. Mogherini, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.  
 
2. Les parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer le dialogue politique et la coopération dans le cadre de leur partenariat spécial et examiné les moyens d’utiliser et de développer pleinement le potentiel de ce partenariat dans les principaux domaines de coopération: promouvoir la croissance économique et le développement durable, stimuler les échanges, les investissements et la compétitivité et coopérer plus efficacement sur des sujets d’intérêt commun, tels que la sécurité, la stabilité, les migrations, l’éducation, la science, la technologie et l’énergie.
 
3. Les parties ont confirmé leur attachement commun aux valeurs et aux principes de la démocratie, de la gouvernance et de l'État de droit, au respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à la promotion d'un développement économique et social durable, ainsi qu'à la défense de la paix et de la sécurité dans le monde.
 
4. Les ministres ont débattu de la situation politique et économique au Cap-Vert et en Europe. Ils ont salué les bons résultats en matière de développement économique et social qui ont été obtenus par le Cap-Vert grâce à des institutions solides, une démocratie stable, le respect des droits de l’homme et la bonne gouvernance. Les parties ont souligné l’importance de mener des politiques macroéconomiques stables et de poursuivre les efforts visant à renforcer la résilience économique et à promouvoir les investissements et la compétitivité.
 
Développer le potentiel du partenariat spécial
 
5. Les ministres ont exprimé leur satisfaction concernant le dynamisme durable des relations bilatérales UE-Cap-Vert et les progrès sensibles réalisés dans la mise en œuvre du partenariat spécial dans des domaines tels que la sécurité et la stabilité, la convergence technique et normative, et la science et la technologie. Ils ont par ailleurs salué la mise en place d’une nouvelle coopération dans le secteur des énergies renouvelables. 
 
6. Les parties ont convenu de développer davantage leur dialogue politique et de renforcer leur coopération sur la base du partenariat spécial.
 
7. S’agissant du renforcement de la coopération en matière de sécurité et de stabilité, les ministres se sont félicités de la conclusion du plan d'action du Cap-Vert dans ce domaine. Ce plan a été élaboré par les autorités cap-verdiennes avec l'aide de l’UE et de plusieurs États membres. L’UE félicite le Cap-Vert pour s'être approprié ce plan d’action et prend acte de son approbation politique. Les parties ont reconnu que ce document, qui peut servir de base à la coordination et à la définition des priorités de la coopération entre l’UE et le Cap-Vert, constitue une étape importante dans la mise en place d’un partenariat renforcé sur la sécurité et la stabilité. Les domaines de coopération considérés comme prioritaires sont les suivants: lutte contre le blanchiment de capitaux et la cybercriminalité, sécurité maritime et aérienne, télécommunications et amélioration des services d’information, protection des infrastructures critiques, et sécurité et protection civile en général. L’UE s’est également félicitée de la volonté du Cap-Vert de continuer à coopérer avec ses partenaires internationaux sur ces questions.
 
8. Les parties ont salué les résultats obtenus dans le domaine de la convergence technique et réglementaire relative à la sécurité alimentaire, aux produits pharmaceutiques et à la qualité. Elles ont convenu d’étudier les possibilités d’étendre ce processus de convergence à d’autres domaines, tels que l’énergie et les services financiers. L’objectif est de renforcer les normes du Cap-Vert en matière de santé et de qualité, tout en améliorant la compétitivité et en facilitant l’accès aux marchés. 
 
9. Les ministres ont reconnu l’importance de renforcer la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la science et de la technologie, et se disent satisfaits des progrès accomplis lors de la visite du ministre cap-verdien de l’enseignement supérieur et de la science à Bruxelles en juin 2015. À cette occasion, il a été convenu avec le commissaire chargé de la recherche, de la science et de l’innovation d'intensifier la coopération bilatérale, au moyen de formations et d'initiatives de sensibilisation, afin de renforcer les capacités des universités et des centres de recherche locaux. Dans ce contexte, les ministres ont noté qu’une conférence et une formation sur le renforcement des capacités auront lieu en novembre 2015 à Praia. L'objectif sera d'informer et de former les chercheurs, les gestionnaires publics et les chefs d’entreprise, en vue de faciliter la participation du Cap-Vert au programme Horizon 2020. L'UE envisage à cet égard de fournir un soutien financier au bureau de coordination compétent.
 
10. Les contacts entre l’UE et le Cap-Vert ont également été renforcés en vue d'améliorer la mobilité universitaire bilatérale dans le cadre de programmes phares de l’UE, tels qu'Erasmus+ et les actions Marie Skłodowska-Curie. La qualité de l’enseignement supérieur, la pertinence des programmes d’études et de la formation professionnelle, ainsi que les compétences et la capacité d’insertion professionnelle ont été définies comme des domaines d’intérêt commun pour une coopération future. 
 
11. L’UE a salué les progrès accomplis par le pays dans le secteur de l’énergie et son engagement en vue d'accroître l’utilisation des sources d’énergie renouvelables. La déclaration conjointe signée en septembre 2014 par le Cap-Vert, l’UE, l’Autriche, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne couvre l'ensemble de la coopération dans le secteur de l’énergie et constitue un important pas en avant. Le but de cette coopération renforcée est d'aider le Cap-Vert à atteindre les objectifs définis dans l’initiative «Énergie durable pour tous», et notamment d'accroître la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique et de garantir un accès fiable et rentable de la population à l’électricité et à des services énergétiques modernes, ce qui devrait se traduire par des gains de compétitivité importants pour l’économie cap-verdienne. À cette fin, l’UE a réaffirmé sa volonté de fournir au Cap-Vert les connaissances et l'assistance techniques nécessaires, y compris pour améliorer le cadre juridique applicable au secteur de l’énergie, afin de l'aider à atteindre l’objectif ambitieux de porter à 50 % la part de l’énergie renouvelable dans le bouquet énergétique d'ici à 2020.
 
12. Les parties ont souligné l’importance de mener un dialogue sectoriel axé sur les réformes et favorisant la coordination entre le gouvernement et les bailleurs de fonds dans le secteur de l’énergie, et se réjouissent de la tenue d'un premier dialogue de ce type en septembre 2015, à l'occasion de la visite au Cap-Vert des responsables de la coopération au développement de la Commission et du Luxembourg. 
 
13. S’agissant de l’intégration régionale, les ministres ont pris note de la bonne coopération dans le cadre de la région macronésienne, dont le Cap-Vert fait partie, aux côtés des îles de Madère, des Açores et des Canaries. Grâce à sa participation au programme de coopération transnational MAC (Madère, Açores et Canaries) au titre du Fonds européen de développement régional (FEDER), le Cap-Vert a la possibilité de partager des expériences enrichissantes avec des régions similaires en matière de vulnérabilité et de perspectives. Dans le cadre du nouveau programme MAC/FEDER pour 2014-2020, un montant de 33 millions d’euros a été alloué à cette coopération.
 
Poursuivre la mise en œuvre du partenariat pour la mobilité
 
14. Les ministres se sont félicités de l’entrée en vigueur, le 1er décembre 2014, des accords UE-Cap-Vert en matière de réadmission et d'assouplissement des formalités de délivrance des visas, qui sont des éléments clés du partenariat pour la mobilité. Ils ont pris acte de la tenue de la première réunion des commissions mixtes concernant ces accords, le 5 octobre à Praia. Le Cap-Vert a sollicité l’aide de l’UE afin de conclure des accords similaires de facilitation de la délivrance de visas avec les États européens associés à Schengen et avec les États membres de l’UE auxquels l'accord ne s’applique pas. Les parties ont constaté que le partenariat pour la mobilité était mis en œuvre à un rythme satisfaisant, tout en soulignant l'importance de définir de nouvelles priorités pour l’avenir afin de maintenir son dynamisme et de tenir compte des nouveaux défis auxquels les deux parties sont confrontées.
 
15. Les parties ont mis l’accent sur l’importance du Centre commun de traitement des demandes de visas à Praia (CCV Praia) et salué le fait que ce projet, soutenu par le Portugal, le Luxembourg et la Belgique, représente désormais 11 autres États membres de l’espace Schengen: l'Autriche, la République tchèque, la Finlande, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Slovénie, la Slovaquie, la Suède et la Norvège. Le CCV Praia, qui a récemment célébré son 5e anniversaire, constitue une des initiatives phares du partenariat pour la mobilité et contribue à améliorer concrètement la mobilité des citoyens cap-verdiens vers l'UE d'une manière transparente et réglementée. L’UE encourage le développement du CCV Praia et se félicite de la volonté du Cap-Vert de renforcer davantage la coopération en matière de migrations et de mobilité dans les années à venir.
 
16. Les parties ont par ailleurs insisté sur l’importance d’une approche régionale en matière de migration et réaffirmé leur détermination à poursuivre le dialogue et à approfondir la coopération dans le cadre de la stratégie commune UE-Afrique et du dialogue euro-africain sur les migrations et le développement (processus de Rabat). 
 
17. L’UE a souligné que le partenariat pour la mobilité avec le Cap-Vert constituait un bon exemple de coopération bilatérale sur les questions de migration, et a fait part de sa satisfaction concernant la participation active du Cap-Vert aux préparatifs du sommet sur la migration à La Valette et sa contribution à cet événement. 
 
Promouvoir un développement durable
 
18. L’UE a réaffirmé sa volonté de soutenir le document de stratégie III du Cap-Vert pour la croissance et la réduction de la pauvreté.
 
19. Le montant indicatif de 55 millions d’euros alloués au Cap-Vert pour la période 2014-2020 montre l’importance, soulignée par le partenariat spécial, que l’UE attache à ses relations avec le Cap-Vert. Des efforts seront consentis pour assurer la complémentarité avec d’autres fonds de l’UE, tels que le programme régional, les lignes thématiques et le Fonds européen de développement régional.
 
20. L’UE a pour objectif stratégique d'aider le Cap-Vert dans les domaines suivants: éradiquer la pauvreté, promouvoir une croissance durable et inclusive, renforcer la cohésion sociale et lutter contre le chômage, consolider et améliorer la gouvernance démocratique et économique, s’attaquer aux défis liés à la vulnérabilité du pays, promouvoir les échanges bilatéraux et accroître la compétitivité, améliorer la sécurité nationale et régionale et renforcer le partenariat spécial avec l’UE.
 
 
Stimuler le commerce, les investissements et la compétitivité
 
21. S'agissant du commerce, les parties ont reconnu l’importance de la participation du Cap-Vert au système de préférences généralisées (SPG +) et se sont engagées à coopérer et à dialoguer afin de garantir le respect des engagements contraignants pris au titre du SPG +. Elles espèrent que l’accord de partenariat économique entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest pourra prochainement entrer en vigueur, car il permettra de développer les flux commerciaux dans les deux sens, de réduire les obstacles au commerce, de simplifier les procédures douanières et d'améliorer la coopération commerciale. Le Cap-Vert a réaffirmé son vif intérêt de continuer à bénéficier d’un régime préférentiel, afin de garantir la continuité de ses exportations (principalement des poissons et des produits de la pêche).
 
22. Les parties ont insisté sur l’importance de faciliter et d’encourager les investissements, en particulier les investissements étrangers, afin de favoriser la croissance et l'emploi. Elles ont convenu de mener des initiatives conjointes afin de renforcer les contacts entre les milieux d’affaires et de favoriser ainsi le commerce bilatéral, les investissements et l’innovation. Dans ce contexte, les parties se sont félicitées du succès de la «mission pour la croissance» menée par l'UE au Cap-Vert en novembre 2014, et ont souligné l’importance d'améliorer l'environnement des entreprises et le dialogue avec les investisseurs. 
 
23. Les parties ont salué l’entrée en vigueur du nouveau protocole (2014-2018) à l’accord de partenariat UE-Cap-Vert dans le secteur de la pêche, qui a déjà été avalisé par le Parlement européen le 8 septembre 2015. L’UE a félicité le Cap-Vert pour ses efforts visant à lutter contre la pêche illicite et non durable et a réaffirmé qu’elle était disposée à coopérer et à soutenir le développement du secteur cap-verdien de la pêche, en particulier dans le domaine du renforcement des capacités institutionnelles.
 
Coopération en matière de politique étrangère au niveau régional et international 
 
24. Les ministres ont procédé à un échange de vues sur les enjeux régionaux et internationaux et convenu de poursuivre le dialogue et la coopération dans ce domaine, notamment en améliorant la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, dans le cadre des efforts régionaux visant à mettre en œuvre le code de conduite régional de Yaoundé, et en luttant contre l’insécurité maritime et la criminalité transnationale organisée dans la région.
 
25. S'agissant de la Guinée-Bissau, les parties ont insisté sur le fait que toutes les forces et les institutions démocratiques devaient continuer à collaborer, afin de créer des conditions qui permettent au pays de se reconstruire et de poursuivre ses réformes de manière pacifique et productive dans l’intérêt de tous les citoyens. Les partenaires internationaux devraient continuer à accompagner le pays afin de l'aider à se stabiliser et à consolider la démocratie et l’État de droit.
 
Prochaine réunion
 
26. Les parties ont convenu que la prochaine réunion aura lieu à Praia, éventuellement durant le second semestre de 2016.

Catégorie
Joint Statements
Location

Luxembourg

Editorial sections
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